Le drone militaire européen

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Le Neuron, drone de combat de Dassault

Alors que la France vient de commander deux nouveaux drones de type MQ9-Reaper au constructeur américain Général Atomics, il est temps de s’attarder sur les capacités de la France et de ses alliés européens dans la production de drones militaires, aujourd’hui vampirisé par les Etats-Unis et Israel.

Dans le cadre de la loi de programmation militaire 2014-2019, la France s’équipe de drones capables d’évoluer sur les différents théâtres d’opérations extérieures où ses armées sont déployées. Les drones MQ-9 Reaper vendus par les américains, à 15 millions d’euros l’unité, sont uniquement dédiés à la reconnaissance. En effet, les américains refusent d’exporter la version armée de leurs drones Reaper, les Prédators. Dans ce contexte, il est compliqué à l’heure actuelle pour les groupes européens de pouvoir rivaliser avec la technologie américaine.

Le drone MALE européen

Dans le cadre d’une Europe de la Défense, les pays européens ont décidé de mettre en place un programme de drones de surveillance MALE, pour « moyenne altitude et longue endurance ». L’objectif pour les européens est alors de ne plus dépendre des américains et israeliens en matière de drones de surveillance. Ce futur drone MALE, capable de voler pendant plus de 24 heures et à plus de 5000 mètres d’altitude, est développé en grande partie par le constructeur français Dassault, avec la collaboration de Airbus Group et de l’italien Alenia Aermacchi. « Notre effort en matière de drones de surveillance et d’ISR (Intelligence, Surveillance & Reconnaissance) devrait être accentué, avec notamment, dès cette année, le lancement des études relatives au futur drone européen, que la France envisage à l’horizon 2025 avec l’Allemagne et l’Italie », avait déclaré le ministre de la Défense Le Drian en mars 2015.

Le Neuron, futuriste drone de combat européen

Alors que les américains refusent de vendre leurs drones armés, les européens développent un projet quelque peu futuriste depuis une dizaine d’années, le projet Neuron. Ce dernier est le fruit d’une coopération née en 2006 entre le français Dassault Aviation et cinq partenaires européens (Suisse, Suède, Espagne, Italie et Grèce) et leurs industriels nationaux. La Direction Générale de l’Armée française assure la maîtrise d’ouvrage de l’ensemble du projet. Le premier vol du Neuron a eu lieu à Istres le 1 décembre 2012. Les essais conduits par la DGA ont succédé depuis le 31 octobre 2014 à ceux menés par Dassault Aviation. Cette campagne d’essais « a permis de mesurer les signatures radar et infrarouge de nEUROn ainsi que de le confronter à différents capteurs opérationnels, en particulier des radars, terrestres ou aériens, et des autodirecteurs de missiles », indique la DGA. Le Neuron doit-être la concrétisation de la mise sur pieds d’un appareil capable de rivaliser avec le Prédator américain, le drone armé de missiles de General Atomic, permettant de fait aux européens de bénéficier enfin d’une flotte de drones de combat de haute technologie capable de neutraliser des cibles à longue distance, à l’instar de la US Air Force.

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Etats-Unis : l’ouverture de l’armée américaine au port distinctif de signes religieux

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Le capitaine Simratpal Singh

L’armée américaine s’est distinguée ces dernières années avec l’autorisation donnée à ses soldats de pouvoir servir la nation tout en conservant certaines particularités religieuses.

En ce début d’année 2017, l’armée des Etats-Unis vient d’autoriser les femmes musulmanes au sein de ses rangs à pouvoir porter le hijab durant leur exercice militaire. Cette nouvelle réglementation vient conforter le Pentagone dans son ouverture aux ports distinctifs de signes religieux. En effet, cette décision survient après qu’il a été autorisé en 2014 le port de la barbe islamique et du turban en tout légalité pour les militaires américains en service. Le port de la kippa avait été autorisé par la Cour Suprême dans les années 1980. En 2016, c’est un capitaine d’origine indienne Sinkh, Simratpal Singh, qui a vu sa demande de porter le turban traditionnel, la barbe et les cheveux longs propres à sa communauté de façon permanente avec son uniforme de soldat américain, et-ce bien qu’il ait déjà bénéficié en décembre 2015 d’une autorisation effective de porter le turban et la barbe sous son uniforme de soldat pendant seulement un mois.

Une société américaine en évolution

L’armée américaine, au travers de ces décisions historiques, tend à vouloir s’adapter au multiculturalisme croissant de la société étasunienne. Selon une étude de la BBC, l’armée américaine comptait dans ses rangs en 2014 quelques 3 700 soldats musulmans. Dans un pays où la liberté religieuse est totale, et le communautarisme particulièrement développé, la possibilité donnée aux minorités religieuses de pouvoir invoquer leurs traditions vestimentaires et physiques n’en reste pas moins exceptionnelle dans un cadre militaire.

Un contrôle au cas par cas

Près de 100 000 soldats sont déjà autorisés au sein de l’armée américaine à porter la barbe pour raisons médicales. À l’été 2015, un juge fédéral américain a déclaré qu’il était impossible d’invoquer l’argument de la sécurité au fait de s’opposer au port de la barbe islamique par des soldats sachant le nombre important de GI’s ayant conservé leur pilosité faciale pour motifs médicaux. Ces nouvelles autorisations vestimentaires et spirituelles libéralisants la tenue originelle du soldat, à savoir cheveux courts et barbes rasées, seront néanmoins accordées au cas par cas en prenant en compte de l’impact que ces autorisations pourraient avoir sur l’unité, la discipline ou encore la sécurité au sein d’un régiment.

Le gaullisme face aux primaires

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Charles De Gaulle président, en 1967

Alors que les primaires sont devenues l’apanage des partis de gouvernement afin de déterminer le candidat idoine à la présidence de la République française, il semble important d’observer la position du Général De Gaulle, fondateur avec Michel Debré la V ème République, sur les élections à la magistrature suprême.

  Les pratiques politiques récentes et actuelles ont particulièrement défiguré l’idée que se faisait De Gaulle du président de la République et de son élection. Le grand Charles aurait aujourd’hui du mal à reconnaître la campagne à l’élection présidentielle telle qu’il l’a connu en 1965.

Après avoir adopté en 1962 par référendum populaire l’élection du président de la République au suffrage universel direct, le Général De Gaulle souhaitait que le chef de l’exécutif puisse tiré sa légitimité du peuple et non plus d’un collège de 80 000 grands électeurs comme cela était le cas dans la Constitution initiale de 1958.

Les primaires ouvertes, qu’elles soient de droite avec Les Républicains ou de gauche avec le Parti Socialiste tendent à remettre en cause la volonté que portait le Général de Gaulle au travers de la réforme constitutionnelle de 1962. Les primaires, comme il le soulignait, ne sont pas « une confrontation d’idées avec de vrais choix de sociétés, mais une compétition de marmitons qui font cuire de petites soupes sur petits feux ». Cette américanisation de la vie politique française favoriserait selon lui les luttes internes et fratricides au sein des partis au travers d’un jeu médiatique déplorable, et-ce au détriment de l’émergence d’un véritable candidat providentiel.

« L’homme providentiel »

De Gaulle prônait avant tout la relation entre les citoyens et une personnalité forte. Une personnalité forte et charismatique qui saurait créer un lien indéfectible avec les citoyens français dont il tiendra sa légitimité. Pour le Général, l’ « homme providentiel » comme il aimait le dire, ne doit en aucun cas être bridé par la machine politicienne partisane au travers du mécanisme des primaires, mais doit au contraire recueillir un élan naturel et légitimant de sa famille politique évitant de fait les divisions internes qui pourraient nuire à la pratique du pouvoir par l’exécutif une fois le mandat commencé, comme nous avons pu le constater sous le quinquennat de François Hollande avec les « frondeurs ».

La seule et unique primaire valable pour De Gaulle reste le premier tour de l’élection présidentielle, où le candidat a alors rendez-vous avec l’ensemble du corps électoral.

Le sionisme et l’éducation en Israël

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Enfants juifs à l’école

 

La place de plus en plus importante accordée aux mouvances nationalistes et ultra-orthodoxes en Israel par le gouvernement de Benyamin Netanyahou tend à mener vers une judaïsation de l’éducation nationale israélienne.

Le 25 octobre 2016, le ministre de l’éducation nationale israélienne Naftali Bennet a déclaré lors du quarantième anniversaire du réseau d’école TALI, soit l’acronyme « études juives enrichies » en hébreu que « Parce-qu’il est nôtre à nous tous, étudier le judaïsme et y exceller est plus important pour moi que l’études des mathématiques ou des sciences ». Cette déclaration du ministre israélien se positionne dans la droite ligne du gouvernement de Benyamin Netanyahou, en ajoutant notamment que « nous devons aussi être une superpuissance spirituelle et exporter les idées spirituelles dans le monde, c’est le prochain chapitre de notre rêve sioniste et voici comment nous allons redevenir la lumière pour les nations ».

Programme de « conscience juive »

Dès les premières années d’existence de l’Etat israélien, les gouvernements nationaux se sont intéressés à une imprégnation significative de la culture juive dans les écoles publiques israéliennes, bien que David Ben Gourion, le fondateur d’Israel, ait déclaré dans la Déclaration d’Indépendance que l’Etat d’Israel serait avait tout un Etat laïc. En 1957, un premier programme de « conscience juive » à l’école a été développé avec le parti Shas et les partis traditionalistes séfarades, afin d’encourager l’enseignement de la tradition juive et d’enraciner la jeunesse dans son héritage historique au travers de l’étude des prières et des pratiques rituelles. Il faut savoir qu’en Israel le parti national religieux contrôle une partie du réseau scolaire à hauteur de 20% et financé par l’Etat israélien.

Ces programmes de cultures ont évolué au cours de ces presque trente dernières années. L’imprégnation de cette culture juive au sein de l’école publique et laïque israélienne avait-été évoquée en 1991, où une commission d’enquête a été chargée par le ministère de l’Education afin de « vendre », de mettre en valeur les matières juives pour les élèves des écoles laïques avec une approche thématique comme l’éthique juive ou source de la pensée juive. Les résultats de cette commission d’enquête se sont traduit concrètement par le programme de culture « la culture juive et israélienne », présenté à la chef du cabinet du ministre de l’éducation, Michal Cohen. Ce programme, présenté le 23 mai 2016 se concentre sur la connaissance de la littérature juive ainsi que sur plusieurs domaines comme les individus, les familles, la communauté, l’Etat d’Israël ainsi que le le peuple juif de la diaspora. Le programme concerne les élèves du CE2 à la 3ème au sein des écoles publiques et laïques du pays.

L’imprégnation et l’acculturation croissante à la judéité par la jeunesse israélienne sont essentiels dans le dessein du « rêve sioniste » cher à la ligne politique du gouvernement actuel au pouvoir en Israel.

Livraison de matériel militaire américain en Europe

Alors que Donald J.Trump s’apprête à s’installer à la Maison suite à son investiture du 20 Janvier prochain, Barack Obama effectue ses dernières manoeuvres internationales sur fond de tensions croissantes avec la Russie.

Le piratage des adresses mails du clan Clinton lors des élections américaines par des hackers russes selon les dires de la CIA a définitivement élevé d’un cran les tensions entre Washington et Moscou. C’est dans ce contexte que le média russophone Russia Today a relevé début Janvier 2017 une livraison conséquente de matériel militaire américain en Allemagne afin de renforcer la mission OTAN qui tient à s’assurer du sort d’une Union Européenne « libre, prospère et dans la paix ».

« Contenir l’agression russe »

Cette livraison particulièrement impressionnante doit fournir l’opération Atlantic Resolve débutée en 2014 suite à l’annexion de la Crimée par la Russie sans tenir compte du droit international et des Nations-Unies. Elle tend à s’inscrire dans le contexte de refroidissement des relations diplomatiques entre américains et russes, où, la Russie, selon les mots du lieutenant général des forces aériennes américain Timothy M. Ray, est clairement visée dans cette livraison afin de « contenir l’agression russe ». Les Etats-Unis, sous l’égide de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, souhaite officiellement mettre à l’abri les pays aux portes de la Fédération de Russie de toute velléité conquérante de Vladimir Poutine dans son dessein de rebâtir la Grande Russie. Les pays Baltes, la Bulgarie et la Roumanie, toutes d’anciennes Républiques soviétiques du temps de l’URSS vont bénéficier du parapluie américain.

Un déploiement particulièrement impressionnant

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C’est dans le port allemand de Bremerhaven qu’ont été débarqués quelques 4 000 GI’s qui ont traversé l’Atlantique afin de rejoindre les rangs de l’Opération Atlantic Resolve à l’Est de l’Europe. Ils sont accompagnés de quelques 2800 unités de matériel militaire, dont de nombreux chars Abrams ou encore d’une cinquante d’hélicoptères Black Hawk. Moscou n’a pas tardé à manifester une certaine hostilité quant-à ce déploiement massif d’armes de guerres à ses frontières, qualifiant cette livraison d’atteinte à sa « sécurité nationale ». Les représailles n’ont pas tardé avec le déploiement immédiat de forces armées à Kaliningrad aux frontières occidentales de la Fédération de Russie.

Après avoir constaté que les relations diplomatiques américano-russes se soient fortement crispées ces dernières semaines avec le renvoi de dizaines de diplomates russes de la part de Washington, ces manoeuvres américaines semblent-être un dernier pied de nez de l’administration Obama adressé au président élu Donald J. Trump qui n’a jamais caché sa proximité avec le président russe Vladimir Poutine.

Source photographie : twitter US Army Europe