Le gaullisme face aux primaires

50-ans-de-la-ve-republique-un-demi-siecle-delection-presidentielle

Charles De Gaulle président, en 1967

Alors que les primaires sont devenues l’apanage des partis de gouvernement afin de déterminer le candidat idoine à la présidence de la République française, il semble important d’observer la position du Général De Gaulle, fondateur avec Michel Debré la V ème République, sur les élections à la magistrature suprême.

  Les pratiques politiques récentes et actuelles ont particulièrement défiguré l’idée que se faisait De Gaulle du président de la République et de son élection. Le grand Charles aurait aujourd’hui du mal à reconnaître la campagne à l’élection présidentielle telle qu’il l’a connu en 1965.

Après avoir adopté en 1962 par référendum populaire l’élection du président de la République au suffrage universel direct, le Général De Gaulle souhaitait que le chef de l’exécutif puisse tiré sa légitimité du peuple et non plus d’un collège de 80 000 grands électeurs comme cela était le cas dans la Constitution initiale de 1958.

Les primaires ouvertes, qu’elles soient de droite avec Les Républicains ou de gauche avec le Parti Socialiste tendent à remettre en cause la volonté que portait le Général de Gaulle au travers de la réforme constitutionnelle de 1962. Les primaires, comme il le soulignait, ne sont pas « une confrontation d’idées avec de vrais choix de sociétés, mais une compétition de marmitons qui font cuire de petites soupes sur petits feux ». Cette américanisation de la vie politique française favoriserait selon lui les luttes internes et fratricides au sein des partis au travers d’un jeu médiatique déplorable, et-ce au détriment de l’émergence d’un véritable candidat providentiel.

« L’homme providentiel »

De Gaulle prônait avant tout la relation entre les citoyens et une personnalité forte. Une personnalité forte et charismatique qui saurait créer un lien indéfectible avec les citoyens français dont il tiendra sa légitimité. Pour le Général, l’ « homme providentiel » comme il aimait le dire, ne doit en aucun cas être bridé par la machine politicienne partisane au travers du mécanisme des primaires, mais doit au contraire recueillir un élan naturel et légitimant de sa famille politique évitant de fait les divisions internes qui pourraient nuire à la pratique du pouvoir par l’exécutif une fois le mandat commencé, comme nous avons pu le constater sous le quinquennat de François Hollande avec les « frondeurs ».

La seule et unique primaire valable pour De Gaulle reste le premier tour de l’élection présidentielle, où le candidat a alors rendez-vous avec l’ensemble du corps électoral.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s