L’Asie centrale, une région longtemps marginalisée au potentiel des plus prometteurs: la délicate question des hydrocarbures

Située au carrefour entre l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe, l’Asie centrale revêt de par sa position géographique un caractère stratégique, d’autant plus que son sous-sol renferme des ressources fossiles encore peu exploitées à l’heure actuelle…

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L’Asie centrale. Source: Wikipédia

Délaissés pendant la période soviétique au profit des gisements sibériens et azerbaïdjanais moins enclavés, les gisements d’Asie centrale suscitèrent, suite à l’éclatement de l’URSS, un intérêt grandissant de la part des géants mondiaux du secteur énergétique. D’importants contrats furent conclus. Toutefois, la production peine à se développer et ne représente que 3 à 6% de la production mondiale.

Une des premières difficultés est à imputer au profil géophysique montagneux et escarpé de cette région. D’importants investissements sont nécessaires au désenclavement des ressources pétrolifères et gazières.

En 1991, les républiques soviétiques d’Asie centrale obtinrent leur indépendance. Leur stabilité politique interne procurée par des régimes autoritaires rassura les investisseurs étrangers. Cependant, leurs appareils énergétiques obscurs et l’influence grandissante d’oligarques accompagnée d’une volonté de maîtrise des projets menés par des acteurs étrangers vinrent étayer les réticences des observateurs, quant à l’extraction d’hydrocarbures dans cette région.

Autre source de réticences, les zones de tensions qui subsistent dans le Caucase et sur le flanc Sud de l’Asie centrale, auxquelles s’ajoutent la montée en puissance de l’islam radical et de la menace djihadiste. Par exemple, le gazoduc Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde (TAPI), ambitieux projet initié en 1995, voit sa réalisation entravée par la conjoncture sécuritaire en Afghanistan et au Pakistan.

A l’extrémité Ouest de l’Asie centrale, l’impossible accord quant au statut juridique définitif de la mer Caspienne limite les perspectives de développement. Si pendant la période soviétique Moscou et Téhéran s’accordaient sur la répartition des ressources, l’émergence d’États post-soviétiques compliqua la donne. L’absence de consensus quant à la répartition des ressources du bassin caspien et la volonté de la Russie de maintenir sa main mise sur les flux d’hydrocarbures dans la région illustre l’importance géopolitique et stratégique des ressources fossiles.

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Une plateforme pétrolière au large du Turkménistan. Source: Wikipédia/dragonoil.com

Située à dans une zone stratégique, l’Asie centrale est une zone tampon entre différentes grandes sphères d’influence.

Tout d’abord l’Europe tente de diminuer sa dépendance aux importations de gaz russe en soutenant les projets de gazoducs contournant la Russie, tels que le Trans Anatolian Natural Gas Pipeline (TANAP).

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Le tracé du Trans Anatolian Natural Gas Pipeline (TANAP). Source: Wikipédia

Face à l’augmentation de la demande en hydrocarbures, la Chine tente également de diversifier ses sources d’approvisionnement. Le gazoduc Asie centrale – Chine doté d’une capacité annuelle de 65milliards de m3, reliant le Turkménistan à la région autonome du Xinjiang, verra sa capacité augmentée de 15 milliards avec dès 2020 avec la mise en service d’une nouvelle branche. La compagnie chinoise CNPC a jusqu’à présent acheté pour près de 140 milliards de gaz turkmène. De belles perspectives de développement. Toutefois, l’influence grandissante chinoise laisse présager un transfert de leadership de Moscou à Pékin.

L’Iran, marginalisé par plusieurs décennies de sanctions économiques, suscite de nouveau l’intérêt des investisseurs étrangers. Un projet de pont énergétique entre le golfe persique, l’Asie centrale et l’Asie orientale fait actuellement l’objet de discussions entre le Turkménistan et l’Iran.

Malgré une situation géographique certes stratégique, l’Asie centrale demeure avant tout une zone de tensions entre intérêts divergents. La mise en valeur des ressources fossiles centrasiatiques demeure des plus complexe de par le profil géophysique et la conjoncture géopolitique de cette région.

Quid du développement économique promis par ces ressources pour les Etats post-soviétiques centrasiatiques ?

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