La question de l’eau en Afrique Australe

En 1995, trois ans après l’entrée de l’Afrique du Sud dans la Southern African Development Community (SADC) est signé le SADC Protocol on shared water courses. Ce texte légifère la gestion des fleuves internationaux en Afrique Australe après des années de conflit et de guérilla concernant une ressource primordiale pour la survie de tout peuple: l’eau. Bien plus qu’une simple étude géographique, la question de la répartition de l’eau en Afrique Australe concerne politique, économie, sociologie et ce sur les niveaux régionaux, étatiques et internationaux. La complexité de l’histoire de l’eau en Afrique Australe s’explique aussi par la diversité des acteurs ayant eu part au conflit.

Géographiquement parlant, l’Afrique Australe est divisée en deux régions concernant l’eau, couvrant 10 pays (Botswana, Afrique du Sud, Namibie, Angola, Mozambique, Tanzanie, Zambie, Lesotho, Malawi et Zimbabwe). Les lacs et les cours d’eau les plus importants se situent en effet du côté Est du subcontinent, tandis que la zone Ouest reste naturellement très sèche quoique abreuvée par des cours d’eau secondaires.

La situation n’en reste pourtant pas moins complexe dans la zone Est puisque la plupart des lacs et des étendues d’eau sont divisés entre différents pays: les frontières formées lors des périodes de colonisation et de décolonisation ne s’attachaient guère aux ressources hydriques mais bien à celles attachées au sous-sol africain. Au terme de ces négociations, plusieurs pays se sont retrouvés sans ressources hydrauliques: en 1989, Malin Falkenmark déclare: “le Zimbabwe est en état de “stress” hydrique chronique; la Namibie et le Malawi connaissent une pénurie permanente. En 2025, huit États sur les douze pays continentaux de SADC auront atteint et pour certains largement dépassé le seuil de stress hydrique, et tous subiront au moins des pénuries saisonnières ou localisées.”

La fiabilité des sources elle aussi reste une dimension instable du conflit: le climat australe obéit à des cycles naturels d’environ une dizaine d’année que les météorologues n’ont pas encore réussi à schématiser. Des sécheresses terribles ont frappé la zone lors des années 90 stoppant alors quasiment toute activité économique, mais de fabuleuses inondations ont aussi noyé le Mozambique en 2000 et 2001.

On peut diviser les pays de la zone australe en trois groupes: les pays aux ressources hydriques faibles et très variables mais dotés de moyens importants pour s’en sortir (Botswana, Afrique du Sud et Namibie), les pays pauvres possédant pourtant une grande partie des réserves hydriques (Angola, Mozambique, Tanzanie et Zambie) et enfin, les pays combinant peu de ressources et peu de moyens d’intervention (Lesotho, Malawi et Zimbabwe).

On remarque enfin une troisième tension quant au niveau géographique de la répartition de l’eau: les villes et zones développées se situent non pas aux alentours des lacs et des cours d’eau, mais se sont construits au fil des ans sur les richesses du sous-sol telles que l’or. Une mince rivière suffisait à l’époque pour abreuver les colons et leur faire poursuivre leurs activités. Mais ces zone sont rapidement devenues des centres de développement, grandissant donc en population. Une fois de plus, la gestion de l’eau est inégale en fonction des pays: l’Afrique du Sud, grâce à son développement économique, utilise environ 80 prcts de l’eau consommée par la SADC tandis qu’elle ne contrôle en réalité que 8 prcts des ressources d’eau.

C’est à cause de ces inégalités que commence en 1960 la politique de transfert de l’eau.

Axelle Pau

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