Nation et religion en Pologne (2/3)

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Jean-Paul II à Auschwitz (1979)

La Seconde Guerre Mondiale ainsi que l’occupation soviétique vont permettre le renforcement de la religion au sein de la société polonaise. Celle-ci va peu à peu devenir une force politique et va imposer son rôle dans la création d’une nation polonaise.

 

Une religion résistante

Dès les premiers jours de la Seconde Guerre Mondiale, la Pologne connaît de nouveau une occupation de son territoire, après seulement vingt années d’indépendance. Les Nazis sont présents à l’ouest tandis que les Soviétiques sont présents à l’est. L’objectif de ces deux régimes totalitaires est avant tout de détruire les élites polonaises et de soumettre les populations afin de les réduire à des « Untermensch » (Sous-hommes). Les Hommes et les Femmes d’Eglise sont les premiers visés : 3600 prêtres sont arrêtés et plus de 2600 sont tués. La religion catholique devient alors un marqueur de l’identité polonaise et joue un rôle prépondérant dans la résistance aux régimes totalitaires. Le mécanisme d’opposition aux « Autres » est alors remis au goût du jour et l’Eglise est une nouvelle fois « gardienne » contre l’oppresseur.

L’Eglise face au Soviétisme

Après la Seconde Guerre Mondiale, le pays connaît de profondes évolutions. Tout d’abord, celles-ci sont démographiques : 21,4% de la population polonaise a été tuée, dont trois millions de Juifs. La population catholique est alors estimée à 95% de la population nationale. Les allemands ont également quitté le territoire polonais. D’un point de vue territorial, les frontières se sont déplacées suite à la conférence de Yalta. Cependant, le pays est désormais aux mains du régime soviétique. L’Eglise catholique polonaise est alors dans une très mauvaise posture. En effet, celle-ci n’est pas compatible avec l’idéologie marxiste/léniniste. Conséquemment, l’importance du nombre de catholiques fait que cette religion devient l’ennemi du pouvoir communiste. Un dualisme se créé alors dans la société polonaise, entre communistes d’un côté, et les patriotes polonais catholiques de l’autre. Le catholicisme se veut alors traditionnel et national et est vu comme une force politique.

Le catholicisme comme force politique

Cela se renforce notamment avec la figure du cardinal Stefan Wyszynski. Celui-ci est élu Pape en 1978 sous le nom de Jean-Paul II. Il fait alors une visite en Pologne en 1979. C’est la première fois qu’un Pape effectue un pèlerinage dans un pays communiste. Lors de cette visite, il se rend au camp d’Auschwitz et dépose une croix dans la fosse aux graviers et déclare : « On ne peut pas comprendre l’Histoire de la Pologne sans Jésus-Christ. On ne peut pas comprendre, sans Jésus, cette nation dont le passé extraordinaire a été aussi très difficile ». Une nouvelle fois, la nation polonaise est définie d’un point de vue ethnique et assimilée à la religion catholique. L’élection de Jean-Paul II ainsi que sa visite en Pologne représentent des tournants dans l’histoire de la nation Pologne et du rôle de la religion catholique. En effet, dès 1980, des grèves ouvrières se manifestent dans le pays, et un syndicat est alors formé : Solidarnosc, Lech Walesa étant à la tête de celui-ci. Cet homme porte d’ailleurs la Sainte Patronne de la Pologne, la vierge de Czestochowa.

La religion a donc su s’imposer au sein de la société et a été une force qui a guidé le peuple polonais dans la résistance face à l’oppresseur. L’Eglise est alors devenue indissociable de la société et de la volonté du peuple.

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