Nation et religion en Pologne (1/3)

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Le baptême du Prince Mieszko (966)

Le lien entre nation et religion en Pologne existe depuis près 1000 ans. La religion est devenue un marqueur de l’identité polonaise, et le fil conducteur de l’histoire de ce pays est le catholicisme. Celui-ci a participé à la construction de cette nation. Sa place a toutefois différé dans le lien qui l’unissait à la définition même de la nation : la Pologne a connu le passage d’une vision de la nation civique à une vision ethnique, où la religion catholique devenait un marqueur de la citoyenneté.

 

La naissance du royaume de Pologne par la religion

La Pologne a tout d’abord été reconnue comme un royaume par le baptême du prince Mieszko en 966. Le pays a alors commencé à s’organiser par rapport aux structures religieuses, c’est-à-dire par une hiérarchie administrative ainsi qu’une structure sociale. Mais la population s’est convertie assez lentement : celle-ci s’est d’abord convertie aux rites, puis aux valeurs du catholicisme. Le paganisme était encore très présent dans ces campagnes. C’est pourquoi il y avait une certaine tolérance vis-à-vis des autres religions. Les juifs étaient par exemple très bien intégrés à la société polonaise. Ils participaient en plus au développement du pays ainsi qu’à la croissance du commerce de la Pologne. Cependant, l’Eglise catholique organisait la société polonaise : la vie était rythmée par les sacrements ainsi que par les fêtes religieuses. A la fin du XIVème siècle, en 1385, l’héritière de la couronne Polonaise – la reine Hedwige – se marie avec le grand duc de la Lituanie, Jagiello. Celui-ci se convertit au catholicisme lors de cette union, appelée l’Union de Krewo. Par ce mariage, le royaume de Pologne augmente en superficie et s’appelle désormais « Rzeczpospolita Obojga Narodow » (« La République des deux nations »). Dans ce royaume cohabitent Catholiques, Orthodoxes, Musulmans et Juifs. Toutes ces communautés religieuses sont reconnues et acceptées juridiquement. Jusqu’à la fin du XVIII, la nation polonaise est alors perçue comme civique, c’est-à-dire que la construction nationale se réfère à un avenir commun. De ce fait, la religion n’est pas un facteur déterminant le sentiment national, l’appartenance à la nation. Une dissociation est alors faite entre confessionnalité et nationalité : tous les citoyens sont égaux devant la loi. Cependant, cette relation entre nation et religion bascule à partir de la période des Partages.

La période des partages

En 1795, la Pologne disparaît de la carte Européenne. En effet, le pays est divisé entre trois nations : la Prusse (à majorité protestante), la Russie (à majorité orthodoxe) et l’Autriche (à majorité catholique). Afin de lutter contre l’occupation – qui va durer 123 ans -, les Polonais s’appuient sur le catholicisme. La religion catholique devient alors un moyen de s’opposer avec « les Autres » et un moyen de contestation. L’Eglise donne sa force à la nation polonaise. La nation est alors vue comme ethnique. Durant cette période de Partage, le catholicisme se nationalise. En effet, un parti est créé par Roman Dmowski en 1899, le parti National-Démocrate (Endecja). Cet homme perçoit l’existence d’un Etat polonais que sur une base catholique et homogène, et par conséquent, selon un point de vue ethnique. Il est alors pour l’exclusion des populations allogènes, comme les populations juives, et contre la République des deux nations.

La Deuxième République Polonaise

Ce n’est qu’à la fin de la Première Guerre Mondiale que le pays devient indépendant. La Pologne peut donc retrouver son indépendance nationale en novembre 1918, celle-ci reconnue par le traité de Versailles. Le pays s’appelant désormais « La deuxième République Polonaise ». La Constitution de ce nouvel Etat, en 1921, affirme le catholicisme comme religion dominante, tout en reconnaissant les autres religions présentes sur le territoire. En effet, seulement 65% de la population est catholique. L’Eglise catholique, toujours perçue comme gardienne de l’identité nationale polonaise, incite alors à l’intolérance envers les autres religions. Une hiérarchisation ethnique se fait dans la société, notamment avec une montée en puissance de l’antisémitisme.

La religion est alors un marqueur de la société polonaise, dès la naissance du Royaume de Pologne. Nation et religion connaissent, dès cette première période, un lien très important et qui se meut selon les évènements.

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