La dynastie Gnassingbé au Togo

A la tête du Togo depuis 1967, les Gnassingbé semblent ne pas vouloir s’écarter du pouvoir. Ils conservent leurs assises politiques malgré des critiques autant nationales qu’internationales.

Les débuts de Gnassingbé père

eyadema

Etienne Eyadema Gnassingbé

 

Etienne Eyadema Gnassingbé est né en 1935. C’est en partant au Bénin, pays limitrophe du Togo, qu’il se fait recruter pour être aux côtés de soldats pour l’armée coloniale française, et ce, en 1954. C’est ce qui lui vaudra une certaine affinité avec l’Etat français dans le futur. En 1963, il participe à l’assassinat du premier président togolais depuis l’indépendance du pays, Sylvanus Olympio. Après avoir été nommé chef de l’Etat-major des armées en novembre 1965, Etienne Eyadéma Gnassingbé renverse le président Nicolas Grunitzky par un coup d’Etat le 13 janvier 1967. Il est alors officiellement déclaré président en avril. Il crée alors son propre parti, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) en 1969.

A la tête du pays

Bien évidemment, un système de parti unique est d’ores et déjà mis en place par le nouveau président togolais, avec son RPT. Aucune opposition ne peut le vaincre : il est réelu 5 fois, en 1979, 1986, 1993, 1998 et 2003, malgré le multipartisme, réapparu en 1991 à la suite de pressions provenant de l’Etat Français. Il reste alors 37 ans à la tête du pays. C’est notamment grâce à l’abolition de la limite de mandats présidentiels – de sa propre initiative – qu’il reste à la tête du pays. Un gros doute subsiste quant à la transparence des différentes élections, la majorité des togolais étant contre cet homme.

De nombreuses critiques

Autant nationalement qu’internationalement, sa politique est contestée et critiquée. Il est accusé de nombreuses fois d’avoir commis des atteintes aux droits de l’Homme, notamment en exécutant des centaines d’individus après la révélation des scrutins en 1998. En 2004, la Fédération Internationale des Droits de l’Homme l’accuse grandement d’« élections truquées », de « justice aux ordres du pouvoir ». Malgré ces différentes accusations, le chef d’Etat est soutenu, dès 1967 par le gouvernement français, et ce jusqu’à la fin de sa dictature.

La relève Gnassingbé

Cet homme décède prématurément en 2005. Jacques Chirac dira alors « Avec lui disparaît un ami de la France qui était pour moi un ami personnel ». De ce fait, selon la Constitution togolaise, le chef de l’Assemblée nationale devient président par intérim jusqu’aux prochaines élections. L’armée prend cependant la tête de l’Etat et c’est le fils Gnassingbé, Faure Essonizam Gnassingbé, qui devient président. Ayant fait des études, les togolais s’imaginaient de ce président une certaine modernité dans la tenue du pays, dans les projets et les mesures prises. Il continue sur la voie de son défunt père, en imposant la dynastie Gnassingbé au pouvoir. Il est d’ailleurs réélu en 2010 et en 2015.

faure-gnassingbe

Faure Essozimna Gnassingbé, actuel Président de la République Togolaise

 

La situation semble gelée dans ce pays, la dynastie Gnassingbé étant bien installée au pouvoir depuis 1967. En outre, une ONG de défense des droits de l’Homme au Togo, Synergie Togo, a effectué des études et des recherches sur les élections togolaises depuis 2003 : elle affirme avoir trouvé près de 30% d’électeurs fictifs. Pour que les Gnassingbé soient écartés du pouvoir, seules des élections libres et démocratiques peuvent le permettre, ou « la rue », comme l’affirme Jil-Benoît Afangbédji, le président d’Ensemble pour les Droits de l’Homme, une association togolaise.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s