Le difficile maintien de la paix dans le monde

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Casques bleus en OMP au Mali

L’ONU. Une institution internationale créée en 1950 sur les décombres d’une SDN ayant montré ses limites en ce qu’elle n’est pas parvenue à empêcher la Seconde Guerre mondiale. L’ONU est dotée d’une assemblée générale, comprenant 193 pays membres à l’heure actuelle, et d’un conseil de sécurité composé de 5 membres permanents qui sont les Etats-Unis, la Fédération de Russie, la France, le Royaume-Uni et la Chine ainsi que 10 membres élus pour un mandat de deux ans par l’assemblée générale. Le but recherché par cette organisation est de pacifier les relations entre les pays en privilégiant le dialogue et la voie politique à l’utilisation de la force. Au travers de missions de protection de la population en déployant les casques bleus, sa force d’interposition, d’éducation et protection du patrimoine via l’UNESCO ou l’UNICEF, d’aide médicale et alimentaire ou de commissions d’enquêtes, l’ONU est présente dans toutes les régions qui nécessitent ce type de soutien de la part de la communauté internationale, autant dire que l’ONU est basée dans le monde entier. Les missions de l’ONU semblent se répéter inlassablement voire se multiplier depuis un peu plus d’une dizaine d’année. Si l’on ne prend que les opérations de maintien de la paix (OMP), elles n’ont représenté pas moins de sept milliards de dollars US entre le premier juillet 2012 et le 30 juin 2013. Les situations au Moyen-Orient avec le conflit syrien et la guerre civile irakienne notamment, ou en Afrique avec les opérations au Mali et en Centrafrique qui ne semblent que s’ajouter à des conflits et problématiques faisant rage depuis plusieurs décennies ne nous permettent pas de nous imaginer qu’une organisation internationale telle que l’ONU, malgré beaucoup de moyens, arrive à atteindre ses objectifs.

Le conseil de sécurité, composé des pays cités plus haut, est la représentation, en ce qui concerne ses membres permanents, de l’ordre mondial hérité de la fin de la Seconde Guerre mondiale et du début de la Guerre froide. Même si des interrogations se font entendre sur la légitimité actuelle des membres permanents du conseil de sécurité au vu de l’ordre géopolitique du temps, force est de constater que ces cinq pays sont des Etats riche et ce malgré la crise. Cette richesse s’illustre notamment par les dix principaux contributeurs au budget des OMP en 2016 qui sont dans l’ordre : Les Etats-Unis, la Chine, le Japon, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Fédération de Russie, l’Italie, le Canada et l’Espagne. Un conseil de sécurité composé de ces cinq membres plus dix membres élus par l’assemblée générale de l’ONU parait donc tout à fait à même d’impulser des politiques et des opérations fortes afin de servir l’objectif suprême de cette organisation qui est la mise en place de relations pacifiées entre les Etats et les peuples et la protection des populations.

Le long processus de lutte contre la prolifération des armes à feu

Pour l’Organisation des Nations Unies, la lutte contre la prolifération des armes, peut importe le calibre et la capacité destructrice, fait partie des objectifs principaux de cette organisation internationale. En effet, ce processus de désarmement existe depuis longtemps. Il parait pertinent ici de retracer un petit historique des initiatives à ce sujet. L’histoire du contrôle des armes commence dès la fin de la Première Guerre mondiale avec notamment le traité de Versailles qui impose une interdiction de réarmement à l’Allemagne. Toutefois, force est de constater que ce traité n’a pas eu les effets escomptés conformément aux propos du président Wilson qui trouvait les clauses de ce traité trop restrictives et néfaste pour l’équilibre du monde et la pérennisation de la paix. Dans les années 20-30, la Société des Nations a entamé un processus dans ce sens en commençant des négociations sur la réduction des armements nationaux et la transparence du transfert des armes ainsi qu’en lançant la Conférence mondiale du désarmement (1932-1937) ayant pour but de signer un traité sur un désarmement mondial mais le retrait de l’Allemagne en 1933 de ces discussions sonne le glas de l’initiative. Après la Seconde Guerre mondiale, des initiatives lancées notamment par les pays occidentaux tentèrent de limiter et contrôler les transferts d’armement et de technologies via le Comité de coordination pour le contrôle multilatéral des exportations stratégiques (COCOM). Le but de cette manœuvre était surtout de ne pas voir une technologie destructrice tomber entre les mains d’un pays du bloc communiste. En 1981, un protocole est signé à l’ONU sur les armes inhumaines, en particulier les mines antipersonnel en particulier au travers de la Convention sur les armes inhumaines complétée par la Convention d’Ottawa de 1997. Ce projet est toutefois un échec, nous pouvons le remarquer avec les chiffres hallucinants de mines et bombes à sous-munitions présentent dans le monde. Pour exemple, les chiffres en Angola font état de 9 000 000 à 11 000 000 de mines et bombes à sous-munitions pour une population de 11 000 000 d’habitants. Depuis les années 1990-2000, les conventions et discussions de l’ONU porte plus particulièrement sur le contrôle des technologies de missiles, le transfert de missiles et de technologies pouvant porter des charges explosives d’au moins 500 kg font partie des plus importants transferts de notre monde actuel.

Un coût non-négligeable des opérations de maintien de la paix

En ce qui concerne les opérations de maintien de la paix de l’ONU, nous pouvons les compter au nombre de 15 à l’heure actuelle sur tous les continents mais plus particulièrement en Afrique. Les opérations de maintien de la paix se font via la force d’interposition des Nations Unies que sont les casques bleus. Elles représentent un budget d’environ 7 à 8 milliards de dollars US (chiffres avancés pour la seule année 2016). Les principaux contributeurs à ce budget sont, dans l’ordre, les Etats-Unis, la Chine, le Japon, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Fédération de Russie, l’Italie, le Canada et l’Espagne. Comme cela fut évoqué précédemment, les théâtres de ces OPM sont dans le monde entier (Liban, Soudan, Golan, Darfour, Kosovo, Liberia, Sahara occidental, Centrafrique, Mali, Soudan du Sud, Haïti, RDC, Côte d’Ivoire, Chypre, Inde et Pakistan, Moyen Orient). Nous pouvons cependant constater que ces opérations se déroulent, pour la plupart, dans des pays où la prolifération des armes est un fléau. S’ajoutent à ces opérations de maintien de la paix onusiennes, des initiatives d’Etats comme celles de la France au Mali, en Centrafrique, à la frontière libyenne, ou la mise en place de coalitions pour lutter contre un ennemi commun comme celle en Irak et en Syrie qui luttent contre Daech qui sont, pour la plupart, faites avec l’assentiment du Conseil de Sécurité de l’ONU. Ces missions, si l’on ne prend que l’exemple de la France, coûteraient 1,1 milliard d’euros par an – la Cour des Comptes estime qu’un surcoût est toujours observé et que les chiffres avancés par le ministère de la Défense et celui de l’économie manquent de transparence et d’honnêteté – coût non négligeable pour un pays en crise.

Nous avons donc vu ici un effort non négligeable de la communauté internationale en ce qui concerne le maintien de la paix et les politiques de non prolifération des armes à feu. Il reste cependant un paradoxe, comment, malgré un renforcement des arsenaux juridiques en matière de contrôle des armes, les ventes d’armes sont en constante augmentation ?

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