La Guyane, terre de confrontation des cultures

cayenne

Ville de Cayenne, capitale de la Guyane française

A plus de 7 000km de la France métropolitaine, la Guyane. Territoire d’outre-mer sur le continent sud-américain aussi vaste que le Portugal avec une population de 250 377 habitants (chiffre avancé au 1er janvier 2014). Le pays est constitué de plus de 95% de forêt et bordé de plus de 700km de frontière commune avec le Brésil, le reste de frontière est commune avec le Surinam, sans oublier presque 300km de côte Atlantique. La Guyane est traditionnellement connue pour l’histoire de l’ancien bagne ou la base spatiale de Kourou, base depuis laquelle sont lancées les fusées Ariane et Soyouz. Cependant, la Guyane ce n’est pas que la conquête spatiale ou l’histoire du bagne mais c’est aussi une véritable mosaïque de peuples dont les origines sont attestées, pour les plus anciens, depuis le IIIe siècle de notre ère. Parmi ces populations il y a les descendants de colons français, les descendants d’esclaves venus d’Afrique – les descendants d’affranchis sont les Créoles et les descendants de ceux qui ont gagné leur liberté en se sauvant des plantations esclavagistes sont les Bushinengés – la dernière catégorie représente à elle toute seule une mosaïque, ce sont les Amérindiens. Les Créoles demeurent le peuple dominant et détiennent l’essentiel des mandats institutionnels électifs du territoire. Les Bushinengés, quant à eux, sont en très forte progression démographique à l’Ouest du territoire.

Petit historique de la Guyane

La première reconnaissance des Français en Guyane remonte à 1604, expédition conduite per M. de la Ravardière et financée par la couronne. Au cours de cette reconnaissance, les premières fouilles archéologiques font état de traces de peuples amérindiens dès le VIe siècle. La Guyane est à l’époque peuplée de quatre peuples premiers, à savoir les Arawacks et les Palikurs, sans doute établis en Guyane depuis le IIIe siècle, auxquels s’ajoutent des peuples amérindiens dit Karibes, les Kali’ña (Galibis dans la littérature) et les Wayanas, probablement installés en Guyane vers le VIIIe siècle. Les peuples premiers sont essentiellement côtiers sauf les Wayanas, installés dans le haut Maroni (le Maroni étant le fleuve frontalier entre la Guyane française et le Surinam) depuis leur défaite militaire face aux Kali’ña spécialisés dans les raids contre les autres peuples amérindiens jusqu’au XIXe siècle. S’ajoutent à ces peuples amérindiens les Tupis-Guaranis venant du Brésil et s’installant sur le fleuve Oyapock à partir du XVIIIe siècle. Les Tupis-Guaranis se divisent en deux, les Tekos (ou Emérillons) et les Yayapis (ou Wayampis). A cette époque, la Guyane est quasiment inexplorée et le mode de vie semi-nomade des Amérindiens rendent ces installations tout à fait normales. Aujourd’hui, on estime le nombre d’Amérindiens en Guyane à environ 10 000 personnes.

Ces peuples amérindiens constituent les six « peuples premiers » de Guyane. Ces derniers ont vu arriver au XVIe siècle des colons venant de plusieurs pays européens tentant tout au long du siècle de coloniser le territoire. La France prend définitivement le contrôle de la Guyane en 1676. A ces colons vont s’ajouter des populations africaines du fait de l’esclavage mais aussi des travailleurs libres. Comme évoqué plus haut, les esclaves affranchis deviennent les Créoles et ceux qui ont pris eux-mêmes leur liberté en se sauvant dans les forêts sont appelés les Bushinengués (mélange entre le terme de bush signifiant tout ce qui n’est pas urbanisé et negger qui veut dire noir) qui signifie « noir des forêts ». Enfin, pour compléter cette véritable mosaïque, une très forte immigration clandestine brésilienne se fait dans l’Ouest et le Sud du pays, faisant notamment progresser la lusophonie dans ce territoire.

Aujourd’hui, la Guyane est donc composée de ces peuples mais aussi depuis la fin du XXe siècle, des populations haïtiennes, guyanas – venant de l’ancienne Guyane britannique – et, à partir des années 70, le drame des boat people a ajouté à cette importante mosaïque des populations Hmongs.

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