Etat et Religion au Danemark (2/2)

Eglise Danoise d’aujourd’hui : Eglise à la fois Nationale et Dépendante de l’Etat.

En 1966, mariage de Margrethe avec Henri de Montgezat(français Catholique Romain) or la Constitution dit que le Roi et la Reine doivent appartenir à l’Eglise Danois Luthérienne. Ce fait représente bien la réelle application d’une Eglise nationale. Cependant, l’Eglise reste dépendante du pouvoir politique. L’Etat finance la formation du clergé et gère les impôts. Ils disposent d’un statut de fonctionnaire. L’autorité ecclésiastique est exercée par le ministre des Affaires Ecclésiastique au nom du roi. Le Parlement et la Cour suprême du Danemark ont un pouvoir législatif et judiciaire en matière d’organisation de l’Eglise nationale. Il n’y a pas d’organisation centralisée et indépendante, l’Eglise Danoise est constituée que de communautés locales et de diocèses. 12 % des revenus de l’Eglise proviennent des financements de l’Etat et le reste des impôts obligatoire pour les citoyens appartenant à l’Eligse luthérienne. L’Eglise est responsable de l’Etat Civile et des pompes funèbres. Lors de la loi sur le mariage gay en 2012, l’Eglise n’a pas pu participer au débat.

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Margrethe, reine du Danemark 

 

On voit donc bien que l’Eglise est dépendante de l’Etat, mais qu’elle doit aussi se mettre à son service. De plus, elle est aussi considérée comme un moyen de favoriser une intégration sociale, un sentiment d’appartenance et de solidarité avec une dimension collective. Cette identification religieuse et ce sentiment d’appartenance ethnique sont des vecteurs de l’ethnocentrisme et de l’euroscepticisme Danois. On peut d’ailleurs noter que le parti nationaliste Dans Fulkepoert instrumentalise cette identité nationale et religieuse.

L’Eglise d’Etat s’affirme avec un taux de baptiser stabilisé à 78 % des nouveaux nés pour 88 % de la population appartenant à l’Eglise Danoise. Seulement malgré cette attache à l’identité religieuse, on constate que la fréquentation de l’Eglise Luthérienne au Danemark est l’une des plus bas de l’Europe Occidentale avec seulement 50 % qui vont à l’Eglise 1 fois par an et un huitième une fois par mois. Cette participation religieuse est mêle plus faible que d’autres communautés au Danemark. Une étude de 1994, réalisée par Sonar montre que 47 % considère que l’Eglise est là pour accomplir des rîtes et 27 % la considère comme un héritage culturel.

Déclin de l’Eglise

Plusieurs raisons à ce déclin. D’abord, l’impôt imposé par l’Etat pour les citoyens appartenant à l’Eglise Luthérienne. En effet, 46 % pense que l’impôt serait leur principale raison de quitter l’Eglise Luthérienne. Or le seul moyen d’être exempté, est de ne pas appartenir à l’Eglise Luthérienne. Cependant, la majorité reste pour une question de tradition nationaliste et d’un sentiment d’appartenance propre à l’Eglise d’Etat Danoise comme évoqué plus haut.

Cependant, les citoyens réclament l’intervention de l’Eglise dans certains débats comme l’infidélité, l’avortement, mais la loi ne permet à l’Eglise de participer aux débats publiques. Elle reste tout de même la religion nationale et il y a une acceptation générale de la population. Toutefois, l’Eglise Luthérienne se refuse au prosélytisme aupès des immigrés, car elle privilégie les Danois et le baptême des enfants de la nation. Preuve d’un ethnocentrisme nationale à caractère religieux.

De même qu’avec le phénomène de mondialisation, l’Eglise Danoise peine à s’imposer ou du moins à apporter son jugement sur des décisions importantes. En témoigne le Traité de Poruvo en 1992 où les églises Luthérienne Irlandaise, Anglaise et pays Baltiques et Nordiques sur le thème des nouveaux baptisés de chaque églises reconnues dans les autres églises Luthérienne. Cependant, l’Eglise Danoise n’a pas pu y participer. Tout d’abord, car l’Eglise représente l’Etat Danois, de plus, il n’existe aucune entité légitime de s’exprimer au nom de l’Eglise Danoise, l’évêque de Copenhague n’ayant aucun pouvoir.

Cette position Danoise se reflète dans leurs décisions politiques, notamment en 1992 lors du Traité de Maastricht où le Danemark refuse ce traité quand le parlement l’a validé. De même, qu’ils refusent l’Euro et l’espace Schengen. Projet européen est vu au Danemark comme une volonté de montrer l’héritage Chrétien de l’Europe, mais le Danemark refuse l’internationalisation de son Eglise. Malgré cela, le Danemark rejoint l’Europe en 1995. Et s’ouvre à une internationalisation de son Eglise. Cependant, l’effet est négatif. On constate, en effet, une baisse dans l’adhésion à l’Eglise Luthérienne. En 1984, elle représente 91,6 % de la population alors qu’en 2013, elle ne représente plus que 79,1 %. Ce phénomène a tendance à s’accélèrer. Autrefois, un facteur d’identité commune et de tradition nationaliste, l’Eglise Luthérienne tend à ne plus fédérer la population.

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