Le drame des populations oubliées de Guyane

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Le transport en pirogue en Guyane, unique lien entre le village et les services de base pour beaucoup

Le panorama de la Guyane montre une démographie très dynamique mais les inégalités présentes depuis les origines de la colonisation n’ont fait que se creuser et ce notamment au détriment des peuples dits « premiers ». Les peuples amérindiens, eux, font face à de grosses difficultés, difficultés qui se traduisent de façon dramatique. En effet, la réalité est dure et montre un malaise d’une importance sans précédent. Depuis quelques années, les populations Amérindiennes font face à une recrudescence de suicide parmi ses jeunes, voire très jeunes. Le taux de suicide chez les Amérindiens de Guyane est entre 10 et 20 fois supérieur au taux de suicide de France métropolitaine. Ce mal-être s’explique par plusieurs facteurs.

Un accès aux Droits et services fondamentaux difficile

De ce dynamisme, sont donc exclus les peuples autochtones et bushinengués. Les premiers, reconnus comme « premiers » et donc ayant une légitimité historique, ont toujours un mode de vie à part, marginal par rapport au développement « à l’occidentale » des villes, les seconds sont eux-aussi, au regard de l’histoire, en marge de la société urbaine.

Bien que la différence culturelle soit reconnue et respectée, force est de constater que ces populations ne peuvent rester enclavées comme elles le sont aujourd’hui. Une mission parlementaire conduite par Marie-Anne Chapdelaine, députée PS de la 1ère circonscription d’Ille-et-Vilaine, et Aline Archimbaud, sénatrice Les Verts de Seine Saint-Denis, fin 2015 sous la tutelle du ministère des Outre-mer était chargée de faire l’état des lieux de cette situation et ses conséquences dramatiques.

Comme toujours, les causes d’un si profond mal-être sont multifactorielles et les interlocuteurs de la mission ont souhaité faire la lumière sur l’ensemble de ces causes. Le premier facteur est bien celui de l’isolement géographique qui induit une série de conséquences. Les groupes amérindiens de l’intérieur ne sont, pour la plupart, accessibles que par la voie fluviale ou par avion. Pour ce qui est de l’avion, bien que subventionné par les pouvoirs publics, le billet reste extrêmement coûteux. En ce qui concerne la circulation fluviale, elle est totalement différente que celle pratiquée sur le fleuve Amazone par exemple. Sur ce dernier, la circulation fluviale est assez aisée par la grande étendue et le relatif calme du cours d’eau. Dans le cas de la Guyane, cette circulation s’avère difficile notamment en raison des multiples passages obligés de rapides qui rendent les trajets très inconfortables. De plus, la durée et le prix de ces trajets sont exorbitants. Il faut par exemple 5 heures pour rallier Saint Georges à Camopi en hautes eaux et 8 heures pendant la saison seiche alors que ces deux villes ne sont séparées que de 80km. De plus, ce trajet coûte au minimum 50€, un prix prohibitif pour la plupart des habitants. Installer des transports fluviaux réguliers dans ces conditions s’avère particulièrement difficile. Les routes, bien que présentes sur la côte, ne restent qu’à l’état embryonnaire dans l’intérieur du territoire. Cette absence d’infrastructure est une illustration criante de la situation globale des villes et villages de l’intérieur qui sont par ailleurs souvent privés de la plupart des services comme l’électricité, le téléphone, la poste, les centres de santé, …

De cette absence de services découle une absence importante d’activités culturelles, sociales ou économiques au sens où nous l’entendons communément. Ce manque ne donne qu’un choix déchirant pour les populations amérindiennes de l’intérieur. La modernité de la ville ou le monde traditionnel du village.

Le choix déchirant entre le monde traditionnel de leur village et la modernité de la ville

En 1946, l’Etat français décide de départementaliser la Guyane. Cette départementalisation s’est faite en deux étapes distinctes. Il a tout d’abord été décidé de ne départementaliser que la côte en 1930, l’intérieur amazonien constituait un territoire plus ou moins autonome. Les Amérindiens de l’intérieur ont vu, par ce statut particulier, leur culture et leur fonctionnement plus ou moins préservé contrairement aux Amérindiens de la côte qui ont subi une acculturation quasi-forcée, gommant ainsi les particularités qui faisaient leurs cultures. Pour ce qui est des populations de l’intérieur, cette situation intermédiaire a évidemment contribué à protéger la culture de ces derniers par rapport à la rapide modernisation des technologies mais aussi de la société. Toutefois, le revers de la médaille de cette situation implique une absence de recensement et donc une absence de vote et d’incorporation dans la société démocratique qui commençait à poindre en Guyane. A partir des années 60, l’Etat français montre une volonté claire d’assimilation de toute cette population mais également une maîtrise totale de l’espace guyanais, en témoigne par exemple la création de la ville de Camopi, première ville totalement amérindienne de Guyane. Cette assimilation est vécue comme forcée de la part de ces populations et depuis lors, on a eu de cesse de remarquer une déculturation, une perte d’identité due à la confrontation brutale avec la culture moderne.

Un exemple de cette confrontation entre deux mondes différents se trouve dans l’enseignement. L’enseignement de 1er degré se trouve souvent proche des enfants, dans les villages. Cependant, suivre les cours par la suite s’apparente souvent à un parcours du combattant pour la plupart des enfants amérindiens. En effet, pour beaucoup, aller à l’école induit de se lever très tôt et de passer des heures sur les pirogues pour se rendre dans un centre scolaire. Pour certains d’entre eux, il est même nécessaire de s’installer dans une localité située à deux-trois jours de trajet du village de leurs familles. L’installation dans ces localités pour suivre un enseignement se fait soit dans un internat, soit dans des familles d’accueil d’ailleurs souvent peu formées à accueillir un enfant d’une culture toute autre. En ces lieux, l’enfant se trouve dans une situation difficile à supporter. Ce sont souvent des lieux multiculturels dans lesquels, les repères nécessaires à un enfant en développement sont souvent absents et confronte ces derniers à une modernité vécue comme brutale. Cet arrachement aux traditions familiales est d’autant plus fort pour les jeunes qui poursuivent leurs études au lycée à Cayenne.

Cette absence d’infrastructure couplée aux difficultés liées à une acculturation brutale à la modernité entraine, selon le professeur en médecine psychiatrique Louis Jehel, un « conflit de loyauté » chez l’enfant déraciné duquel découle une déstructuration de la cellule familiale.

Les causes liées à la santé publique :

L’alcool fait quant à lui partie intégrante du mal-être des sociétés amérindiennes de Guyane. En effet, la consommation d’alcool lors de longues fêtes est une tradition ancrée depuis longtemps dans les communautés de l’intérieur. Néanmoins, l’alcool traditionnel, le cachiri est peu alcoolisé, de 1 à 3°. Cet alcool est souvent préparé en très grandes quantités, allant jusqu’à 6 à 7 litres par convives, n’est pas consommé quotidiennement mais lors de grandes réunions festives. Ces grandes réunions festives ne sont terminées qu’une fois le cachiri terminé, toutefois, sa faible teneur en alcool ne crée qu’une « douce ivresse » tout au long de la réunion. L’introduction de l’alcool industriel va changer cela.

L’alcool industriel lui, est souvent fabriqué aux alentours de 40° et plus. Cela étant, l’introduction de cet alcool industriel ne change pas la façon de le consommer. Les fêtes et les grandes quantités préparées pour ces réunions perdurent mais avec un produit nouveau. De plus, le passage à l’âge adulte se faisant à 12 ans dans les communautés amérindiennes de Guyane, cet alcool fort est consommé par de très jeunes personnes avec les répercussions inhérentes à ces consommations. Même si les plus anciens ne consomment pas cet alcool nouveau, force est de constater que l’alcoolisme chronique commence à apparaitre dans les villages. Dans les communautés de l’intérieur, les relations se dégradent avec des situations banalisées par la consommation :

  • Pour les jeunes, l’alcool fait faire des actes provoquant des situations de honte comme la perte d’une pirogue, des propos insultants ou des comportements violents.
  • Pour les plus grands, la violence s’invite dans la famille. Violence souvent exercée envers les femmes voire, plus rarement, envers l’enfant.
  • L’alcoolisme crée aussi une érosion de la crédibilité des parents, ces derniers dépensant tout l’argent de la famille dans un alcool les rendant amorphes et incapables de financer les dépenses liées à la scolarité et l’éducation des enfants souvent livrés à eux-mêmes.

Dans ce territoire situé à 7 000km de l’hexagone, territoire où se joue l’avenir de la conquête spatiale, où la technologie est reine dans les parties urbanisées de Guyane, se joue un drame. Drame silencieux au cœur des populations de l’intérieur. Une vie largement en marge de la société moderne à l’occidentale crée des situations brutales à vivre pour une jeune génération tiraillée, en perte de repères et en proie aux dangers de la vie moderne. Les difficultés à surmonter pour les peuples « premiers » de Guyane sont multiples et rien ne les aide à y faire face. Une exclusion géographique, une marginalisation vis-à-vis des services les plus fondamentaux, une dure confrontation au monde moderne pour les jeunes faisant des études ainsi que l’introduction de l’alcool fort dans les communautés amérindiennes créent autant de situations propices à un mal-être. Plus qu’un mal-être, il s’agit d’une véritable catastrophe. Catastrophe pour laquelle une meilleure connaissance et acceptation des peuples autochtones de Guyane est un passage nécessaire pour rendre la situation meilleur. C’est pour cette raison que le gouvernement a lancé une mission parlementaire chargée de faire la lumière sur les conditions de vie des populations en Guyane. Afin de ne pas faire un simple rapport s’entassant sur une pile d’autres rapports semblables, la députée Marie-Anne Chapdelaine et la sénatrice Aline Archimbaud ont assorti leurs observations de 37 propositions. Propositions qui, dès la parution des conclusions de cette mission, ont commencées à être mises en œuvre. Parmi ces propositions, il y’en a à court terme comme à long terme. Si l’avenir des populations de l’intérieur de Guyane semble être mieux appréhendé par ces actions, il s’agit là d’une importante piqûre de rappel pour le pouvoir français. Les territoires d’Outre-mer constituent une véritable richesse pour la France, richesse économique mais aussi culturelle. Afin de continuer à entretenir ces territoires force est de constater qu’il est nécessaire de prendre en compte la spécificité des populations locales afin de créer les conditions optimales d’un développement pouvant profiter à tous.

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La Guyane, terre de confrontation des cultures

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Ville de Cayenne, capitale de la Guyane française

A plus de 7 000km de la France métropolitaine, la Guyane. Territoire d’outre-mer sur le continent sud-américain aussi vaste que le Portugal avec une population de 250 377 habitants (chiffre avancé au 1er janvier 2014). Le pays est constitué de plus de 95% de forêt et bordé de plus de 700km de frontière commune avec le Brésil, le reste de frontière est commune avec le Surinam, sans oublier presque 300km de côte Atlantique. La Guyane est traditionnellement connue pour l’histoire de l’ancien bagne ou la base spatiale de Kourou, base depuis laquelle sont lancées les fusées Ariane et Soyouz. Cependant, la Guyane ce n’est pas que la conquête spatiale ou l’histoire du bagne mais c’est aussi une véritable mosaïque de peuples dont les origines sont attestées, pour les plus anciens, depuis le IIIe siècle de notre ère. Parmi ces populations il y a les descendants de colons français, les descendants d’esclaves venus d’Afrique – les descendants d’affranchis sont les Créoles et les descendants de ceux qui ont gagné leur liberté en se sauvant des plantations esclavagistes sont les Bushinengés – la dernière catégorie représente à elle toute seule une mosaïque, ce sont les Amérindiens. Les Créoles demeurent le peuple dominant et détiennent l’essentiel des mandats institutionnels électifs du territoire. Les Bushinengés, quant à eux, sont en très forte progression démographique à l’Ouest du territoire.

Petit historique de la Guyane

La première reconnaissance des Français en Guyane remonte à 1604, expédition conduite per M. de la Ravardière et financée par la couronne. Au cours de cette reconnaissance, les premières fouilles archéologiques font état de traces de peuples amérindiens dès le VIe siècle. La Guyane est à l’époque peuplée de quatre peuples premiers, à savoir les Arawacks et les Palikurs, sans doute établis en Guyane depuis le IIIe siècle, auxquels s’ajoutent des peuples amérindiens dit Karibes, les Kali’ña (Galibis dans la littérature) et les Wayanas, probablement installés en Guyane vers le VIIIe siècle. Les peuples premiers sont essentiellement côtiers sauf les Wayanas, installés dans le haut Maroni (le Maroni étant le fleuve frontalier entre la Guyane française et le Surinam) depuis leur défaite militaire face aux Kali’ña spécialisés dans les raids contre les autres peuples amérindiens jusqu’au XIXe siècle. S’ajoutent à ces peuples amérindiens les Tupis-Guaranis venant du Brésil et s’installant sur le fleuve Oyapock à partir du XVIIIe siècle. Les Tupis-Guaranis se divisent en deux, les Tekos (ou Emérillons) et les Yayapis (ou Wayampis). A cette époque, la Guyane est quasiment inexplorée et le mode de vie semi-nomade des Amérindiens rendent ces installations tout à fait normales. Aujourd’hui, on estime le nombre d’Amérindiens en Guyane à environ 10 000 personnes.

Ces peuples amérindiens constituent les six « peuples premiers » de Guyane. Ces derniers ont vu arriver au XVIe siècle des colons venant de plusieurs pays européens tentant tout au long du siècle de coloniser le territoire. La France prend définitivement le contrôle de la Guyane en 1676. A ces colons vont s’ajouter des populations africaines du fait de l’esclavage mais aussi des travailleurs libres. Comme évoqué plus haut, les esclaves affranchis deviennent les Créoles et ceux qui ont pris eux-mêmes leur liberté en se sauvant dans les forêts sont appelés les Bushinengués (mélange entre le terme de bush signifiant tout ce qui n’est pas urbanisé et negger qui veut dire noir) qui signifie « noir des forêts ». Enfin, pour compléter cette véritable mosaïque, une très forte immigration clandestine brésilienne se fait dans l’Ouest et le Sud du pays, faisant notamment progresser la lusophonie dans ce territoire.

Aujourd’hui, la Guyane est donc composée de ces peuples mais aussi depuis la fin du XXe siècle, des populations haïtiennes, guyanas – venant de l’ancienne Guyane britannique – et, à partir des années 70, le drame des boat people a ajouté à cette importante mosaïque des populations Hmongs.

Le marché de l’armement, secteur qui ne connait pas la crise

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Ventes d’ALPC aux particuliers

Malgré un effort de l’ONU en matière d’opérations de maintien de la paix et de lutte contre la prolifération des armes à feu, comment les ventes d’armes peuvent-elle être en constante augmentation ? ? Afin d’éclairer ce point, nous allons maintenant aborder le marché mondial de l’armement aujourd’hui et les dangers inhérents à ce marché.

Avant de développer les informations sur le marché mondial de l’armement aujourd’hui, donnons quelques définitions. Il y a trois formes d’exportations d’armes. La forme Victor Bouts, alias « Lord of War ». Le modèle Bouts consiste en un trafic illégal d’armes légères. Cette forme cause des ravages dans certaines régions du monde comme l’Afrique mais il n’y a pas un but d’influer sur la géopolitique. Nous avons ensuite le modèle Zaharoff, celui-ci consiste en des ventes légales d’armes basées sur les situations régionales, il s’agit ici d’une forme d’opportunisme. Dans ce cas de figure, ce n’est pas l’Etat qui vend les armes, ce dernier se contente de ne rien faire contre la vente par des entreprise, l’objectif ici est purement financier. Nous avons enfin le modèle Wilson dont l’objectif est clairement politique. Il s’agit ici d’une stratégie d’influence géopolitique sur une région. Ce modèle ne se contente pas de ventes d’armes mais aussi un entrainement et une formation des destinataires. Cela implique de mettre en place une relation durable entre le pays exportateur et le pays importateur comme entre la France et les pays du Golfe. C’est l’Etat qui impulse ce mouvement même si les ventes sont réalisées par les entreprises. Coupler ce que l’on appelle le « système d’armes » avec le « système d’hommes » permet une certaine acculturation du pays importateur, ce dernier aura plus de mal à changer de modèle, de fournisseur ou de se retourner contre le pays exportateur. Un changement serait extrêmement coûteux. Cependant, ce modèle peut aboutir à des critiques contre le pays fournisseur s’il entretient ce genre de relations avec des pays corrompus comme les critiques adressées à la France quant à son partenariat en armement avec l’Arabie Saoudite. Enfin, ce modèle peut aussi avoir pour effet de changer de façon quasiment irrémédiable les équilibres d’une région particulière.

En ce qui concerne le marché mondial de l’armement actuellement, nous pouvons remarquer que les ventes d’armes ne connaissent pas la crise, les chiffres concernant ce sujet sont en constante augmentation. Nous pouvons prendre comme exemple que les dépenses militaires mondiales s’élèvent à 1 739 milliards de dollars US en 2012, chiffre avancé par le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI). De plus, le SIPRI remarque que les plus fortes augmentations en matière de dépenses militaires se situent en Asie de l’Est en particulier avec la montée en puissance de la Chine, le Moyen-Orient avec la montée en puissance des tensions interconfessionnelles et des conflits. La plus forte hausse se situe quant à elle en Afrique. Nous pouvons donc remarquer que ces hausses se situent majoritairement dans les régions où les forces onusiennes sont présentes pour des opérations de maintien de la paix. Cela témoigne donc de la grande difficulté pour l’ONU d’assurer le succès de ces missions sur des terrains où les armes, notamment les armes légères et de petit calibre (ALPC), prolifèrent. Il parait également pertinent d’ajouter que les 6 plus gros exportateurs d’armes dans le monde sont les Etats-Unis, la Fédération de Russie, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et la Chine, Israël s’invite parfois dans ce classement. Cela illustre bien le paradoxe exprimé plus haut car nous pouvons remarquer que sont présentes dans ce classement les membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU.

Cette prolifération des armes, notamment des ALPC, qui ne cesse de croître – il y aurait 875 millions d’ALPC en circulation dans le monde selon Small Arms Survey – représente un réel danger. En effet, nous pouvons remarquer que le nombre d’acteurs impliqués dans des livraisons d’armes a considérablement augmenté (producteurs, exportateurs, transports, assurances, …) et cela joue un rôle important dans l’opacité de ce marché, en plus cela favorise le trafic illégal et défavorise le contrôle. Ajoutons à cela que les moyens gouvernementaux pour assurer la gestion des stocks et arsenaux est très insuffisante et cela crée de l’insécurité comme lors de l’explosion de la caserne M’Pila à Brazzaville en mars 2012 qui a coûté la vie à au moins 300 personnes et fait 2 500 blessés. Ce manque de contrôle de stocks ne permet pas non plus de protéger ces derniers des vols, c’est la principale source du marché noir, on parle de trafic fourmi. Enfin, l’opacité du marché est une source d’illégalités diverses mais une des plus graves consiste en le contournement des embargos. Un Etat importateur se retrouve souvent être un fournisseur d’un autre pays, nous pouvons prendre en exemple le bateau ukrainien MV Faina détourné par des pirates somaliens. La cargaison de ce bateau était constituée d’une trentaine de chars d’assaut T-72 un d’un important nombre d’ALPC. Une fois libéré, le cargo dépose sa cargaison au Kenya comme il était indiqué sur les bons délivrés pour ce chargement. Cependant, le gouvernement de Nairobi n’a pas utilisé cet armement pour lui mais l’a exporté au Soudan par voie terrestre à l’Armée de Libération du Sud-Soudan, violant délibérément l’embargo mis en place par la communauté internationale sur le Soudan.

Les Etats exportateurs semblent donc peu près à mettre en place une réelle politique coercitive en ce qui concerne les flux d’armements. De plus, l’opacité de ces flux ajoute aussi à la complexité de mener à bien de réelles politiques de médiations dans les régions ravagées par la guerre et les tensions. Il semble difficile de continuer sur le modèle que nous avons actuellement pour régler le problème de la prolifération des armes à feu et les dangers inhérents à ces trafics. Une solution qui pourrait peut-être être envisageable serait la création d’une véritable entité indépendante chargée de contraindre les Etats à ralentir et faire la lumière sur les ventes d’armes et technologies militaires cependant les moyens alloués pour cette mission seraient dérisoires vis-à-vis des milliards de dollars que génère ce marché. De plus, le champ de bataille ne semble pas se rétrécir, au contraire. Maintenant, un groupe de hackers peut déstabiliser n’importe quelle entité en lançant une attaque. Le cyber d’ailleurs, pour certains militaires, constitue le 5e champ de bataille après la terre, les airs, la mer et l’espace. Alors comment faire face à une technologie toujours en avance sur les moyens d’y répondre, à un champ de bataille qui s’étend maintenant à l’infini ? Les responsables et penseurs pour la paix ont encore beaucoup de travail qui les attend.

Le difficile maintien de la paix dans le monde

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Casques bleus en OMP au Mali

L’ONU. Une institution internationale créée en 1950 sur les décombres d’une SDN ayant montré ses limites en ce qu’elle n’est pas parvenue à empêcher la Seconde Guerre mondiale. L’ONU est dotée d’une assemblée générale, comprenant 193 pays membres à l’heure actuelle, et d’un conseil de sécurité composé de 5 membres permanents qui sont les Etats-Unis, la Fédération de Russie, la France, le Royaume-Uni et la Chine ainsi que 10 membres élus pour un mandat de deux ans par l’assemblée générale. Le but recherché par cette organisation est de pacifier les relations entre les pays en privilégiant le dialogue et la voie politique à l’utilisation de la force. Au travers de missions de protection de la population en déployant les casques bleus, sa force d’interposition, d’éducation et protection du patrimoine via l’UNESCO ou l’UNICEF, d’aide médicale et alimentaire ou de commissions d’enquêtes, l’ONU est présente dans toutes les régions qui nécessitent ce type de soutien de la part de la communauté internationale, autant dire que l’ONU est basée dans le monde entier. Les missions de l’ONU semblent se répéter inlassablement voire se multiplier depuis un peu plus d’une dizaine d’année. Si l’on ne prend que les opérations de maintien de la paix (OMP), elles n’ont représenté pas moins de sept milliards de dollars US entre le premier juillet 2012 et le 30 juin 2013. Les situations au Moyen-Orient avec le conflit syrien et la guerre civile irakienne notamment, ou en Afrique avec les opérations au Mali et en Centrafrique qui ne semblent que s’ajouter à des conflits et problématiques faisant rage depuis plusieurs décennies ne nous permettent pas de nous imaginer qu’une organisation internationale telle que l’ONU, malgré beaucoup de moyens, arrive à atteindre ses objectifs.

Le conseil de sécurité, composé des pays cités plus haut, est la représentation, en ce qui concerne ses membres permanents, de l’ordre mondial hérité de la fin de la Seconde Guerre mondiale et du début de la Guerre froide. Même si des interrogations se font entendre sur la légitimité actuelle des membres permanents du conseil de sécurité au vu de l’ordre géopolitique du temps, force est de constater que ces cinq pays sont des Etats riche et ce malgré la crise. Cette richesse s’illustre notamment par les dix principaux contributeurs au budget des OMP en 2016 qui sont dans l’ordre : Les Etats-Unis, la Chine, le Japon, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Fédération de Russie, l’Italie, le Canada et l’Espagne. Un conseil de sécurité composé de ces cinq membres plus dix membres élus par l’assemblée générale de l’ONU parait donc tout à fait à même d’impulser des politiques et des opérations fortes afin de servir l’objectif suprême de cette organisation qui est la mise en place de relations pacifiées entre les Etats et les peuples et la protection des populations.

Le long processus de lutte contre la prolifération des armes à feu

Pour l’Organisation des Nations Unies, la lutte contre la prolifération des armes, peut importe le calibre et la capacité destructrice, fait partie des objectifs principaux de cette organisation internationale. En effet, ce processus de désarmement existe depuis longtemps. Il parait pertinent ici de retracer un petit historique des initiatives à ce sujet. L’histoire du contrôle des armes commence dès la fin de la Première Guerre mondiale avec notamment le traité de Versailles qui impose une interdiction de réarmement à l’Allemagne. Toutefois, force est de constater que ce traité n’a pas eu les effets escomptés conformément aux propos du président Wilson qui trouvait les clauses de ce traité trop restrictives et néfaste pour l’équilibre du monde et la pérennisation de la paix. Dans les années 20-30, la Société des Nations a entamé un processus dans ce sens en commençant des négociations sur la réduction des armements nationaux et la transparence du transfert des armes ainsi qu’en lançant la Conférence mondiale du désarmement (1932-1937) ayant pour but de signer un traité sur un désarmement mondial mais le retrait de l’Allemagne en 1933 de ces discussions sonne le glas de l’initiative. Après la Seconde Guerre mondiale, des initiatives lancées notamment par les pays occidentaux tentèrent de limiter et contrôler les transferts d’armement et de technologies via le Comité de coordination pour le contrôle multilatéral des exportations stratégiques (COCOM). Le but de cette manœuvre était surtout de ne pas voir une technologie destructrice tomber entre les mains d’un pays du bloc communiste. En 1981, un protocole est signé à l’ONU sur les armes inhumaines, en particulier les mines antipersonnel en particulier au travers de la Convention sur les armes inhumaines complétée par la Convention d’Ottawa de 1997. Ce projet est toutefois un échec, nous pouvons le remarquer avec les chiffres hallucinants de mines et bombes à sous-munitions présentent dans le monde. Pour exemple, les chiffres en Angola font état de 9 000 000 à 11 000 000 de mines et bombes à sous-munitions pour une population de 11 000 000 d’habitants. Depuis les années 1990-2000, les conventions et discussions de l’ONU porte plus particulièrement sur le contrôle des technologies de missiles, le transfert de missiles et de technologies pouvant porter des charges explosives d’au moins 500 kg font partie des plus importants transferts de notre monde actuel.

Un coût non-négligeable des opérations de maintien de la paix

En ce qui concerne les opérations de maintien de la paix de l’ONU, nous pouvons les compter au nombre de 15 à l’heure actuelle sur tous les continents mais plus particulièrement en Afrique. Les opérations de maintien de la paix se font via la force d’interposition des Nations Unies que sont les casques bleus. Elles représentent un budget d’environ 7 à 8 milliards de dollars US (chiffres avancés pour la seule année 2016). Les principaux contributeurs à ce budget sont, dans l’ordre, les Etats-Unis, la Chine, le Japon, l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Fédération de Russie, l’Italie, le Canada et l’Espagne. Comme cela fut évoqué précédemment, les théâtres de ces OPM sont dans le monde entier (Liban, Soudan, Golan, Darfour, Kosovo, Liberia, Sahara occidental, Centrafrique, Mali, Soudan du Sud, Haïti, RDC, Côte d’Ivoire, Chypre, Inde et Pakistan, Moyen Orient). Nous pouvons cependant constater que ces opérations se déroulent, pour la plupart, dans des pays où la prolifération des armes est un fléau. S’ajoutent à ces opérations de maintien de la paix onusiennes, des initiatives d’Etats comme celles de la France au Mali, en Centrafrique, à la frontière libyenne, ou la mise en place de coalitions pour lutter contre un ennemi commun comme celle en Irak et en Syrie qui luttent contre Daech qui sont, pour la plupart, faites avec l’assentiment du Conseil de Sécurité de l’ONU. Ces missions, si l’on ne prend que l’exemple de la France, coûteraient 1,1 milliard d’euros par an – la Cour des Comptes estime qu’un surcoût est toujours observé et que les chiffres avancés par le ministère de la Défense et celui de l’économie manquent de transparence et d’honnêteté – coût non négligeable pour un pays en crise.

Nous avons donc vu ici un effort non négligeable de la communauté internationale en ce qui concerne le maintien de la paix et les politiques de non prolifération des armes à feu. Il reste cependant un paradoxe, comment, malgré un renforcement des arsenaux juridiques en matière de contrôle des armes, les ventes d’armes sont en constante augmentation ?

Ban Ki-Moon : fin d’un mandat

Ban Ki-Moon, secrétaire générale des Nations-Unis ouvrait sa dernière assemblée générale des Nations-Unis le 20 Décembre. A la tête de l’ONU depuis 10 ans avec deux mandats, il laissera sa place à Antonio Guterres qui entre en fonction le 1er Janvier 2017.

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Le Secretaire général Ban Ki-moon fait ses adieux aux délégués, fonctionnaires de l’ONU et autres responsables de haut rang au siège des Nations Unies à New York. Photo ONU/Amanda Voisardrer

Son bilan reflète la faible influence de Ban Ki-Moon et l’ONU à imposer un leadership dans les relations internationale. Le bilan deux mandats du 8ème secrétaire générale montre l’échec de la politique complice pratiqué depuis 10 ans.

L’ONU et la crise syrienne.

« C’est mon plus grand regret  » Ban Ki-Moon à propos de la guerre en Syrie, le 13 Décembre 2016.

La crise syrienne est l’exemple le plus marquant de la politique de Ban Ki-Moon. Le Veto de la Russie dans les négociations de paix a gelé toutes les tentatives pour trouver une fin pacifique à ce conflit. Mais l’ONU n’a pas réussi à s’imposer face aux grandes puissances membres du conseil de sécurité. Cette crise reflète également son incapacité à prendre des décisions, il aura fallu attendre 1 an avant qu’un représentant spécial soit nommé. Représentant qui changera trois fois, Kofi Annan fut le premier, suivi par Lakhdar Brahimi et Staffan de Mistura.
L’action de Ban Ki-Moon s’est résumée à des critiques et des accusations, comme l’accusation de « crime contre l’humanité » lancé contre Bachar Al-Assad. Accusation qui n’aura rien changé dans le conflit. Ban Ki-Moon ne s’est jamais déplacé en personne en Syrie.

L’incapacité de l’ONU à diriger les négociations internationales ou à prendre de vraies mesures. Notamment bloqué par les Veto des membres du conseil de sécurité. Comment l’ONU peut-elle garantir une paix et sécurité quand le conseil est constamment gelé par la Russie, la Chine ou encore les États-Unis.
Au Soudan du Sud l’ONU n’a pas été capable de mener une politique commune d’embargo sur les armes.
Au Yemen, l’Arabie Saoudite, qui mène une coalition militaire contre les rebelles Houthistes a bombardé des écoles et des hôpitaux. On compte à ce jour environ 11 000 morts, dont 1000 enfants. L’ONU a immédiatement condamné ces bombardements en plaçant l’Arabie Saoudite sur la liste noire des pays violant les droits des enfants. Riyad a juste eu à menacer l’ONU de couper ses financements. Ban Ki-Moon l’a officiellement retiré de la liste par la suite.

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Ruines de maisons détruites par les frappes saoudiennes sur l’aéroport de Sanaa, jeudi 26 mars. Crédit : KHALED ABDULLAH/REUTERS

L’ONU et le terrorisme

Ban Ki-Moon n’aura également pas réussi à donner une définition du terrorisme durant son mandat. Jugeant la question beaucoup trop politique pour en débattre avec les 193 pays membres. La seule mesure mise en place est un plan de lutte contre l’extrémisme. On peut souligner l’inexistence d’un représentant des Nation-Unis sur la question du terrorisme, alors que 7 des 16 missions de l’ONU dans le monde se font dans un contexte de menace terroriste.

Crise des réfugiés

Face à la crise des réfugiés, Ban Ki-Moon a été également inefficace. 65 millions de réfugiés dans le monde en 2016. C’est la plus grande crise dont l’ONU a dut faire face depuis 1945. Pourtant on peut noter le déplacement à plusieurs reprises du secrétaire générale en Grèce pour mobiliser la communauté internationale autour de cette question tout en dénonçant les traitements subi par les réfugiés et l’accord entre l’Union Européenne et la Turquie.
Le sommet spécial sur les réfugiés fût également un échec étant donné son report à 2018.
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En visite sur l’île de Lesbos, Ban Ki-Moon a critiqué l’accord conclu entre l’UE et la Turquie, qui prévoit le renvoi des migrants arrivés illégalement. Manolis Lagoutaris / AP

Quelques points positifs

Malgré la politique inefficace des Nation-Unis face aux crises de cette année. Ban Ki-Moon aura cependant réussi à faire avancer le débat sur le climat. A force de visite répété au Groenland ou dans les Îles Kirihati et les efforts de mobilisation déployé ont conduit à la signature en France de la COP21, qualifié d’accord historique.
Ban Ki-Moon est également un grand défenseur des droits des femmes, mais également des homosexuels, bisexuels et transgenre. Il a notamment donné les mêmes droits aux personnes LGBT à l’ONU. Ajoutez à cela la création de l’ONU femme en 2010. Et la création d’un rapporteur pour les personnes LGBT.
Les deux mandats de Ban Ki-Moon ont vu la diminution de la pauvreté et de la mortalité, mais également un fossé grandissant entre le continent africain et le reste du monde. Il défend pour la fin de son mandat 17 objectifs à atteindre pour 2030 qui permettraient de changer le monde.
Mais ce que l’on retient c’est l’inefficacité des Nations-Unis dans les conflits internationaux et à s’imposer.

Situation alarmante des autochtones canadiens.

 « Jamais nous n’atteindrons les objectifs de développement durable si nous ne parvenons pas à répondre aux besoins des peuples autochtones en matière d’éducation. « Ban Ki-moon, Secrétaire général de l’ONU

Le 10 Mai 2016 le gouvernement canadien de Justin Trudeau a finalement accepté la déclaration des Nation-Unis sur les droits des peuples autochtones. Au cours de cette annonce, la ministre des Affaires autochtones et du Nord, Carolyn Benett avait affirmé l’engagement total de son gouvernement à mettre en œuvre la Déclaration en partenariat avec les Premières Nations, la Nation métisse et les Inuits

Car le gouvernement canadien est l’un des seuls pays en 2007 à avoir refusé cette déclaration lors de l’assemblée générale des Nation-Unis. Cette déclaration n’est pas juridiquement contraignante mais énumère les droits des peuples autochtones dans le monde, en matière de langues, culture et de traditions, d’identité, de santé et d’éducation.

« Les peuples autochtones sont égaux à tous les autres peuples, tout en reconnaissant le droit de tous les peuples d’être différent, de s’estimer différent et d’être respecté en tant que tels… » extrait de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones

L’ONU tient aujourd’hui à rappeler au gouvernement canadien son engagement face aux peuples autochtones et face à la crise qui touche ce peuple depuis des générations.

Situation toujours alarmante :

En effet le peuple autochtone navigue entre surpopulation et des logements en piteux états dans les réserves indiennes. Au moins 1 autochtone sur 5 vit dans un logement surpeuplé d’après un rapporteur de l’ONU lors d’un tour des réserves autochtones du Canada.

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Une maison dans la réserve autochtone de Wasagamack  Photo : Karen Paul/Ici Radio-Canadar une légende

Une femme autochtone a 8 fois plus de risque de se faire assassiner que dans le reste du Canada. Un groupe civil appelé « Drag The Red » s’est créée et est chargé de fouiller le Saint-Laurent à la recherche des femmes autochtones qui disparaissent tous les jours au Canada.

On sait que 25 % des enfants autochtones du Canada vivent dans la pauvreté, mais dans la région du Manitoba, c’est 62 % des enfants autochtones qui vivent sous le seuil de pauvreté. La province a également le plus bas taux de diplômés du secondaire parmi les Premières Nations du Canada. Le taux de bénéficiaires de l’aide sociale y est également le plus élevé au Canada. Dans certaines communautés, 80 %

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Crédit : Radio-Canada

On peut également souligner qu’en Juin 2015 le Canada était accusé de « génocide culturelle » par la Commission de vérité et réconciliation chargé d’enquêter sur les pensionnats canadien pour autochtone. Les pouvoirs publics ont séparé les parents indigènes de leurs enfants jusqu’à la fin des années 1960 et le dernier “pensionnat autochtone” a été fermé en 1996. 150 000 enfants âgés d’environ 8 ans ont étés placés durant cette période et ont subis des violences psychologiques et physique afin de détruire cette culture autochtone.

Le CETA déroulement (2/2)

Pour comprendre la mise en place d’un tel projet. Il faut revenir sur sa création et les différentes étapes qui ont permis de voir le jour, ainsi que les obstacles rencontrés.


L’origine du L’accord économique et commercial global (AECG) ou plus connus comme Comprehensive Economic and Trade agreement (CETA) date du 6 Mai 2009 au sommet de Prague entre l’Union-européenne et le Canada. Ce débat fait suite à la publication en Octobre 2008 de l’étude mené par une commission euro-canadienne sur la mise en valeur de larges bénéfices possibles entre les deux partenaires, étude appelé « Assessing the Costs and Benefits of a closer EU-Canada Economic Partnership ».

Le CETA est alors présenté le 26 Septembre 2014 lors d’un sommet à Ottawa. Il est accepté et n’attendait plus que la traduction en 23 langues pour que chaque ministre des 28 pays Européens l’accepte. Mais une vive polémique secouant le projet va pousser la commission euro-canadienne à proposer une version finale de l’accord en Février 2016.

C’est le 18 Octobre 2016 que la première ratification par les 28 ministres du commerce européens a eu lieu. Mais plusieurs pays vont bloquer sa ratification. Tout d’abord le gouvernement Belge fût bloqué par le veto de la Wallonie. Le système Belge permet aux régions de posséder un droit de blocage. C’est au tour de la Roumanie et de la Bulgarie ensuite d’avoir des réserves, notamment sur les visas de ses ressortissants vers le Canada.
Le 21 Octobre la Wallonie bloque encore la ratification du CETA, la Roumanie et la Bulgarie, quant à eux, ont finalement trouvé un accord avec le Canada.

C’est après que la représentante du Canada ai jeté l’éponge en déclarant que l’Europe n’était pas prête à signer un accord de ce genre et l’annonce de l’annulation de la signature du traité, prévu le 27 Octobre, que la Belgique obtient l’accord de la Wallonie par une retouche du traité et accepté par le Canada. Le traité est enfin signé le 30 Octobre 2016.

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Il reste cependant plusieurs étapes avant que le traité ne soit totalement accepté par l’Europe.

  • 2ème étapes : Ratification par les 27 membres du parlement européen. Prévu en Janvier 2017, la ratification semble déjà prendre du retard car 3 commissions européennes sont opposés à l’accord.
  • 3ème étapes : Après la ratification par le parlement le projet devra être ratifié par les 38 gouvernements nationaux et régionaux des pays membres de l’Union Européenne (l’Assemblé nationale et le Sénat français compris).

Une particularité du CETA est la mise en application d’une partie de l’accord dès la ratification par le parlement européen et sans attendre l’approbation par les gouvernements nationaux et régionaux. Ceci étant accepté par les gouvernements européen car exigé par le Canada.

Il ne reste plus qu’à attendre les deux dernières étapes du processus pour connaitre la position des dirigeants européens et si ils se rallient au opposants qui craignent les tribunaux d’arbitrage ou encore la perte de notre agriculture et la possibilité que des entreprises américaines profitent de l’accord en passant par le Canada.