Snowden d’Oliver Stone, une remise en cause de l’éthique du gouvernement américain

Sorti le 2 novembre dernier, Snowden, le nouveau biopic du réalisateur américain Oliver Stone, retrace les péripéties de l’analyste de la NSA, Edward Snowden, qui a révélé au monde entier le 6 juin 2013 lors d’une réunion secrète en compagnie de journalistes du Guardian et du Washington Post, les dessous de la surveillance opérée par le gouvernement américain par le biais de la NSA.

 Un réalisateur pointant du doigt les dérives du système :

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Affiche du film « Snowden »

Oliver Stone est connu pour son goût des films narrant les excès et les dysfonctionnements de la société américaine. Le réalisateur septuagénaire n’a de cesse d’aborder des thèmes qui ont marqué les périodes les plus sombres de l’histoire de l’Amérique. Après des thèmes tels que la guerre du Vietnam, l’ultra compétitivité de Wall Street, l’assassinat de JFK, ou bien encore le Watergate, le cinéaste s’est atteler à l’histoire de l’ancien analyste de la NSA, Edward Snowden, et de ses révélations fracassantes concernant la surveillance opérée par la NSA.

Le film est salué unanimement pour sa volonté réaliste. Edward Snowden y est décrit comme un homme ordinaire, ayant pris la lourde décision de divulguer des informations confidentielles concernant les méthodes de surveillance de la NSA, lui causant ainsi la perte de son emploi, et son expatriation en Russie.

Le film se veut modeste dans sa réalisation, en ne se concentrant que sur la sensation angoissante d’un jeune homme ayant découvert et révéler au monde des informations secrètes, au risque de sa vie.

Snowden perdure la tendance actuelle (War Dogs / The Big Short / 13 Heures) des productions hollywoodiennes qui pointent du doigt un système friable et malhonnête, ou la dangerosité du numérique se fait de plus en plus grande. Oliver Stone souhaite comme à son habitude et il aime le répéter, informer ses spectateurs du danger d’un gouvernement qui se veut protecteur, et qui, contre toute morale éthique, se permet de surveiller n’importe qui jusque dans sa vie privée.

Une histoire récente qui raisonne encore dans les esprits :

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Photo : J. Scott Applewhite/Associated Press

 La particularité de Snowden est la suivante : le film raconte un évènement survenu seulement 3 ans auparavant. En ce sens, et en mesure du scandale suscité par les révélations en question, le film jouit d’une force médiatique particulière.

En effet, en juin 2013, Edward Snowden donne rendez vous dans un hôtel de Hong Kong à des journalistes américains du Washington Post et du Guardian afin de leur donner des informations uniques. Ainsi, le monde entier apprend que la NSA possède plus de 70 % des données des différents opérateurs mobiles mondiaux, et qu’ils sont capables d’intercepter n’importe quel message, mail, appel, photos, vidéos, mais qu’ils peuvent aussi usurper une identité en recopiant les métadonnées obtenues et ainsi se renseigner sur quelqu’un en se faisant passer pour une de ses connaissances.

Edward Snowden révèle également que la NSA agissait en étroite coopération avec le FBI, la CIA, ainsi qu’avec le gouvernement britannique, français, allemand, ainsi que beaucoup d’autres pays alliés aux Etats-Unis. La révélation donne lieu à une vive réaction de la part des différents pays.

Le film, par l’intermédiaire de ses personnages, dénonce un gouvernement qui outrepasse ses droits afin de promettre un gage de sécurité auprès de sa population alors que cela relève de l’impossible. Snowden est une critique constante d’un système dirigé par des individus totalement en inéquation avec les besoins réels, incapable de comprendre la réalité du danger auquel ils s’attachent. La présidence d’Obama, y est largement remise en cause, notamment vis à vis de ses promesses successives entendus lors de sa campagne de 2008. La particularité du film est de ne pas se focalisé sur les révélations de juin 2013, mais aussi de montre les conséquences de son choix drastique. Car après avoir fait le choix sans retour possible, de divulguer des informations confidentielles de la NSA, Edward Snowden s’est vu contraint de devoir s’exiler à Hong Kong puis Moscou, et est actuellement toujours sous la crainte de devoir être rapatrié aux Etats-Unis.

Seul bémol, Snowden s’attache à énoncer une affaire d’état très récente, voir trop. Ceci a valu au film un manque de recul visible (beaucoup trop d’importance aux sentiments, pas assez à l’affaire en elle même) qui ne lui permet pas d’innover réellement. De par son style académique et maîtrisé dans son ensemble, Snowden reste une bonne façon d ‘apprendre l’affaire des écoutes de la NSA révélée en 2013. Cependant, le film n’ose pas s’aventurer au delà du politiquement correct dans la mesure ou toute les révélations et documents donnés par Edward Snowden ne sont pas encore analysés. De ce fait, le film apporte une vision plus claire sur des évènements connus, sans pour autant apporter une réelle plus value sur des informations encore méconnues de tous.

 

Jean BENOIT

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