La conquête de l’espace

Dans l’art militaire, la maîtrise du point géographique le plus haut était considéré comme un avantage stratégique majeur. Sous l’Antiquité, la montagne représentait cet atout, qui permettait de dominer son adversaire. Aujourd’hui, l’espace, le point le plus haut, détermine ce nouvel enjeu de domination des positions terrestres.

      La Seconde Guerre Mondiale a été le point de départ des intentions humaines d’exploiter l’espace aérien après les premiers succès de l’aviation au début du XXème siècle. D’abord avec la création par l’Allemagne nazie de l’arme de guerre: missiles V2 qui permettait d’atteindre son adversaire à distance. Ensuite avec la mise en place d’un monde bipolaire régit par la puissance américaine et soviétique, qui a fait de l’espace un théâtre d’affrontement prioritaire. Le président américain John F. Kennedy avait présenté l’espace comme la «nouvelle frontière» des États-Unis.

Le 4 octobre 1957, le lancement de Spoutnik, le satellite russe, et l’enregistrement du signal au dessus du territoire américain est perçu comme une menace par l’impact médiatique pour sa sanctuarisation nationale. Mais la course à l’espace est remporté par les États-Unis, en réponse à Youri Gargarine, le 21 juillet 1969, Neil Amstrong foule pour la première fois le sol lunaire. Le progrès spatial est instrumentalisé comme forme de puissance servant à la fois l’idéologie communiste et capitaliste.

Après les affrontements glacials de la guerre froide qui ont servit les progrès scientifiques, l’espace est désormais ouvert aux pays désireux de repousser les limites de leurs frontières conventionnelles. Aujourd’hui, les États-Unis, la Russie, l’Union Européenne, le Japon, la Chine et l’Inde ont la capacité de produire et de lancer des fusées. Aussi, une cinquantaine de pays ont un satellite placé en orbite de 150 à 40 000 km d’altitude. Nombreux sont les domaines touchés par les exploits d’avancée spatiales: biologie, météorologie, sismologie, astronomie, climatologie, navigation, localisation… et cela renforce la défense et la sécurité en témoigne par exemple le satellite de reconnaissance français Helios. La station spatiale internationale, projet lancé en 1983, où coopère 13 nations différentes, dessine une solidarité spatiale afin de pérenniser la vie sur Terre.

Désormais l’espace se démocratise puisque, de son exploration a découlé un tourisme accessible aux personnes les plus riches dans un cadre non professionnel. Le 28 avril 2001, le californien Dennis Tito devient le premier touriste de l’espace en échangeant son billet contre la somme de 20 millions de dollars pour la mission Soyouz TM-32, un voyage d’une semaine autour de la Terre.

Après la Lune et Mars, la course aux étoiles est amorcée et seule le temps et l’argent peuvent être un frein à l’exploration de ce jeune espace géopolitique. L’espace à changé de statut, de frontière à banlieue, de hostile à hospitalier et de vierge à exploité. La conquête de l’espace est signe d’ambition, de prestige et de projection de l’Homme. Cela ouvre possiblement une nouvelle ère à l’humanité, dans un futur proche, celle de la vie dans l’espace extra-atmosphérique.

esp

~ Satellites et débris spatiaux en orbite autour de la Terre ( Source : futurascience.com)

«La Terre est le berceau de l’humanité, mais on ne passe pas sa vie entière dans un berceau.»

~ Constantin Tsiolkovsky, scientifique russe, 1911

Louis Lécuyer

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