« La Course à l’Arctique » : un enjeu du XXIème siècle

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L’Océan Arctique (crédit Photo : Wikimedia Commons)

L’océan Arctique est devenu, depuis le début du XXIème siècle, un théâtre aux enjeux politiques et économiques. Il est aussi d’une importance prépondérante pour ses ressources.

L’espace Arctique représente aujourd’hui, environ six fois la Mer Méditerranée et s’étend sur 14 millions de kilomètres carrés. Avec le réchauffement climatique et la fonte des glaces, la région arctique se réduit peu à peu.

Les gouvernements des pays présents dans cette zone géographique, cherchent donc à accélérer leurs politiques et ainsi imposer leur contrôle.

C’est pourquoi les états riverains, comme la Russie, le Canada, les Etats-Unis, le Danemark (Groenland) et la Norvège (Archipel du Spitzberg et Svalbard), se disputent les espaces et surtout les ressources de la région.

Il est vrai que dans cette dernière, il est possible de trouver et d’extraire aujourd’hui, des ressources à la fois minières et énergétiques telles que le pétrole, le gaz, le plomb, le zinc, l’uranium, l’argent ou encore le diamant.

L’institut Américain de recherche géologique (United States Geological Survey) estime que l’Arctique possèderait encore 22% de ressources naturelles exploitables. Il ajoute que cela représenterait 90 milliards de barils de pétrole selon les recherches publiées en Juillet 2016. Ces ressources sont cependant dites « non découvertes mais exploitables ».

Donald Gautier, géologue pour cet institut, estime que la majorité du pétrole est à extraire du territoire américain, de l’Alaska. A contrario, ce sont les territoires Russes, du bassin de Barents et de la Sibérie qui possèderaient le plus de gaz.

Ce sont ces enjeux environnementaux qui attirent l’attention des gouvernements des pays riverains. En effet l’extraction pétrolière est prépondérante pour les économies.

Pour cela, des revendications territoriales sont disputées afin d’obtenir le contrôle sur certaines parties de l’espace arctique. Fréquemment, ces requêtes visent des territoires pétroliers, ou riches en ressources naturelles.

L’objectif pour ces puissances est de revendiquer un territoire en vue d’une préparation à cette extraction.

Tel en est l’exemple de la Russie qui souhaiterait s’approprier un territoire partant du centre du Pôle Nord, vers la Russie, qui suit la Dorsale de Lomonosov. Pour la Russie, il s’agit d’étendre son influence et ses frontières afin d’être libre pour l’exploitation des ressources.C’est pourquoi il existe un conseil de l’Arctique composé de 8 pays :

Les États-Unis, le Canada, la Russie, le Danemark, la Norvège, l’Islande, la Suède et la Finlande.

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Réunion du Conseil de l’Arctique (crédit photo : Wikimédia Commons)

Il a été créé en 1996, pour coordonner les actions dans la région entre les différents pays états, notamment en matière de développement durable et de protection de l’environnement.

Ce sont les Etats-Unis qui assurent la présidence pour les années 2016 et 2017, une rotation s’effectuant tous les deux ans entre ces nations.

Les conditions climatiques et techniques ne sont pas encore totalement opérationnelles et freinent l’avancée de l’exploitation des ressources dans cette région.

De plus, le Président Américain, Barack Obama, a déclaré le 18 novembre dernier qu’il n’y aurait pas d’extraction pétrolière jusqu’en 2022, puisque toutes les demandes de concessions pétrolières ne seront pas examinées.

Cette décision fait écho à une volonté de protéger l’environnement polaire. En effet, les extractions sont importantes pour l’économie mondiale mais à ont un double effet, puisqu’elles fragilisent l’équilibre environnemental et accélèrent sa dégradation.

Le dessin de nouvelles frontières.

Cette extraction et ces enjeux économiques et financiers dépendent donc de la question politique. Celle-ci découle de la Convention de Montego Bay de 1982 ayant instauré le Droit de la Mer qui régit le monde d’aujourd’hui.

Ce sont les décisions prises lors de cette convention des Nations unies qui s’appliquent toujours aujourd’hui à l’Arctique.

Cette convention a imposé les frontières maritimes avec l’apparition de trois notions :

  • le plateau continental
  • la mer territoriale
  • la zone économique exclusive (ZEE)

Cette ZEE impose un grand changement à la question des frontières maritimes.

Cela signifie que les pays peuvent étendre leur frontière jusqu’à 200 milles marins (environ 370 km) voire plus avec le plateau continental.

Pour l’Arctique, qui est un territoire restreint géographiquement, les pays riverains ont alors revendiqué cette ZEE pour imposer leur contrôle sur les ressources et les voies maritimes qui leur appartenaient. Cela a réduit les eaux internationales dans la région du Pôle Nord.

Mais cette convention de Montego Bay implique aussi une augmentation des revendications territoriales que seul l’Organisation des Nations Unies (ONU) peut juger.

L’ouverture de nouvelles possibilités de passages

La résultante principale du changement climatique et de la fonte des glaces dans la région Arctique est l’ouverture de nouvelles voies maritimes.

Ces dernières deviennent aujourd’hui un enjeu majeur des politiques menées dans la région. En effet, elles posent la question économique d’une réduction des temps de voyages pour les relations commerciales.

Par exemple, le passage Nord-Est, qui est aussi appelé la route maritime du Nord, permet de relier l’Océan Atlantique et le Pacifique en longeant les côtes Sibériennes. Ainsi le voyage Rotterdam-Yokohama, long de 11 200 milles nautiques, s’effectuerait par le Passage Nord-Est en 6 500 milles seulement.

Il y a ici une réduction du temps de voyage pour le commerce entre l’Europe et l’Asie.

Les pays riverains de l’Arctique essayent donc de revendiquer des territoires et de nouvelles voies maritimes pour ainsi en contrôler une partie.

C’est ainsi que la Norvège a saisi la Commission des Nations Unies sur les limites du plateau Continental (CLPC).

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Base d’étude pour l’exploitation des ressources en Arctique des pays riverains (Crédit Photo : Wikimedia Commons)

La Russie, elle, demande une extension jusqu’au point du Pôle Nord, en lui même. Ces pays estiment que ces territoires de l’espace de l’Arctique sont des extensions naturelles de leurs sols.

L’Arctique devient un territoire attractif et également le théâtre d’une course politique et économique.

Pierre Bréhu

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