Chili, Pérou, Bolivie : 180 ans de conflit (2/2) : La Bolivie, un combat pour un accès maritime

Dia del Mar.jpgDia del Mar – Fundación Cultural Alfredo Soliz Béjar

 

Une revendication nationale, ciment du pays

Chaque année, le 23 Mars, la Bolivie commémore la perte de sa façade maritime suite à la guerre du Pacifique. Cet évènement national permet de souder tout un pays autour d’une cause commune. C’est sur cela que décide de s’appuyer le président bolivien Evo Morales. En effet, le président doit faire face à de nombreuses contestations politiques ainsi qu’à des revendications sociales de plus en plus violentes. Ce dernier espère que l’intérêt collectif lui fera obtenir les alliés nécessaires pour surmonter les contestations.

 

Arguments et contre-arguments des différentes parties

Tout comme le Pérou, la Bolivie demande l’aide de la Cour Internationale afin de régler son différent maritime avec le Chili. Avec la perte de sa façade maritime, le Pérou est devenu un pays enclavé, dépendants d’autres pays malgré sa marine nationale qui ne navigue pour l’instant que sur le lac Titicaca. Le Pérou met en avant la perte d’une grande partie de son potentiel économique face à l’obtention par le Chili de territoires riches en ressources. Du côté du Chili on considère que les traités du XXème siècle ont définitivement réglé le différent et que la Bolivie n’a plus aucun droit d’accès à la mer à ce jour.

Le 21 Septembre 2016, la Cour Internationale de Justice publie une ordonnance intitulée : ‘‘Obligation de négocier un accès à l’océan pacifique’’. Dans cette ordonnance, la Cour a autorisé les parties à présenter ‘‘une réplique par le demandeur et d’une duplique par le défendeur’’[1].  Ainsi, la Bolivie dispose jusqu’au 21 Mars 2017 pour préparer sa réplique et le Chili dispose jusqu’au 21 Septembre 2017 pour écrire sa duplique.

 

Les intérêts économiques internationaux

Si les intérêts des deux pays est notable, d’autres gouvernements s’intéressent de près au déroulement de cette affaire. Le Brésil, pays émergent se voulant fer de lance du continent sud-américain, exporte de plus en plus vers le continent asiatique et notamment vers la Chine. Or le transport des marchandises serait beaucoup plus profitable économiquement s’il passait par la Bolivie plutôt que par le canal de Panamá, surtout si celle-ci possédait un port.

De même le Japon et la Chine se tiennent très informés de l’évolution de l’affaire étant donné qu’un port bolivien ferait considérablement baisser les coûts de transport vers le Brésil et l’Argentine, les deux plus grosses économies d’Amérique du Sud.

 

[1] Ordonnance de la Cour Internationale de Justice du 21 septembre 2016, Rôle général n° 153

 

Justine LAUNAY

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