La stratégie navale chinoise

Selon un vieux proverbe chinois « Quand il y a sept timoniers sur huit marins, le navire sombre. » Il faut comprendre ici, que la direction d’un navire doit se prendre par un unique décideur, le reste de l’équipage se charge de faire avancer le bâtiment. La Marine chinoise actuelle est orienté ainsi, par un PCC qui entend imposer au monde son hégémonie maritime. En effet, les interfaces maritimes de ce monde ont une importance stratégique majeure puisque comme l’expliquait Walter Raleig – explorateur anglais (1552-1618) qui introduisit le tabac en Angleterre – «Qui tient la mer tient le commerce du monde; qui tient le commerce tient la richesse; qui tient la richesse du monde tient le monde lui-même».

La Chine l’a bien compris. Son budget et arsenal militaire marin est en évolution croissante, elle compte actuellement plus de 500 navires et plus de 250 000 hommes. Face à la présence de la VII ème flotte de l’United States Navy dans le Pacifique Ouest et l’Océan Indien, la Chine déploie peu à peu ses pions sur le vaste échiquier marin. Deuxième puissance maritime mondiale, derrière les États-Unis, la Chine vogue désormais sur les océans, n’en déplaisent à ses rivaux et voisins.

De ce fait une saveur d’impérialisme chinois se ressent en mer de Chine afin de garantir les revendications territoriales sur plusieurs archipels : Diayoyu, Sprateley, Paracel, le Récif de Scarborough, convoités par le Japon, Taiwan, le Viet Nam et les Philippines… Le contrôle de ces îles est essentiel puisqu’elles sont des réserves halieutiques importantes et servent de verrou stratégique en Mer de Chine Méridionale vers l’Océan Indien, notamment au niveau du détroit de Malacca.

Depuis plusieurs années la flotte chinoise déplace progressivement son centre de gravité vers l’Océan Indien, qui permet de faire le lien entre le continent asiatique et les continents africain et européen. Ces «nouvelles routes de la Soie» sont à vocation économique, évidemment, mais aussi sécuritaire, puisque la piraterie somalienne sévit dans le Golf d’Aden, au large des côtes somaliennes et compromet l’afflux de marchandise. Pour cela la marine chinoise crée des bases militaires appelées «collier de perles» (cf carte). Aussi, ces installations portuaires chinoises au Pakistan, Bangladesh, Sri lanka et Birmanie visent à encercler l’Inde, qui est sa puissance démographique rivale et ainsi gardent un œil sur les manœuvres militaires indienne, en évolution croissante également.

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~Le collier de perles (source Arte)

Alors, la stratégie de la marine chinoise est claire, inonder les océans de ses navires et faire de ceux-ci un atout face à ses rivaux qu’ils soient locaux, régionaux ou mondiaux. La Chine et son armée d’un millions d’hommes, entend désormais devenir une thalassocratie. Devant les rivalités politiques, économiques et désormais maritimes, les puissances américaine et chinoise peuvent établir un nouveau théâtre d’affrontement. Un climat orageux plane sur un océan pacifique qui ne l’est a priori que de nom.

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