Notre Dame des Landes : Un projet encore et toujours en suspend

Le rapporteur public de la cour administrative d’appel de Nantes a demandé, lundi 7 novembre 2016, l’annulation de quatre arrêtés essentiels au début des travaux. La réponse interviendra lundi 14 novembre. D’un côté, les réticents à ce projet qui clament que l’arrêt des travaux serait un coût financier moindre pour l’Etat, et de l’autre ceux qui sont pour la construction de l’aéroport et qui affirment que mettre fin à ce projet après tant d’années représenterait un coût financier supplémentaire pour l’Etat.

aeroport

Manifestation contre le constructeur Vinci, responsable d’une partie des travaux  Photo : AFP

Un désaccord de longue date :

Le projet de construction d’un aéroport du « Grand Ouest » à Notre Dame des Landes remonte à 1963, et face au nombreuses contestations qu’il attise, il demeure en suspend durant plus de 30 ans. Ce n’est que vers les années 2000 que l’idée de remettre en marche le projet de construction d’un aéroport internationale prêt de Nantes re-émerge chez les élus locaux. Les opposants au projet y voient plusieurs motifs d’insatisfaction.

Tout d’abord, le facteur écologique. La construction de l’aéroport est censée se faire sur une grande superficie composée de réserves naturelles abritant des espèces protégées, notamment les lézards vivipares et les campagnols amphibies. Ces réserves sont également composées de rivières, ainsi que d’une variété de faunes et de flores sensibles. Ensuite, cet aéroport fait l’objet de beaucoup d’interrogations quand à son coût réel de construction. Les opposants ont toujours critiqués le manque d’objectivité des élus locaux quand à la réalité du financement du projet, que ces derniers soutenaient. Une contre expertise financée par les opposants du projet en vient même au fait que les chiffres annoncés par l’état étaient totalement erronés (le coût se multipliant par 5), créant ainsi une tension extrême et une baisse considérable des relations et de la confiance établie entre les opposants et partisans au projet.

Enfin, les opposants disent que ce n’est pas un endroit sécurisé pour construire un aéroport. Des études montrent que le sol est trop humide et argileux. Les promoteurs du projet ont envisagés des pistes faites à base de chaux, mais cinq thèses de doctorat élaborent le fait que ces pistes risquent de se déformer après quelques mois sous le poids des avions, provoquant ainsi des coûts de réaménagement supplémentaire et avant tout, des risques d’accident non négligeable.

Vers un abandon du projet :

tracteurs

Mobilisation des agriculteurs contre la destruction des fermes aux alentours des futurs travaux  Photo : AFP

Initialement prévu pour 2013, les débuts des travaux sont actuellement encore en suspend. L’aéroport devait être finalisé en 2017 selon le syndicat de construction de l’aéroport. Mais face à la réticence continue et acharnée des opposants, les travaux n’ont jamais pu voir le jour. Actuellement, la construction demeure de plus en plus incertaine, comme en témoigne les récents propos de la Ministre de l’écologie, Ségolène Royale :  « C’est l’histoire d’un aéroport mal engagé, surdimensionné, conçu sur des études infondées (…) Un dossier défendu par des élus locaux (…) qui n’ont pas voulu écouter les objections ». Lundi 7 novembre, le rapporteur public de la cour administrative d’appel de Nantes a préconisée l’annulation de plusieurs arrêtés préfectoraux autorisant la construction d’un nouvel aéroport, dans la mesure ou cela dégraderait la qualité des eaux sur plusieurs milliers d’hectares. Cependant, elle a surpris tout le monde en proposant une « alternative crédible », qui ne dégraderait pas les ressources en eau, et qui représenterait un coût financier inférieur. En ce sens, c’est pour cela qu’elle juge qu’il faut arrêter les travaux de construction à Notre Dame des Landes. Car dit-elle : « L’État n’a jamais démontré qu’il n’existait pas d’alternative possible à Notre Dame des Landes » et que « Seule l’absence avérée d’alternative justifie des dérogations à la loi sur l’eau ».

Désormais, la cour administrative d’appel doit rendre lundi 14 novembre, une réponse très attendue. Si la cour adhère aux propos du rapporteur public, les arrêtés environnementaux (vis à vis des lois sur l’eau et sur le transfert des espèces protégés) adoptés par le préfet de Loire-Atlantique pour débuter les travaux seraient annulés. Cela représenterait un basculement considérable dans cette bataille juridique, qui promet encore de nombreux rebondissements.

 

Jean BENOIT

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