Transport stratégique et souveraineté

 

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Prototype d’A400 M – Wikipédia.org

Barkhane, Serval, Sangaris. Lancées en 2013 et 2014, ces opérations aux noms exotiques ont vu le déploiement de milliers de soldats français dans 6 pays d’Afrique (Mauritanie, Niger, Mali, Burkina-Faso, Tchad et Centrafrique. Encore en cours ou terminées, elles ont mobilisé énormément de matériels et notamment des matériels militaires.

La Marine Nationale possède des Bâtiments de Projection et de Commandement (BPC) qui peuvent embarquer les éléments les plus lourds. L’Armée de l’Air dispose du C-160 Transall, du Lockheed C-130 Hercules et depuis peu, de l’Airbus A400 M. Avec une capacité d’emport de 37 tonnes pour ce dernier, la majorité des missions peuvent être honorées. Cependant, aucun de ces avions ne peut transporter de blindé lourd tel qu’un char Leclerc qui dépasse allègrement les 50 tonnes.

La question n’est pas l’emploi de l’arme blindée en opération mais la dépendance de la France en matière de transport des « hyper-lourds ». Car si ces matériels peuvent être acheminés par la voie maritime, les contraintes tactiques d’une opération militaire, surtout en début de crise, nécessitent une capacité d’acheminement d’urgence que l’Armée française ne possède pas.

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C-17 Globemaster III en formation – Wikipédia.org

 

En effet, il existe des avions prévus pour transporter ces charges. Le Lockheed C-5 Galaxy peut transporter jusqu’à 130 tonnes de fret. Le McDonnel Douglas C-17 Globemaster III et l’Antonov An-124 respectivement 76 et jusqu’à 150 tonnes. De fabrication américaine et russe, ces appareils se sont vendus à quelques armées, mais la France ne s’en est jamais procuré. Ce qui induit une certaine dépendance vis-à-vis des transporteurs étrangers, en particulier des Etats-Unis lors des missions encadrées par l’OTAN.

Cette dépendance est, au-delà de la faiblesse stratégique qu’elle représente, une atteinte à la souveraineté nationale de la France qui se retrouve limitée dans ses choix opératifs.

En avril 2016, lors du troisième Congrès des avionneurs de Russie, le ministère de la défense russe annonçait un projet de gros-porteur supersonique nommé « PAK TA ». Disposant d’une capacité d’emport de 100 tonnes et d’une vitesse de croisière de 2 000 km/h, il permettrait de diviser le temps de transport par deux par rapport à l’An-124…

 

Pierre-Augustin Guillermet

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