Sud-Soudan : Un état jeune et instable

Depuis Juillet dernier, le Sud-Soudan est confronté à d’importants combats pour une lutte de pouvoir. Entre naufrage démocratique et problèmes humanitaires, la situation du plus jeune pays d’Afrique devient très inquiétante.

Indépendant en 2011, le Sud-Soudan est depuis plongé dans une longue guerre de pouvoir. En 2013, un conflit éclate entre le président Salva Kiir et son vice-président, qu’il soupçonne de vouloir prendre le pouvoir, Riek Machar. Ce dernier se vera dans l’obligation de s’exiler en Ethiopie. Durant 30 mois les anciens alliés de l’Armée Populaire de Libération du Sud-Soudan vont se livrer un combat qui provoquera d’importants déplacements de population et où plusieurs crimes de guerre seront commis.

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Riek Machar (à gauche) et Salva Kiir (à droite)

Crédit Photo : Reuters

Pourtant, en Avril 2015, l’espoir renaît lorsque les deux partis signent un accord de Paix à Addis-Abeba, qui implique le retour au gouvernement de Machar. Une cohabitation difficile, en juillet dernier des tirs sont échangés entre les forces gouvernementales et les forces loyales à Marchar, qui l’oblige à retourner en exile à Khartoum au Soudan.

Une guerre de pouvoir qui fragilise encore une zone déjà instable

Depuis, Juba, capitale du Sud Soudan est marqué par d’importants combats. Ce conflit de pouvoir intervient non seulement dans un pays encore instable depuis son indépendance en 2011, mais aussi dans un espace géographique et géopolitique tendu dans la région avec des zones pétrolières contestées par son voisin Soudanais. Outre l’important conflit, désormais triste et célèbre du Darfour (400 000 déplacés en 2014 selon l’UNHCR) qui s’étend du sud-ouest Soudan au nord-ouest Sud Soudan, la région fait face à une cohabitation ethnique difficile entre musulmans, chrétiens et animistes.

unmiss_wau_2016_28046229102Crédit Photo : un.org

La peur d’un conflit ethnique généralisé émerge et ce n’est pas les 12 000 casques bleus de l’opération MINUSS de l’ONU qui l’empêcheront. En effet, la mission de l’ONU au Sud Soudan qui devaient maintenir la paix et stabiliser un pays encore jeune, semble un échec, en témoigne le viol en juillet dernier de plusieurs humanitaires dans un hôtel de la capitale où plusieurs soldats ont refusé d’intervenir. Au-delà de l’échec de l’ONU c’est aussi l’échec de la chine désireuse de se distinguer dans cette mission et qui n’arrive pas à contenir les combats dans la capitale.

Des répercutions du conflit sur le plan humanitaire

Le conflit au Sud-Soudan est aujourd’hui dans l’impasse et nul doute que la situation dans le pays est très préoccupante. D’abord sur le plan humanitaire, avec un taux de réfugié de plus d’un million (4ème derrière la Syrie ; l’Afghanistan et la Somalie selon UNHCR), les pays voisins comme l’Ouganda ; le Kenya ; l’Ethiopie ; le Soudan ou encore la République Démocratique du Congo, tirent la sonnette d’alarme sur leur capacité à accueillir tout ces réfugiés. Mais le facteur le plus accablant, est la famine qui risque d’atteindre près de 4,8 millions de personnes dans les prochains mois, soit 40% de la population Sud-Soudanaise.

Alexis Vellayoudom Conéricaondin

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