Développement de l’arsenal nucléaire : Le pari risqué de Kim Jong-un

Au cours des derniers mois, Pyongyang à diversifié ses actions provocatrices : Tir d’un missile balistique court-portée depuis un sous-marin (mai 2015), Test supposé d’une bombe thermonucléaire (6 janvier 2016), le régime de Kim Jong-un n’en finit plus de multiplié les frasques militaires, qui lui vaut les foudres du Conseil de sécurité de l’ONU.

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(Photo : AFP)

La politique « Songun », fer de lance de l’ère Kim Jon-Un :

Crée par le père de Kim Jong-Il, le père de l’actuel dictateur nord-coréen, cette doctrine issue du socialisme avait pour but de donner la priorité budgétaire et industrielle au développement des moyens militaires. Elle est aujourd’hui toujours appliquée, voir renforcée. En effet, Kim Jong-Un, dans la volonté d’incarner la suite direct de son père, souhaite finir ce qu’il avait commencer : faire de la Corée du Nord, une puissance nucléaire militaire.

Le projet remonte à loin, 1950, là ou les soviétiques avaient exportés dans la péninsule asiatique 2 réacteurs pour la recherche sur la fission.

L’aboutissement pour élaborer l’arme atomique fut long, et c’est en 2006 que la Corée du Nord entame deux essais, qui glacent les esprits de la communauté internationale.

Les sanctions économiques de l’ONU sont alors inévitables, mais la Corée du Nord s’en passe car elle vit en Autarcie, avec l’aide subtile de la Chine.

Ne craignant donc pas les sanctions internationales, Pyongyang s’octroie l’initiative de procéder à la suite de son processus d’armement nucléaire, et procède à un nouveau test le 25 mai 2009. Bien évidemment, le Conseil de sécurité de l’ONU établie de nouvelles sanctions économiques, encore une fois inefficace face au régime nord-coréen, qui malgré les difficultés financières, donne toujours la priorité à l’armement même si la famine s’installe dans les campagnes.

C’est ainsi que continue la progression du développement de son arsenal atomique, et c’est le 6 janvier 2016 qu’une nouvelle étape est franchie : l’annonce d’une explosion supposée être une bombe thermonucléaire. Ce prototype de bombe demeure une évolution de la Bombe nucléaire classique (bombe A) utilisée lors d’Hiroshima et Nagasaki, et s’avère 100 fois plus puissante …

Les experts mondiaux prédisent cependant que cette explosion ne fut pas celle d’une bombe thermonucléaire, mais celle d’une bombe A « sur vitaminée », en mesure du faible onde de choc sur les sismographes. Coup de bluff ou réel progression, la Corée du Nord vient alors de marquer encore une fois, les esprits.

Depuis janvier dernier, la Corée du Nord est étroitement surveillée par Washington, qui craint une menace vis à vis de la Corée du Sud. Il est cependant difficile d’évaluer les manœuvres nord-coréennes en vue d’un prochain test, mais les images satellites depuis 6 mois montre un regain d’activité autour de sa base de recherche nucléaire à Yongbyon.

Un nouveau test sous-terrain survenu le 9 septembre démontre alors que le régime de Kim Jong-un ne compte pas s’arrêter malgré les menaces de l’ONU.

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(Photo : KCNA)

Une volonté de dissuasion :

 Depuis janvier 2016, Pyongyang affiche une volonté de progresser rapidement pour asseoir sa dissuasion nucléaire face aux Etats-Unis et la Corée du Sud, qu’elle juge hostiles.

C’est dans cet optique que de nombreux tests de missiles balistiques ont été établis, afin de pouvoir disposer d’une force de frappe nucléaire sur les autres continents.

Vendredi 14 octobre, devant l’Assemblée générale de l’Onu, le ministre Nord-Coréen Ri Yong Ho a affirmé que la dissuasion nucléaire constituait pour son pays « une mesure justifiée d’auto-défense » face « à la menace nucléaire persistante des Etats-Unis ».

Le ministre a même estimé que la péninsule coréenne était l’un des endroits « les plus dangereux du monde qui pouvait déclencher une guerre nucléaire » et que la responsabilité de cette situation appartient « totalement » aux Etats-Unis.

Face à cette déclaration, Les ministres de la Défense de la Corée du Sud et des Etats-Unis discutent ce jeudi 17 octobre sur l’élaboration de mesures contre les menaces nucléaires et balistiques de la Corée du Nord. La menace est d’autant plus grande que le développement de missiles balistiques de longue portée signifierait que les Etats-Unis serait potentiellement être atteint par une frappe ordonnée par Pyongyang.

Dans ce but, les Etats-Unis projettent déjà d’importer un bouclier anti-missile THAAD sur le sol Sud-Coréen afin de protéger le pays contre toute attaque nucléaire.

La réunion du jeudi 17 octobre marquera sans doute une évolution dans la stratégie de contre-mesure face à la prolifération d l’arsenal nucléaire Nord-Coréen, qui représente une menace croissante au fil des jours, que cela soit pour Washington ou Séoul, mais aussi pour leurs alliés, dont la France fait parti.

 

Jean BENOIT

M1 Conflictualité et Médiations

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