Alep : Le projet de résolution français, source de tension entre l’Elysée et le Kremlin

En proie à de violentes attaques depuis septembre 2016, la ville d’Alep connaît depuis, un véritable séisme humanitaire. Assiégée, et face à une violence soutenue de la part du régime syrien avec Moscou pour reprendre les quartiers rebelles, la ville est dans une situation d’urgence qui pousse le conseil de sécurité de l’ONU à trouver des solutions le plus rapidement possible, dont les deux derniers en date : le projet de résolution français et russe.

Alep, une expiation imminente ?

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Vendredi 7 octobre, les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU se sont réunis afin d’aborder la situation extrêmement délicate vécue par la ville d’Alep.

Cette réunion du Conseil fait suite aux craintes de son envoyé spécial pour la Syrie, Staffan de Mistura, de voir Alep « totalement détruit d’ici la fin de l’année ».

Ce dernier, face à la tournure dramatique des évènements, a émis une nouvelle proposition au Front Fatah Al-Cham (anciennement Al-Nosra) de s’éloigner de l’est d’Alep, ainsi qu’une demande auprès du régime de Bachar Al-Assad et de la Russie, d’interrompre les bombardements aériens.

Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, s’est dit enclin à discuter d’un arrêt des offensives aériennes russes avec la Syrie, si le front Fatah Al-Cham accepte de s’éloigner d’Alep : « Si le Front Al-Nosra avec toutes ses armes part en direction d’Idlib où ses forces principales sont basées, nous serons prêts à soutenir l’approche de M. de Mistura et serons également prêts à appeler le gouvernement syrien à l’accepter ».

Cependant, l’arrêt des frappes aériennes demeure toujours une hypothèse utopique, qui pousse le Conseil de sécurité à examiner samedi 8 octobre, deux projets de résolution portés par la France et la Russie.

Le Conseil de sécurité de l’ONU face à Moscou, une cohésion diplomatique en péril :

2531693 Le projet de résolution français demande un cessez le feu, et l’interdiction
de survol militaire au dessus d’Alep.

Mais ce projet est sous la menace d’un veto russe, sous-entendu par l’ambasadeur de Russie, Vitali Tchourkine : « Je ne vois tout simplement pas comment nous pourrions laisser cette résolution passer (…) Je pense que ce n’est pas conçu pour faire des progrès, mais pour entraîner un veto russe ».

Cette réaction suscite un froid à Paris ou le ministre des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, s’est prononcé face au probable veto russe : « Demain sera un moment de vérité, un moment de vérité pour tous les membres du Conseil de sécurité : voulez-vous, oui ou non, un cessez-le-feu à Alep ? Et la question se pose en particulier à nos partenaires russes ».

Face à sa réticence suite au projet de résolution français, Moscou élabore un nouveau projet de résolution. Ce dernier soutiendrait l’initiative prônée par l’envoyé spécial de l’ONU Staffan de Mistura, vis à vis du retrait du front terroriste islamique Fatah Al-Cham, ainsi que l’instauration d’un cessez le feu et un retour aux accord russo-américains émis le 9 septembre dernier.

A cette tension palpable au sein de l’ONU s’ajoute la volonté du secrétaire d’Etat américain John Kerry d’ouvrir une enquête pour crime de guerre, visant Moscou et le régime syrien. Alep vis actuellement un de ces moments les plus périlleux, et les divergences de point de vue entre différents membres du Conseil de sécurité de l’ONU laisse entendre une longue route vers la difficile entente qu’est la paix.

 

Jean BENOIT

M1 Conflictualité et médiations.

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