Les FARC : 52 ans de conflits (1/2) Relations et négociations entre le gouvernement et les forces armées révolutionnaires

le-commandant-des-farc-marquezLe commandant des Farc, Ivan Marquez, manifeste sa joie après la signature d’un accord de paix entre la guerilla et le gouvernement colombien. © AFP YAMIL LAGE (SUD OUEST)

L’origine des FARC

C’est avec la mort du leader du parti libéral Jorge Eliécer Gaitán, très populaire en Colombie, qu’une guerre civile éclate en 1948. S’opposent alors les grands propriétaires et leurs bandes armées appelées ‘‘Banderos’’ et les petits paysans menés par le Parti Communiste Colombien, excédés par la concentration des terres aux mains des grands propriétaires. Ce conflit fera entre 100 000 et 300 000 victimes en 5 ans.

La violence est telle que le 13 Juin 1953, le général Gustavo Rojas Pinilla décide d’installer, avec l’appui de l’armée, une dictature militaire, qui durera jusqu’en 1957. Pour ramener la paix, le général propose d’amnistier les guérillos qui rendront les armes. La plupart profitent de cette proposition. Cependant, certains groupes communistes, non satisfaits de ce régime, choisissent de se retirer dans des lieux isolés. La paix semble s’installer jusqu’à l’attaque des zones d’auto-défenses communistes par Gustavo Rojas Pinilla, qui ranime le conflit.

Renversé en 1957, Gustavo Rojas Pinilla laisse la place à Alberto Lleras Camargo, désigné selon un compromis entre les conservateurs et les libéraux. Lassée par la guerre civile, la population accepte ce compromis avec une écrasante majorité en décembre 1957. Ainsi est mis en place le Front National.

Malgré les attaques de l’armée, les petits paysans parviennent à se développer et à se substituer à l’Etat dans les zones périphériques et nouvellement colonisées. Ce regroupement donne naissance aux FARC en 1964, avec à sa tête Manuel Marulanda.

Le financement de la guerre

A l’origine, le financement devait provenir d’un impôt sur le bétail : ‘‘l’impôt révolutionnaire’’, mais ce financement étant limité, les FARC se tournent vers la cocaïne et les enlèvements. Les années 1980 marquent le début du trafic de drogue et des enlèvements contre rançons.

Devenus militairement puissants, les FARC lancent des opérations d’envergure dans lesquels des centaines de militaires sont pris en otage entre 1995 et 1998.

Quant au trafic de drogue, il aurait rapporté 22,5 millions de dollars aux FARC entre 1995 et 2014, selon le Parquet. Les FARC seraient ainsi impliqués dans toute la chaîne de fabrication de drogue.

Toutefois, un accord sur ce trafic a été trouvé en 2012 à Cuba durant les négociations de paix. Si la paix était confirmée, les FARC auraient été des alliés de l’Etat contre le trafic de drogue, faisant un virage à 380°.

Les négociations entre gouvernement et armée révolutionnaire

En 1984 les négociations entre le gouvernement et les FARC entraînent un premier cessez-le feu. Les FARC en profitent pour créer un parti politique en 1985 : l’Union Patriotique. Mais malgré le cessez-le feu 3 000 à 5 000 membres de l’UP sont assassinés.  De leur côté les FARC abattent des leaders des partis gouvernementaux. Le cessez-le feu est violé des deux côtés et le conflit redouble de violence.

Plus de dix ans plus tard, des pourparlers sont organisés par l’Etat en 1999. Cependant Manuel Marulanda décide de ne pas s’y rendre, faisant échouer cette tentative.

Un programme de réinsertion lancé par le président colombien Alvaro Uribe en 2002 entraîne de nombreuses désertions au sein des FARC. Ce programme permet aux guérillos de bénéficier d’une exemption de peine et d’une aide financière de 510 000 pesos, et cela pendant 1 an. 9 000 combattants des FARC auraient bénéficiés de ce programme qui aurait coûté plus de 153 millions d’euros pour la seule année 2002.

A partir de Septembre 2012, des négociations pour un accord de paix définitif débutent entre le gouvernement et les FARC, dirigés depuis 2008 par Ivan Marquez, suite à la mort de Marulanda.

Six points ont dû être débattus pour mener cet accord à bien :

  • Le développement agraire (2013)
  • La participation politique des FARC (2013)
  • Le trafic de drogue (2014)
  • Le dédommagement des victimes du conflit (2015)
  • La fin effective des hostilités (2016)
  • Le mode de ratification de l’accord de paix (2016)

En Août 2016 le gouvernement annonce qu’une paix peut être signée sous réserve d’un référendum de la population le 2 Octobre 2016. Le résultat du référendum est un Non pour la paix avec les FARC avec 50,23 % des voix. Toutefois, le président Juan Manuel Santos et le chef des FRAC Ivan Marquez ont réaffirmé leur volonté de paix. C’est grâce à cette recherche de paix que Juan Manuel Santos reçoit le Prix Nobel de la Paix le 7 Octobre 2016.

Justine LAUNAY

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