1 / 2 Hezbollah : la mort de Badreddine, fort symbole politique au Liban

Moustapha Badreddine, l’un des principaux chefs militaires du Hezbollah, a été tué en Syrie dans la nuit du 12 au 13 mai 2016, près de Damas. Personne n’a revendiqué cette attaque. Pourtant, Si les circonstances de sa mort n’ont toujours pas été élucidées, ce deuil au sein du parti chiite libanais revêt un fort symbole politique, qui renforce les tensions dans le pays.

Brothers of top Hezbollah commander Mustafa Badreddine, who was killed in an attack in Syria, mourn over his coffin during his funeral in Beirut's southern suburbs

Brothers of top Hezbollah commander Mustafa Badreddine, who was killed in an attack in Syria, mourn over his coffin during his funeral in Beirut’s southern suburbs, Lebanon, May 13, 2016. REUTERS – D.R

L’hommage rendu au martyr

L’annonce du décès est tombée dans un communiqué du parti, vendredi 13 mai. L’homme aurait été tué dans une explosion d’un entrepôt, à proximité de l’aéroport de Damas, situé au Sud de la capitale syrienne. Une semaine après, les militants du Hezbollah ont rendu un dernier hommage à Moustapha Badr Eddine, commandant militaire suprême de ce parti libanais de confession chiite. Des tirs nourris résonnent dans la capitale, autour du cercueil recouvert d’un drapeau jaune, en l’honneur de cette figure emblématique, qui contribua à fonder le parti dans les années 80. Pourtant, en dépit du recueillement de ses membres,  la réaction du chef du parti ne s’est pas fait attendre. Le 20 mai, jour des funérailles, l’hommage rendu à ce « commandant martyr » se faisait le porte-étendard de la présence du Hezbollah dans le conflit syrien.

Renforcement du Hezbollah en Syrie

Agé de 55 ans, Moustapha Badredinne avait proclamé qu’il ne sortirait de Syrie que  « victorieux ou en martyr ».  Dans la continuité de ses paroles, le leader du parti chiite libanais, Hassan Nasrallah, a déclaré dans un discours  prononcé au cours de la cérémonie: « Le sang de Badreddine va nous pousser à renforcer et accroître notre présence en Syrie ». L’offensive au côté du gouvernement syrien est arrivée sans tarder : des attaques ont été menées dans la capitale de la Ghouta Orientale, fief rebelle du front Al-Nostra,  situé à l’Est de Damas. D’une certaine façon, les « dernières volontés » de Badreddine,  en charge de coordonner les unités militaires en Syrie et stratège de cette bataille, ont été respectées.

Au sein du Hezbollah, la perte d’une figure importante

1500 de ses combattants ont déjà péri en Syrie depuis leurs premières interventions au printemps 2013, dont 5 de ses principaux chefs militaires. Son Beau-frère d’Imad Mughniyeh, un ancien commandant du Hezbollah avait été assassiné en Syrie en 2008. A Ces morts s’ajoutent le nombre des blessés, qui serait 5000. Moustapha Badr Eddine est le chef le plus important disparu jusqu’à ce jour. Pour Hassan Nashrallah, il représente « l’un des premiers hommes de la résistance islamique à faire face à l’ennemi israélien ». D’abord membre du Fatah, le mouvement de libération de la Palestine, l’invasion israélienne de l’été 1982 au Liban le conduisit à prendre les armes à côté du Hezbollah. Fait prisonnier à la suite d’attentats perpétrés contre les ambassades américaines et françaises  au Koweït en décembre 1983, il était parvenu à se libérer lors de de l’invasion irakienne dans ce pays, en 1990, par les troupes de Saddam Hussein.

Baddredine, une personnalité contestée au Liban

S’il est célébré par le Parti de Dieu, cette position n’est pas celle adoptée par le Tribunal Spécial pour le Liban (TSP), chargé de poursuivre les auteurs d’attentats terroristes. Suspecté d’être le « cerveau » de l’attentat de 2005 qui coûta la vie à Rafic Hariri, l’institution avait émis un mandat d’arrêt international à son encontre. Il était en effet accusé d’être l’un des cinq principaux parti-prenant dans la planification de l’assassinat de l’ex-premier ministre libanais sunnite. Des affirmations que le Hezbollah s’est toujours efforcé de démentir : « le dossier du tribunal international n’existe pas pour nous et ne mérite aucun commentaire de notre part ». Cet attentat avait déclenché la Révolution des Cèdres; appuyée par une majorité de chrétiens et des sunnites, qui conduisit au départ des troupes syriennes du pays, en 2006.

2/2 Hezbollah : la mort de Badreddine, fort symbole politique au Liban

Domitille Courtemanche

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