Les événements en Corse (1/2)

4838738_6_ee22_dimanche-27-decembre-les-forces-de-securite_07c8fb17b5070de374dff2d8102a0173

Un cordon de sécurité aux alentours du quartier des jardins de l’empereur

Le calme semble revenu sur l’île après plusieurs jours de tensions inter-communautaires résultant de l’agression de pompiers dans un quartier d’Ajaccio.

A Ajaccio, la vie à repris son cours naturel. La situation est redevenue calme après les événement qu’a connu la ville. Tout a débuté la nuit du 24 décembre dans le quartier des jardins de l’empereur, constitué en majorité de logements sociaux. Les pompiers de la ville reçoivent une demande d’intervention d’habitants de la cité. Deux soldats du feu se rendent alors sur place, sans savoir ce qui les attend. L’appel n’était en fait qu’un moyen d’attirer les pompiers. Ceux-ci, en arrivant dans le quartier, tombent dans un véritable guet-apens. Plusieurs jeunes les attendent et les attaquent aussitôt. Alors qu’ils essayent de s’enfuir, les deux pompiers sont pris à revers par d’autres assaillants. Ils sont visés à plusieurs reprises par des jets de projectiles (pierres, parpaings, barres de fer, battes de baseball), mais ils parviennent toutefois à s’échapper de justesse. Les individus qui les attaquent brisent les vitres du camion d’intervention. Dans un témoignage rapporté samedi, un des deux pompiers explique qu’ils ont « vraiment frôlé la catastrophe », et qu’il y aurait pu « avoir des morts ». Les assaillants ont en effet essayé d’entrer dans le camion, ce qu’il n’ont pas réussi à faire. Dans l’attaque, les deux soldats du feu ont été blessés, ainsi qu’un policier qui tentait de rétablir l’ordre.

Une telle attaque, si elle n’est pas totalement inédite en France, reste tout de même peu courante, du moins par son ampleur, le nombre de personnes impliquées (le témoignage évoque « des dizaines d’individus cagoulés »), et la violence dont les assaillants ont fait preuve. Pour ces raisons, et aussi parce qu’elle a eu lieu en Corse, l’attaque a été très médiatisée et a suscité des réactions fortes.

« Arabi fora »

Dès le lendemain, environ 600 manifestants pacifiques ont défilés dans les rues d’Ajaccio pour dénoncer cette agression contre une institution qui n’a pour but que pour venir en aide à chacun sans distinction de statut social, de race, d’idées politique ou d’appartenance religieuse comme le rappelait l’adjudant-chef des pompiers d’Ajaccio. Cependant, à la fin du rassemblement, la situation a dégénéré quand environ 300 personnes se sont rendues dans le quartier des jardins de l’empereur aux cris d’Arabi fora (les arabes dehors), dans l’optique de retrouver les coupables de l’agression. Une salle de prière musulmane à été ainsi vandalisée. Le lendemain, les mêmes manifestations ont eu lieu au même endroit, avec les mêmes slogans et les mêmes objectifs. Le préfet de Corse a donc pris la décision d’interdire jusqu’au 4 janvier les manifestations aux alentours des jardins de l’empereur. Dans le même temps, les réactions des politiques ne se sont pas fait attendre, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve en tête, ces dernier condamnant respectivement les faits de la nuit du 24 au 25 décembre et les actes « xénophobes » des manifestants.

Guilhem Brachet

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s