Un journaliste syrien opposant à l’Etat Islamique assassiné en Turquie.

Le dimanche 27 décembre 2015, un journaliste syrien opposant aux actions de l’Etat Islamique dans son pays. Il a été assassiné d’une balle dans la tête en pleine rue, dans une ville Turque, Gaziantep, proche de la frontière syrienne.

 Un pacifiste anti-daech.

 Le journaliste en question était marié et père de deux filles, il s’agit de Naji Jerf, il avait 38 ans et menait son propre combat contre l’Etat Islamique, non pas avec des armes mais avec sa culture. Un de ses proches qui a préférait taire son nom par sécurité parle de lui comme quelqu’un qui «représentait à lui seul la révolution pacifique. C’est le symbole qui doit faire jubiler le régime et Daech. En quelque sorte une nouvelle excellente pour les monstres».

Il était par ailleurs le producteur du groupe « Raqqa se fait massacrer en silence », une ONG créé depuis avril 2014 dont le but est de dénoncer secrètement les abus de l’Etat Islamique dans la ville de Raqqa, une des capitales autoproclamée des djihadistes. Le reporter venait par ailleurs de terminer un film sur les exactions de l’Etat Islamique à Alep. D’après le Committee to Protect Journalists (une ONG américaine spécialisée dans la défense des journalistes), ce collectif est « l’une des dernières sources d’information fiable et indépendante au sein du bastion de l’organisation Etat islamique ». Naji Jerf est le quatrième membre de ce collectif à être assassiné après Bachir Abduladhim Al-Saado, Faisal Hussain Al-Habib et Ibrahim Abdel-Qader.

Un autre de ses proches qui a préféré garder l’anonymat également a décrit la scène de l’assassinat. Naji Jerf a été ciblé en pleine journée alors qu’il se trouvait dans un restaurant D’après le témoignage de ce proche, le journaliste « était en train d’acheter à manger pour sa famille quand un homme masqué est sorti de sa voiture pour lui tirer dessus, avant de prendre la fuite ». Même si ce crime n’a pas encore été revendiqué par l’Etat Islamique, il a tout l’air d’une mise en garde envers les médias qui s’intéressent d’un peu trop près au fonctionnement interne de Daech en Syrie.

Demande d’asile politique pour la France.

Naji Jerf était un journaliste très respecté, il était également le rédacteur en chef du magazine syrien Hentah. Nour Hemici, une consultante qui connaissait bien le journaliste a annoncé qu’il travaillait sur un projet pour lutter contre le recrutement extrémiste. Il était également très apprécié des jeunes qu’il formait. Ceux-ci lui avaient même attribué le surnom de « Khal » qui veut dire tonton.

D’après cette même consultante, Naji Jerf devait prendre l’avion avec sa famille le lundi 28 décembre pour la France « afin d’y recevoir l’asile politique ». Une enquête a été ouverte par les autorités turques sur cet assassinat. Cependant, même si les partisans de l’Etat Islamiques se sont réjouis de la mort du journaliste sur les réseaux sociaux, cet assassinat n’a pas encore été revendiqué.

Arthur Belin.

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