Le conseil de Bruxelles de décembre 2015, ou l’aveu d’un échec en matière de relocalisation de migrants

La commission européenne a présenté aux eurodéputés, le mardi 15 décembre une nouvelle stratégie pour faire face à la crise migratoire en vue du conseil de Bruxelles des 17 et 18 décembre. Y est exposée la volonté de créer une nouvelle agence européenne de garde-côtes et de garde-frontières, plus indépendante et réactive. La raison de ce bond en avant est la prise de conscience d’un échec dans la gestion de cette crise, dévoilée le même jour. C’est sur cette thématique que nous allons nous arrêter.


A lire concernant la création de cette agence : Frontex : Vers la création d’une nouvelle agence


Tour d’horizon de la situation actuelle

Depuis janvier, selon la commission, plus de 1,5 million de migrants sont entrés illégalement sur le territoire de l’UE. La crise à laquelle l’institution est confrontée est unique et pose le problème de coordination de ses États membres. Le sommet de Bruxelles de cette fin d’année, consacré à l’avancée dans la résolution de cette crise, en est l’image. Jusqu’alors, le problème majeur était de placer les réfugiés arrivés de Grèce et d’Italie majoritairement, dans les autres pays de l’UE de façon légale. En effet, des hotspots avaient été mis en place dans ces deux zones afin de centraliser les demandes d’asiles. Or devant l’afflux massif de migrants et l’état de fonctionnement effectif de seulement 2 de ces points, il était impossible de gérer leur enregistrement. Cette méthode était l’unique moyen de pouvoir officialiser le statut de réfugié d’une personne pouvant ensuite prétendre au droit d’asile. Ces procédures ont en plus une spécificité, toute personne se faisant enregistrer dans son pays d’arrivée, doit ensuite y rester. Cela décourage les migrants qui voient en ces États de « passage », une simple étape dans leur voyage vers des destinations qui les font plus rêver comme l’Allemagne ou les pays du nord. C’est pour cela que très peu de migrants s’enregistrent dans ces hotspots et continuent leur route dans l’illégalité.

Face à cette situation, l’UE a mis en place en septembre une parade : la relocalisation. Ce système, adopté à la majorité, prévoie la relocalisation de 160 000 migrants. De façon plus explicite, une fois l’enregistrement fait, ces réfugiés ne restent pas dans le même pays mais sont envoyés dans d’autres États de l’Union. La Suède, étant la destination la plus prisée, est déjà saturée au niveau de sa capacité d’accueil, et de ce fait, a la possibilité de ne plus participer à ce programme de soutien européen. Cependant ce dispositif n’est pas aussi salvateur qu’espéré, et à ce jour seulement 150 à 200 réfugiés ont pu en bénéficier.

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Xavier Bettel, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker au Conseil européen de Bruxelles © Union Européenne

De la relocalisation à la réinstallation

Tournés vers l’avenir, un autre système a été évoqué lors du conseil de Bruxelles : la réinstallation. Cela permettrait de prendre en charge les réfugiés directement depuis la Turquie et de les diriger dans des pays de l’Union européenne volontaires. Cette fois-ci, aucun chiffre n’est mis en avant. Ce système présente plusieurs avantages indéniables : la réduction de risque de naufrages en mer méditerranée et le désengorgement de la Turquie. Une condition préalable est cependant nécessaire du côté turc : poursuivre la lutte active contre les filières de passeurs présents sur le territoire et diminuer nettement le nombre de migrants faisant route vers l’Europe, en les retenant donc en Turquie notamment grâce à l’aide financière apportée par l’UE suite aux accords du 29 novembre.


A lire concernant les négociations avec la Turquie en matière de réfugiés : Les négociations avec la Turquie, l’espérance d’une diminution du nombre d’arrivées de migrants en Europe.


A lire concernant les suites de ces négociations 2 mois plus tard : L’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne : ouverture d’un nouveau chapitre.


Le défi auquel fait face les pays de l’Union européen risque de s’intensifier dans les années à venir, car certaines études prédisent un total de 3 millions de réfugiés en Europe d’ici à 2017.

Mattéo Cian

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