La liberté est en marche…

L’Arabie Saoudite était le dernier pays au monde à interdire le droit de vote aux femmes. Le roi Abdallah (1924-2015) avait promis, en 2011, aux habitantes de son royaume le droit de vote. Il aura fallu attendre quatre ans pour qu’elles l’obtiennent.

Les femmes saoudiennes ont pu se présenter comme candidate et votent aux dernières élections municipales. A la suite de ces élections, 14 Saoudiennes ont été élues le dimanche 13 décembre 2015. C’est le troisième scrutin municipal après celui de 2005 et 2011.

  • Une très faible avancée démocratique

L’avancée est historique, l’enjeu en revanche est limité. Pour cause, les Saoudiens élisent deux tiers des membres des conseils municipaux, le tiers restant étant nommé par le pouvoir de Riyad. Un conseiller municipal en Arabie Saoudite est chargé des travaux d’entretien des voiries, des parcs et des collectes des ordures. En somme, il n’incarne aucun pouvoir politique local.

Lors de ces élections, il y a 2000 sièges de conseiller à pourvoir. Pour ses premières élections ouvertes à tous, seulement 900 ont été candidates. Tandis que les hommes ont été au moins dix fois plus nombreux à se porter candidat, environ 120 000. La différence entre les hommes et les femmes inscrites sur les listes électorales est environ de la même échelle. Les femmes restent une base électorale ultra minoritaire.

Lors de cette désignation, le roi Salmane qui a pris ses fonctions en janvier 2015 pourrait envoyer un message fort en nommant un certain nombre de femmes à ces potes. En 2013, son prédécesseur avait nommé des femmes au Majlis al-Choura, une assemblée consultative dont les membres sont choisis par le roi.

  • Le vote, un parcours de combattante

Dans ce pays régi par des préceptes ultra-rigoristes de l’islam wahhabite, la campagne électorale n’y échappe pas. Il est interdit de faire apparaître le visage d’un candidat ou d’une candidate sur les affiches électorales ou encore, il est interdit pour un candidat quel que soit son sexe de s’adresser à des électeurs du sexe opposé. Les candidats doivent user de porte-parole ou de vidéo. L’utilisation des réseaux sociaux est aussi interdite.

Il est difficile pour les femmes d’arriver au bureau de vote car elles ne peuvent pas conduire, elles sont tributaires d’un homme pour le vote. C’est le seul pays au monde où les femmes sont interdites de conduire. Pour contourner cet obstacle, une association de promotions des femmes, Al-Nahda a noué un partenariat avec Uber. Durant la journée de vote, la compagnie offrait des courses gratuites à toutes les femmes désireuses d’aller accomplir leur devoir électoral.

Lorsqu’une électrice se présente dans un bureau de vote, elle doit prouver l’endroit où elle habite car le nom inscrit sur un contrat de bail ou de propriété y est inscrit le nom d’un homme. Le certificat familial est l’unique document qui peut prouver le lien qui existe avec l’homme en question. Ces élections sont une avancée à minima pour la démocratie et le droit des femmes dans ce pays ultra conservateur.

Marc – Antoine Barberis

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