Syrie : rapport accablant pour le régime

161215-syrie hrw

Les photos des victimes de torture. Source : HRW

Organisée à Moscou, la présentation du rapport de Human Rights Watch (HRW) apporte selon l’organisation des preuves d’exactions commises par le régime syrien sur des prisonniers.

Mercredi 16 décembre, l’ONG Human Rights Watch dévoilait à Moscou son rapport sur les tortures qui selon elle seraient commises à l’encontre de prisonniers du régime syrien. L’organisation, qui se donne pour objectif de défendre les droits de l’homme partout dans le monde, et de dénoncer des atteintes à ces mêmes droits de l’homme, s’appuie sur les images du photographe syrien César.

Le photographe du morbide

Sous ce pseudonyme se cache en fait un ancien photographe de la police syrienne qui a fait défection en emportant avec lui des dizaines de milliers de photos représentant des milliers de victimes, torturées puis exécutées par le régime. Chargé en mars 2011 de photographier les opposants au régimes torturés à mort, César voit passer devant son objectif jusqu’à cinquante corps par jours à l’hôpital militaire où il est assigné. Devant les horreurs auxquelles il assiste, il décide de passer à la résistance. Il fallut six mois pour mettre en place une filière chargée de transmettre les preuves photographiques, et quatre de plus pour exfiltrer César et sa famille de Syrie. Financée notamment par le Qatar, une mission est alors chargée de vérifier l’authenticité des images. Des médecins légistes estiment que les photos, au vu des actes qu’elles représentent, sont très probablement authentiques. Rendues publiques en 2013, elles font grand bruit, obligeant le président Syrien Bachar-al-Assad à réfuter les accusations en janvier 2014, évoquant des « allégations sans preuve ».

« Crimes contre l’humanité »

C’est justement ces preuves que Human Rights Watch estime apporter par la publication de son rapport. L’ONG révèle l’identité de huit des victimes décédées à la suite des tortures, de faim ou de maladies. Nadim Houry, directeur adjoint de HRW pour le proche Orient parle de « crimes contre l’humanité » en évoquant ces preuves publiées dans le rapport de 90 pages. Le responsable explique le peu de noms révélé par le manque de temps et de ressources, mais aussi par la difficulté à localiser des témoins pour le besoin de l’enquête. Sur les cinquante-trois mille photos à disposition de l’ONG, vingt-huit mille clichés représentent des morts en détention, dont des enfants. La publication de ce rapport mercredi 16 décembre est tout sauf une coïncidence : elle intervient deux jours avant un sommet international à New-York, qui pourrait permettre une reprise des négociations entre l’opposition et le régime syrien.

Le silence russe

Le fait que la présentation du rapport soit organisée à Moscou est tout sauf un hasard. Le soutien de Vladimir Poutine au régime en place ne faiblit pas depuis le début de la crise. C’est la raison pour laquelle il n’y avait pas de média pro-Poutine présent. Seule une agence était représentée. Les autres journalistes sur place étaient soit des opposants au régime, soit des correspondants étrangers. Nadim Houry a toutefois précisé qu’il avait rencontré des responsables russes qui ont « écouté et ont souhaité poursuivre la conversation ». La Russie est un acteur clé dans le conflit syrien actuellement, et la discussion intervenait au moment où un bilan de l’intervention était présenté devant le parlement russe. Les russes sont notamment accusés de viser des cibles civiles.

Guilhem Brachet

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s