Boko Haram, plus qu’une menace locale, une menace régionale

Le Nigéria est le pays d’Afrique le plus peuplé, riche d’hydrocarbures, le territoire Nigérian est coupé en deux parties. Au nord, les Musulmans et au sud les Chrétiens; coïncidence ? Cette même fracture géographique divise de manière générale le pays dans une dualité riche au Sud et pauvre au Nord. C’est d’ailleurs au Nord que s’est constitué en 2002 la secte de Boko Haram qui deviendra en 2015 Une « province de l’Etat Islamique ».nigc3a9ria

Une Région Fortement Touchée

Parler de Boko Haram en 2015, ce n’est plus parler uniquement du Nigéria. Depuis la mort de Mohammed Yusuf en 2009 et l’arrivée au pouvoir de Abubakar Shekau, Boko Haram s’est largement diffusé. A la base le Nord Est du pays, lieu d’origine de la création de la secte, était le lieu principale de l’action du mouvement. Avec la transition qu’a connu Boko Haram, c’est à dire le passage d’un mouvement sectaire anti-occidentale à un mouvement « labélisé » Etat Islamique, la menace n’est plus simplement localisée dans la région de Borno mais bel et bien à l’échelle régionale. Cette Insécurité latente a même perturbée l’exploitation de pétrole des rives du lac Tchad, bloquant quasiment les échanges commerciaux, même si l’essentiel des réserves d’hydrocarbure du pays se trouve dans le sud. Si l’on veut porter un regard plus éloigné le compte rendu est terrible. C’est plus de 13.000 morts et environ 1,5 million de déplacés. La zone des trois frontières Cameroun, Tchad, Nigeria est très affectée que ce soit au niveau économique notamment à cause de l’effort qu’entraîne les combats face aux groupes et commerciale puisque la ou les combats se déroulent les zones sont désertées par les Hommes.

Une concurrence pour la suprématie

C’est dans une logique de « concurrence » que le groupe se place. En effet, au vu des actions diverses et variées et de l’impact que Boko Haram entraine, l’Afrique de l’Ouest devient un enjeu dont la communauté Internationale ne peut douter. Les groupes terroristes radicaux comme Boko Haram tentent de tisser une toile qui ne touche plus seulement le Nigéria mais bien le Sahel en entier. Jean Yves Le Drian dans un interview rapporte même son inquiétude quand « Le rapprochement entre Daesh et Boko Haram est un risque majeur ». Déjà depuis l’opération Serval en 2012 on signalait des éléments de présence de Boko Haram au Mali avec des camps d’entrainement au Nord du pays.

Un Mouvement Islamique qui transcende le Nigéria et sa Région 

Depuis 2010, Abubakar Shekau est devenu le chef du groupe, ce personnage est un personnage marquant. En effet, ce dernier ne cherche plus seulement l’appui de la région seule de Borno au Nigéria mais bel et bien l’appui d’une communauté Islamique internationale, il légitime même les actes commis par l’islam « les femmes  sont des esclaves. Je veux rassurer mes frères musulmans. Allah a dit que les esclaves étaient autorisés par l’islam ». Devant ce discours qui transcende la seule région du Nigéria  certains groupes comme AQMI leur porte soutien. En effet, le chef d’AQMI, avait manifesté à Al-Jazeera son engagement à soutenir  Boko Haram. Du reste, de nombreuses déclarations et arrestations de membres de Boko Haram et d’AQMI confirment des liens opérationnels, dont l’entraînement de djihadistes de Boko Haram par les katibas (brigades) d’AQMI.

Une prise de conscience nécessaire 

Il est clair que longtemps les Pays de l’Afrique de l’Ouest ont sous estimé l’ampleur de Boko Haram. C’est sans doute pourquoi, il y a eu tant de temps avant la mise en place d’une politique sécuritaire vraiment efficace. Cette volonté de mise en place d’une politique sécuritaire s’est rendue nécessaire suite à l’enlèvement des lycéennes Chibok, démontrant la puissance et la violence de Boko Haram. Pour contrer cette menace, il a été à Paris le 17 mai 2014, mis en place « un sommet pour la sécurité au Nigéria ». Où tous les dirigeants de la région du lac du Tchad étaient invités pour discuter des moyens d’éradication de la menace qu’exerce Boko Haram.  1-4546-06e51Ainsi les pays de la région et plus largement du monde  se voient pousser à se mobiliser devant cette menace. Selon les rapports du Programme du alimentaire mondial au Tchad, plus de 60 000 personnes ont fui l’insécurité en Novembre.

 

 

 

Julien Durandeau

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