Adhésion de la Turquie à l’Union Européenne : ouverture d’un nouveau chapitre

Le processus d’adhésion de la Turquie à l’union européenne franchira une nouvelle étape ce lundi 14 décembre avec la réouverture des négociations. Le chapitre 17 relatif aux domaines politique, économique et monétaire sera ouvert.

La réouverture des négociations fait suite à l’accord obtenu le 29 novembre lors du Sommet UE-Turquie. En échange d’un contrôle accru des flux migratoires et de l’hébergement de 2,2 millions de réfugiés syriens sur son sol, Ankara a obtenu un soutien financier de 3 milliards d’euros, un assouplissement du régime des visas et l’ouverture du chapitre 17 des négociations en vue de l’adhésion. Tandis que les chapitres 23 et 24 (justice, libertés publiques) reste eux toujours bloqués.

L’adhésion de la Turquie à l’UE : retour sur un lent et long processus

Les relations avaient commencé en 1963 avec la signature d’un accord d’association dit « accord d’Ankara » qui prévoyait le renforcement des relations économiques et commerciales. La Turquie présente officiellement sa candidature d’adhésion à la communauté économique européenne (CEE) le 14 avril 1987. Il faudra cependant attendre le conseil européen d’Helsinki du 10 décembre 1999 pour que la Turquie soit reconnue comme pays candidat à l’adhésion de l’union européenne.

Les négociations qui débutent en 2005 sont un échec en raison du refus de la Turquie d’appliquer complètement le protocole d’Ankara (extension de l’union douanière à Chypre). Ces dernières années le processus d’adhésion s’est ralenti : seulement 14 chapitres sur 35 ont été ouverts.

Une relance du processus d’adhésion en trompe l’œil

Si le premier ministre turc Ahmet Davutoglu estime qu’il s’agit d’un « jour historique » et que la « Turquie et l’UE ont le même destin » ces propos doivent être largement nuancés.

En effet la réouverture des négociations intervient à un moment où l’Union européenne ne peut se passer de la Turquie dans la gestion des flux migratoires. La Turquie est la porte de l’Orient, celle par laquelle passent des millions de réfugiés.

Il s’agit en réalité d’un accord de circonstance, une concession intéressée de l’union européenne bien plus qu’une volonté de voir la Turquie intégrer l’UE.

D’autant plus que la Turquie n’a cessé de s’éloigner des standards européens nécessaires à toute adhésion. Les candidats à l’Union européenne doivent respecter les critères de Copenhague c’est à dire « la présence d’institutions stables garantissant la démocratie, l’Etat de droit, les droits de l’homme, le respect des minorités et leur protection ».

Les arrestations de deux journalistes du journal Cumhurivet, et les « graves reculs » de la liberté d’expression attestent que la Turquie ne respectent pas les critères de Copenhague. Le rôle ambigu qu’elle entretient avec l’Etat Islamique, le refus d’intégrer Chypre à l’union douanière, le renoncement au processus de pacification engagé avec les Kurdes montre que le chemin reste très long avant une éventuelle adhésion.

Bastien QUESSON

 

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