Le Burundi, une situation alarmante

Depuis quelques mois, la situation au Burundi s’aggrave. Le pouvoir du président s’affirme et commence à s’apparenter à un régime autoritaire. La loi est devenue annexe et les droits de l’Homme, une option. Devant cette situation catastrophique, une opposition se met en place.

Brider l’opposition interne et ignorer l’opposition externe

Pierre Nkurunziza, président hutu du Burundi, s’étant opposé au précédent gouvernement tutsi, voulait enchaîner sur son troisième mandat en juin dernier alors que, selon l’opposition politique dans son pays et des personnes de son propre bord politique, cela était illégal. Les autres pays ou associations de pays se sont aussi mobilisés et c’est ainsi que le Burundi a adopté une position de fracture vis-à-vis de ces derniers. Se voyant mis à l’écart, le putsch lui a semblé être la dernière solution possible. Il a cependant échoué dans son entreprise en mai. Les élections ont tout de même été maintenu mais le climat d’insécurité s’est en revanche intensifié prenant la forme d’arrestations sans motifs et d’enlèvements. Ce sont surtout les membres de l’opposition et les journalistes qui en ont été les cibles.

Depuis sa réélection, la communauté internationale est tournée vers le Burundi avec l’espoir que les droits de l’Homme soient de nouveau respectés. D’un côté, la dénonciation par l’ONU de l’assassinat de plus de 250 personnes et la migration de plus de 200 000 autres fait clairement comprendre la prise de position de la communauté internationale. Mais d’un autre côté, leurs actions concrètes restent limitées. En effet, deux réactions se sont profilées dans un premier temps. Tout d’abord, la CIRGL (la conférence internationale de la région des Grands Lacs) a sanctionné le Burundi sur son attitude anti-démocratique et anti-droit de l’Homme. Le Rwanda, voisin de ce dernier, s’est permis de rappeler l’histoire de son pays dix ans plus tôt et par là, le fait qu’il faut savoir tirer des leçons de l’Histoire. Cette alliance africaine a retiré son siège au Burundi qui en faisait partie au titre de membre fondateur. Mais cela est surtout une mesure symbolique car ses conséquences sont mineures. Les américains ont, eux, émis des sanctions concernant quatre hauts responsables burundais, proches du président, du fait de leur implication dans la situation actuelle du pays : leurs avoirs à l’étranger sont gelés et leur possibilité de voyager est limitée avec une restriction concernant les visas. La nouvelle vague de violence s’étant abattue sur le pays depuis le 11 décembre 2015 n’a fait qu’accroître cette position hostile des États-Unis qui ont pressé leurs ressortissants à quitter le Burundi. Cette violence s’est incarnée dans le massacre de 87 soldats et civils présents dans 3 camps militaires et la vengeance qui s’en ai suivi le lendemain : la tuerie de 21 personnes, dans un quartier contestataire du pouvoir gouvernemental de la capitale Bujumbura.

Manifestation Burundi

Manifestations contre le 3ème mandat de Pierre Nkurunziza © All Rights Reserved | Igor Rugwiza

 

Face à l’UE, un Burundi peu convaincant

Le 8 décembre 2015, a eu lieu une conférence entre l’Union européenne et le Burundi au sujet des violations des droits de l’Homme qui agitent le pays depuis plusieurs mois déjà. Il était dans l’intérêt de tous de trouver une solution à ce problème. D’un côté pour l’UE, du fait de ses ressortissants présents sur place. Pour le Burundi, c’est dans des termes économiques que se pose le problème puisque l’UE donnait jusqu’à lors au pays une somme équivalente à 20% de son budget annuel. Trouver un moyen de remplacer cet acteur n’est donc pas envisageable pour le bon fonctionnement du pays. Lors de cette conférence « de la dernière chance », l’Union européenne a exposé ses exigences et le Burundi, des solutions. Peu convaincu et appréciant les interventions du Burundi comme étant insuffisantes, l’institution a fait part à la communauté internationale, à travers un rapport, de l’issue de ces délibérations. Elle évoque des « sanctions possibles». Selon toutes vraisemblances, et étant donné l’unique moyen de pression sur le pays, ces sanctions pourraient être économiques pouvant aller de la diminution des dons à l’arrêt total de ces deniers représentés par la rupture des relations diplomatiques. Loin de se laisser impressionner, le Burundi a réagi après la conférence en se montrant optimiste et heureux que les discussions aient reprises. Ce décalage dans les attitudes représente aujourd’hui parfaitement la situation dans laquelle se trouve le Burundi, au bord d’une guerre civile.

 

Mattéo Cian

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