America is back ?

«America is back», l’Amérique est de retour. C’est le slogan simple et brutal  sur lequel Ronald Reagan avait bâti sa campagne et sa facile victoire, en 1980, contre Jimmy Carter, sympathique et doux rêveur à qui ses concitoyens ne pardonnaient pas d’avoir fait perdre à leur pays, sinon son statut, au moins son image de rempart du «monde libre» face à l’«empire du mal». Cette situation peut à nouveaux être transposée dans l’opinion publique américaine suite aux tragiques attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à l’attaque qualifiée d’attentat par le FBI le 2 décembre 2014 à San Bernardino aux États Unis.

 

 

La fin de la « fatigue » américaine

Depuis ces deux attaques contre les meneurs de la coalition internationale contre Daech, l’opinion publique aux États Unis est devenue plus vindicative et moins prompt à critiquer l’intervention en Irak et en Syrie. L’opinion américaine est-elle en train d’évoluer sur la manière de lutter contre le groupe État islamique en Irak et en Syrie ? La stratégie de la Maison Blanche, «pas de troupes combattantes au sol», était jusque-là en total harmonie avec l’opinion publique, très hostile à un engagement sur le terrain, après 15 ans de conflit en Afghanistan et en Irak.

Les 1 600 hommes des forces spéciales qui sont aujourd’hui en Irak ont une mission de formation des troupes et de protection des installations américaines. Or, la position des faucons gagne du terrain dans l’opinion. Certains républicains, en effet, estiment que la guerre contre les terroristes ne se gagnera pas en se limitant à des raids aériens.

Plus de la moitié des Américains sont d’accord avec cette position d’après un sondage de la Maison Blanche, ce qui la met en porte à faux. Barack Obama estime que si des troupes doivent mener le combat au sol, celles-ci devront appartenir aux pays de la région. Mais cela ne semble plus convaincre les Américains de plus en plus préoccupés par la sécurité de leur pays et de leurs ressortissants.

Les États-Unis entament leur virage

En effet, suite aux attaques de Paris et de San Bernardino, l’armée américaine change radicalement de stratégie sur le terrain et se met à cibler le portefeuille de l’État islamique : ses réserves de pétrole et les flottes de camions le transportant, de plus, Barack Obama a décidé d’engager officiellement pour la première fois des troupes au sol en Syrie : ce ne sont que quelques soldats des forces spéciales américaines, environ une cinquantaine, qui sont déployés au Nord de la Syrie afin d’aider les combattants anti-Daech épars restants en Syrie. Cette opération est minime mais symbolise bien l’infléchissement de la politique de la Maison Blanche suite aux réactions de l’opinion publique qui se préoccupe plus du terrorisme que de l’économie intérieure. Enfin, le 4 décembre, Le chef du Pentagone a annoncé que Washington était prêt à intensifier le déploiement de forces spéciales en Syrie et en Irak.

 brets verts

 Des Bérets verts américains à l’entraînement, le 22 avril 2015 – SIPANY/SIPA

 

Les possibilités du Pentagone

Ces troupes pourraient être renforcées «là où nous trouverons de nouvelles opportunités de [les] développer», a affirmé le secrétaire à la Défense Ashton Carter devant la commission des forces armées de la Chambre des représentants.

En Irak, les États-Unis sont en train de déployer une unité des forces spéciales pour «aider les forces irakiennes et kurdes peshmergas» à mener des raids sur le terrain contre Daesh. «Ces forces spéciales seront à terme capables de conduire des raids, libérer des otages, obtenir du renseignement et capturer des responsables du groupe État islamique», a détaillé Ashton Carter. Cette unité « sera également en position de conduire des opérations unilatérales » en Syrie. Bien sûr, de tels exemples peuvent vouloir dire bien plus qu’il n’y parait au premier abord.

Emanuel Tychonowicz

 

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