Pollution de l’air: une menace au quotidien !

A l’approche de la COP 21, début décembre à Paris, les questions climatiques se trouvent sur le devant de la scène médiatique : entre la fonte des glaces, la multiplication des tremblements de terres et l’augmentation du niveau des océans, les sujets ne manquent pas. L’impact du réchauffement climatique dans notre quotidien peut nous paraître éloigné. Pourtant, cette question touche notre vie de tous les jours : la pollution de l’air dans les villes françaises serait à l’origine de bien des maux sur la santé. Face aux chiffres, photos et constats d’experts plus alarmistes les uns que les autres, l’urgence des mesures prime.

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L’Arc de Triomphe lors du pic de pollution en mars 2015 – Source France Info (c) DR

« Pollution atmosphérique »,  « Réchauffement climatique » : deux appellations-clés au cœur des questionnements, polémiques et discussions qui auront lieu au France dans le cadre de la Conférence sur le Climat. Du 30 novembre au 11 décembre prochain, près de 150 chefs de l’Etat se rendront au Bourget, à Paris. Qu’espèrent-ils ? Trouver un accord afin d’endiguer un réchauffement climatique qui s’est aggravé en 2015. Leur objectif a pour but premier de limiter ce réchauffement à 2 °C : l’occasion inespérée de trouver des solutions durables qui répondent au problème sanitaire causé par la pollution de l’air de nos villes.

PM10  : une particule fine cancérigène

L’idée de« pollution atmosphérique » cache une réalité invisible à nos yeux, traduite en chiffres et statistiques. On ne les voit pas, mais elles sont redoutables. Elles se concentrent dans nos villes. On les appelle particules fines :  les PM10. Ces particules en suspension, d’une forte teneur en métaux, pénètrent en profondeur dans notre appareil respiratoire et viennent se déposer au niveau de nos alvéoles pulmonaires.

L’ANSES n’a pas fini de nous mettre en garde contre la toxicité qu’elles présentent. En septembre dernier, l’agence publiait un rapport  qui pointe du doigt les endroits à risque, là où nous sommes le plus exposés : les réseaux de métro et RER de Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rennes, Rouen et Toulouse. Par ailleurs, l’agence encourage les mesures de prévention et de réduction d’une exposition quotidienne aux particules fines devenue un risque majeur pour la santé.

« On ne les voit pas, mais elles sont redoutables . Elles se concentrent dans nos villes. On les appelle particules fines»

D’après une étude menée par le CIRC en 2013 (Centre International de recherche sur le cancer de l’OMS), les particules de l’air ambiant sont un facteur qui favorise largement l’apparition du cancer. En octobre 2013, elles ont été classées dans la catégorie 1 des agents cancérigènes pour l’Homme. D’autres rapports officiels mettent en avant leur dangerosité. A travers son bilan de la qualité de l’air en 2014, l’AQSA, une base de données nationale, met en évidence l’augmentation de la mortalité et celle des maladies respiratoires et cardiovasculaires liée à une exposition prolongée. En 2012, le nombre de décès prématurés dans le monde lié à la pollution de l’air ambiant extérieur était évalué à 3,7 millions de personnes.

En France, le niveau d’alerte de 50 µg/m3 largement dépassé

Quelques sites internet se mobilisent pour informer les français sur la qualité de leur air : par exemple, Linternaute met à disposition des cartes graphiques : elles présentent l’évolution de la quantité des PM10 dans les villes et départements français. En 2013, Saint Denis se trouvait en tête du classement, avec ses 59 microgrammes par mètre cube : un seuil qui dépasse largement celui préconisé par l’OMS, fixé à 20 µg/m3 de concentration moyenne annuelle. Il est également possible se suivre la pollution de l’air en temps réel.

La France s’illustre par la répétition de pics de pollution, notamment en région parisienne. Dans les transports en commun, ces concentrations peuvent atteindre les 1284 µg/m3. La norme, pourtant, fixe le niveau d’alerte à 50µg/m3. Recommandations de réduction des activités physiques, mise en place d’une circulation alternée dans la capitale, réduction de la vitesse à 20km/h… : si la concentration de particules fines a permis la mise en place de mesures pour protéger la population,  elles n’ont été que provisoires.

Entre écologistes militants, pneumologues et spécialistes, nombreux sont ceux qui tirent la sonnette d’alarme. Tous espèrent que la COP21 saura passer du simple principe de précaution à la mise en place d’une politique globale efficace pour faire face à cet enjeu sanitaire du quotidien.

Domitille Courtemanche

 

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