La Russie à la conquête du Nord

 

Selon une étude réalisée en 2008, par l’Institut de géophysique américaine (USGS) l’Arctique renfermerait 13% des ressources mondiales non découvertes de pétrole et 30% de celle de gaz naturel essentiellement en Russie et en Alaska.

La Russie a soumis le 4 août 2015 aux Nations unies une nouvelle demande sur l’appropriation de 1,2 millions de kilomètres carrés en Arctique. La demande de Moscou comprend une partie de la dorsale de Lomonossov qui renferme d’importantes réserves d’hydrocarbures.

  • Une exploitation des ressources à deux vitesses

Aujourd’hui, les entreprises pétrolières ont découvert une soixantaine de gisement de gaz et de pétrole en Arctique. 43 se situent en Russie, 11 au Canada, 6 en Alaska et 1 en Norvège. Depuis 2013, la Russie a débuté l’exploitation de ses ressources. La plateforme pétrolière de Prirazlomnove dans le Sud-Est de la Mer de Barents a extrait en 2014 environ 2,2 millions de barils pour l’entreprise russe Gazprom.

Les ressources de l’arctique sont peu exploité car l’investissement à un coût qui dépend de plusieurs facteurs (cours mondiale du baril, l’accès géographique, les technologie lié à l’exploration et à l’exploitation). Malgré les nombreuses compétences des compagnies russes dans le forage en condition extrême, elle reste dépendante des technologies des compagnies occidentales. Rosneft a signé plusieurs partenariats avec Exxon Mobil, ENI, BP, Statoil pour du forage en Arctique. A cause de la crise ukrainienne, ces partenariats n’ont pas avancé et l’exploitation arctique reste minime pour la Russie.

  • Comment protéger ces ressources ?

Moscou à deux possibilités, la voie diplomatique ou militaire. En 2010, la Russie et la Norvège sont parvenues à s’accorder sur un différend frontalier en Mer de Barents et un accord énergétique a été conclu. Tandis que le Canada ne parvient pas à s’accorder sur les différends qui l’opposent à la Russie notamment la dorsale de Lomonossov.

La Russie entend dominer son voisin canadien par sa puissance militaire. En effet, elle possède 26 bateaux briseur de glace alors que le Canada ou les Etats-Unis n’en possèdent que cinq à eux deux.

Par ailleurs, la Russie a restauré des pistes d’avion et des ports d’époque soviétiques. C’est le seul Etat à faire de l’Arctique une priorité. Le 16 mars dernier, l’armée russe a démontré sa puissance à ses voisins en effectuant des manœuvres militaires de grande ampleur. D’après Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, 38 000 soldats, 11 avions, 40 navires de surface et 15 sous-marins de guerre ont été mobilisé.

La Russie semble bien armée pour faire valoir ses droits sur les hydrocarbures et transport maritimes dans la région. Elle aurait tout intérêt à coopérer avec ses voisins pour mutualiser les moyens et réduire les coûts d’exploitation d’hydrocarbure. Ce type de partenariat permettrait de faire redescendre les tensions régionales qui y règnent.

Marc-Antoine Barberis

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