Spoutnik: un softpower russe

« Contre la propagande occidentale » : Spoutnik. Lancé en France en janvier 2015, ce service d’information est diffusé dans une trentaine de pays. Entre une ligne éditoriale au relent nationaliste et la critique du monopole occidental, Moscou tente son retour sur la scène internationale par le biais de l’’information.

On l’appelle Spoutnik. Derrière ce mot, c’est une ombre qui s’étend : celle du passé, de la guerre froide, de la course à l’espace entre les États-Unis et la Russie. En 1957, était lancé le premier « Sputnik »,- satellite, en russe- à la fois symbole de la puissance et de la maîtrise technologique de l’Union soviétique. Dissuader, à tout prix.

Une cinquantaine d’année plus tard, Spoutnik voit le jour sous une toute autre forme. Lancé en novembre 2014 par le groupe de médias russe Rossiya Segodnya « La Russie d’Aujourd’hui », ce service d’information est fait de sites internet, de stations radio et de télévision, diffusées dans une trentaine de langues. Le média s’adresse d’abord aux pays occidentaux. On y compte les principales puissances : la Chine, les États-Unis, la France… L’agence de presse dispose également d’agences d’information locale et de correspondants dispersés dans une centaine de villes. Pour l’année 2015, 140 millions de dollars lui ont été attribués par l’État.

Derrière Spoutnik, la volonté de « lutter contre la propagande agressive de l’Occident »

« l’Europe forteresse est le plus grand danger pour l’avenir de l’Ukraine »

« Poutine incarne l’espoir pour les Européens ordinaires»

 « John Kerry découvre que le monde n’est plus bipolaire »

Peut-on lire parmi les grands titres diffusés sur le site français. Pour Dmitri Kisselev, le directeur de l’agence, il s’agit avant tout de « donner une perspective alternative sur les événements mondiaux » : une approche qui se démarque, selon lui du point de vue unipolaire occidental ; une manière aussi de contester le nouvel ordre international.

Sputnik photo - 11/11/2015

« La Russie met l’Otan en garde contre  tout rapprochement de ses frontières »                                         frSputniknews – 11/11/2015

Spoutnik, le bras armé de la Russie ?

Dmitri Kisselev fait partie des personnalités politiques interdites de séjours en Europe par les sanctions européennes qui pèsent sur la Russie. Connu sous le nom du « propagandiste en chef de la Russie », il a été soigneusement nommé par le chef du Kremlin à la tête de l’entreprise.

Le gouvernement russe prend soin d’entretenir des liens forts avec les médias. Lorsqu’il s’agit d’informer, la volonté de Vladimir Poutine n’est jamais très loin. Déjà, en mai 2014, 300 journalistes étaient décorés par le Kremlin pour « service rendu à la patrie » : une manière paradoxale de les remercier pour « leur objectivité dans la couverture des évènements en Crimée ».

Entre l’Occident et la Russie, l’enjeu est en premier lieu d’ordre médiatique. Après la guerre des Etoiles de Sputnik, une guerre de l’information ?

Domitille Courtemanche

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s