Rupture de deux barrages au Brésil.

Le journal français Le Parisien vient de publier une vidéo des plus alarmantes. Peu avant la COP21 qui est bientôt à l’honneur dans la capitale française, cette vidéo est une piqûre de rappel.

Elle nous parle de cet accident dont nous n’avons pour la plupart, pas ou peu entendu parler. Le 5 novembre dernier, dans la région de Mariana, dans l’Etat de Minas Gérais, au sud-est du Brésil, se produisait un événement dramatique. En effet, au début du mois, les intempéries qui secouaient le pays ont causé la rupture de deux barrages miniers. A la suite de ce désastre, un village de 630 habitants a été englouti et des coulées de boue se déversent dans les rivières. Une partie de la population du village avait été évacuée un peu avant alors que l’entreprise renforçait son barrage. Le bilan est toutefois de 13 morts, autant de disparus et des blessés.

L’ONU appelle les entreprises concernées par la chute de ces barrages à agir contre les coulées de boue toxiques qui progressent trop vite, et qui sont dangereuses pour la faune et la flore de la région, mais aussi pour les populations. La boue, qui coulait dans les rivières du Brésil, a atteint l’Océan Atlantique, le 22 novembre dernier et tue tout sur son passage, menaçant aujourd’hui la propreté des océans.

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© Ricardo Moraes / Reuters – Les coulées de boues se déversent dans l’Océan Atlantique, après avoir parcouru plus de 650kms en 16 jours.

La compagnie minière Samarco, coupable d’avoir sous-estimé la capacité de leurs barrages prétendrait qu’il n’y avait aucuns produits chimiques dans ces coulées, seulement un rapport du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme à l’ONU affirme le contraire. Ces coulées de boue, qui ont parcouru une distance de près de 600 kilomètres en moins de deux semaines, seraient chargées de métaux lourds et toxiques, ainsi que de produits chimiques.

Aujourd’hui, toutes les populations sur le qui-vive, après l’annonce de Samarco qui déclare que deux autres barrages pourraient céder, si les pluies venaient à être trop fortes. Cette entreprise, détenue à moitié par des brésiliens, et l’autre moitié par des australiens va devoir payer de lourdes indemnités pour la catastrophe sans précédent qu’ils viennent de causer. On parlerait aujourd’hui de 5,2 milliards de dollars d’amende, demandés par le Brésil aux compagnies minières.

Camille Bonnet

Pollution de l’air: une menace au quotidien !

A l’approche de la COP 21, début décembre à Paris, les questions climatiques se trouvent sur le devant de la scène médiatique : entre la fonte des glaces, la multiplication des tremblements de terres et l’augmentation du niveau des océans, les sujets ne manquent pas. L’impact du réchauffement climatique dans notre quotidien peut nous paraître éloigné. Pourtant, cette question touche notre vie de tous les jours : la pollution de l’air dans les villes françaises serait à l’origine de bien des maux sur la santé. Face aux chiffres, photos et constats d’experts plus alarmistes les uns que les autres, l’urgence des mesures prime.

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L’Arc de Triomphe lors du pic de pollution en mars 2015 – Source France Info (c) DR

« Pollution atmosphérique »,  « Réchauffement climatique » : deux appellations-clés au cœur des questionnements, polémiques et discussions qui auront lieu au France dans le cadre de la Conférence sur le Climat. Du 30 novembre au 11 décembre prochain, près de 150 chefs de l’Etat se rendront au Bourget, à Paris. Qu’espèrent-ils ? Trouver un accord afin d’endiguer un réchauffement climatique qui s’est aggravé en 2015. Leur objectif a pour but premier de limiter ce réchauffement à 2 °C : l’occasion inespérée de trouver des solutions durables qui répondent au problème sanitaire causé par la pollution de l’air de nos villes.

PM10  : une particule fine cancérigène

L’idée de« pollution atmosphérique » cache une réalité invisible à nos yeux, traduite en chiffres et statistiques. On ne les voit pas, mais elles sont redoutables. Elles se concentrent dans nos villes. On les appelle particules fines :  les PM10. Ces particules en suspension, d’une forte teneur en métaux, pénètrent en profondeur dans notre appareil respiratoire et viennent se déposer au niveau de nos alvéoles pulmonaires.

L’ANSES n’a pas fini de nous mettre en garde contre la toxicité qu’elles présentent. En septembre dernier, l’agence publiait un rapport  qui pointe du doigt les endroits à risque, là où nous sommes le plus exposés : les réseaux de métro et RER de Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rennes, Rouen et Toulouse. Par ailleurs, l’agence encourage les mesures de prévention et de réduction d’une exposition quotidienne aux particules fines devenue un risque majeur pour la santé.

« On ne les voit pas, mais elles sont redoutables . Elles se concentrent dans nos villes. On les appelle particules fines»

D’après une étude menée par le CIRC en 2013 (Centre International de recherche sur le cancer de l’OMS), les particules de l’air ambiant sont un facteur qui favorise largement l’apparition du cancer. En octobre 2013, elles ont été classées dans la catégorie 1 des agents cancérigènes pour l’Homme. D’autres rapports officiels mettent en avant leur dangerosité. A travers son bilan de la qualité de l’air en 2014, l’AQSA, une base de données nationale, met en évidence l’augmentation de la mortalité et celle des maladies respiratoires et cardiovasculaires liée à une exposition prolongée. En 2012, le nombre de décès prématurés dans le monde lié à la pollution de l’air ambiant extérieur était évalué à 3,7 millions de personnes.

En France, le niveau d’alerte de 50 µg/m3 largement dépassé

Quelques sites internet se mobilisent pour informer les français sur la qualité de leur air : par exemple, Linternaute met à disposition des cartes graphiques : elles présentent l’évolution de la quantité des PM10 dans les villes et départements français. En 2013, Saint Denis se trouvait en tête du classement, avec ses 59 microgrammes par mètre cube : un seuil qui dépasse largement celui préconisé par l’OMS, fixé à 20 µg/m3 de concentration moyenne annuelle. Il est également possible se suivre la pollution de l’air en temps réel.

La France s’illustre par la répétition de pics de pollution, notamment en région parisienne. Dans les transports en commun, ces concentrations peuvent atteindre les 1284 µg/m3. La norme, pourtant, fixe le niveau d’alerte à 50µg/m3. Recommandations de réduction des activités physiques, mise en place d’une circulation alternée dans la capitale, réduction de la vitesse à 20km/h… : si la concentration de particules fines a permis la mise en place de mesures pour protéger la population,  elles n’ont été que provisoires.

Entre écologistes militants, pneumologues et spécialistes, nombreux sont ceux qui tirent la sonnette d’alarme. Tous espèrent que la COP21 saura passer du simple principe de précaution à la mise en place d’une politique globale efficace pour faire face à cet enjeu sanitaire du quotidien.

Domitille Courtemanche

 

Le Pape François en Afrique : un voyage à l’accent social et environnemental

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Le Pape François en Afrique

Dans des pays touchés par la corruption, la pauvreté et les violences, les prises de parole du souverain pontife sont très attendues.

Le pape François a entamé mercredi 25 septembre une visite de six jours pour ce qui est son premier voyage en Afrique. Après le Kenya mercredi et Jeudi et l’Ouganda vendredi et samedi, le Pape est attendu en Centrafrique dans les deux prochains jours.
Au cours de ce périple, François est très attendu sur les thèmes qui concernent particulièrement les pays traversés.

Ainsi, pour évoquer le thème du climat cher au souverain pontife et alors que se profile en France la COP21, sur laquelle il porte de nombreux espoirs, François s’est rendu au Programme de Nations-Unies pour l’Environnement (PNUE) qui a son siège à Nairobi. Au cours de cette visite, le Pape, qui était très attendu par les fonctionnaires de l’ONU, a de nouveau rappelé son attachement à l’écologie. Décrit comme « faisant preuve d’un grand courage » par certains fonctionnaires du PNUE, François a symboliquement planté un arbre dans le jardin de l’organisme, montrant par là son fort attachement aux questions climatiques.

Les aspects sociaux et minoritaires au centre de ce déplacement.

L’écologie est indissociable d’un autre thème privilégié par l’évêque de Rome : la justice sociale. Dès son arrivée au Kenya, le Pape a revêtu ses habits de défenseurs de la cause des plus pauvres. Dans ses différents discours aux élites politiques du Kenya et de l’Ouganda, François a évoqué plusieurs fois le thème du partage des richesses, alors que ces deux pays sont très touchés par la corruption. Le souverain pontife a condamné la société de consommation qui met l’argent au centre des préoccupations, oubliant par la même la place de l’être humain. La demande des internautes était d’ailleurs très forte pour que le Pape fasse mention de cette question sociale. Au Kenya, dont plus de 64% de la population est connectée à internet, les messages en ce sens se multipliaient sur le réseau social twitter, avec même un hashtag créé exprès pour l’évènement : #TellThePope.

Mais le Pape est aussi très attendu sur le problème des violences faites aux minorités et du dialogue inter-religieux. Dans ces pays d’Afrique que le Pape traverse tout au long de son séjours, l’homosexualité est notamment un sujet sensible. Elle est par exemple toujours considérée comme un délit au Kenya et passible d’une peine de prison. Les défenseurs de la cause des minorités sexuelles attendent de François une condamnation des propos souvent violents des hommes d’Eglise africains.

La question sensible des violences religieuses

Les trois pays traversés sont tous les trois sujets aux violences entre religions. La position du Pape sur ce sujet, très ferme pour ce qui est de condamner ces actes, devrait encore ressortir. Cela a déjà été le cas au Kenya où François s’est rendu dans le bidonville de Kangemi, situé dans la capitale Nairobi et peuplé notamment d’une forte communauté catholique, liant ainsi les problèmes sociaux et religieux. L’évocation a aussi été faite en Ouganda où le Pape s’est rendu au sanctuaire de Namugongo. C’est ici que en 1887 des chrétiens (catholiques et protestants) avaient été exécutés sur ordre du roi de l’époque. Ce lieu est un symbole du dialogue inter-religieux dans le pays. Enfin, la question des violences inter-religieuses sera sûrement au cœur des discours du Pape en Centrafrique, quand on sait que cet aspect est la raison des violences meurtrières et de l’intervention militaire Française dans le pays.

 

Guilhem Brachet

Chine – Taïwan. Rencontre historique entre deux frères ennemis

Le président chinois, Xi Jinping et le président taïwanais Ma Ying-jeou se sont rencontrés début novembre 2015 à Singapour. Cette entrevue organisée entre ces deux présidents est une première depuis 66 ans.

Depuis la création de la République populaire de Chine (RPC) le 1er octobre 1949 par Mao Zedong et l’exil des institutions de la République de Chine à Taïwan, la frontière sino-taiwanaise fait l’objet d’un contentieux.

  • Une communauté internationale indécise

Les deux régimes disaient représenter l’ensemble de la Chine, mais d’un point de vue juridique, il existait une seule Chine qui englobe le continent ainsi que Taïwan. Chacun se préparait à reconquérir l’autre par la force. La communauté internationale n’avait pas adopté une position unique face à ce litige. Dans ce contexte, les États-Unis soutiennent, dans un premier temps, Taïwan, notamment lors du bombardement de Pékin sur les îles de Quemoy et de Matsu. Washington et Taipei signèrent un traité de défense en décembre 1954 suite à la guerre de Corée. Cet accord va permettre aux américains d’utiliser Taiwan comme base arrière pendant la guerre du Viêt Nam.

Dans les années 70, les américains font évoluer leurs positions. Dès 1971, Washington décide de reconnaître la Chine continentale pour contrer l’influence de l’URSS sur la Chine. En fin d’année, Taïwan se retrouve isolé sur la scène internationale en perdant son siège de représentant de la Chine à L’ONU. La Chine soviétique et les États-Unis officialisent leurs relations le 1er janvier 1979. La RPC déclare un cessez-le-feu dans le détroit de Formose et l’arrêt des bombardements sur l’île de Jinmen.

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Dessin d’Ammer

  • Des relations fragiles

Pour l’heure, Pékin a mis en place une stratégie pour contenir les indépendantistes taïwanais. Cette politique combine une pression constante sur les pays soutenant Taïwan et une menace militaire constante. Par ailleurs, la Chine a adopté, la politique du « front uni » afin de diviser l’ennemi, pour mieux le combattre, comme le souligne le rapprochement entre le Parti communiste Chinois et le Kuomintang en 2005.

Outre, la démocratisation du régime taïwanais, il y a eu une redéfinition de la politique étrangère. À la fin des années 1980, Taipei s’est rallié au principe de la double reconnaissance. Une campagne pour la réintégration de la République de Chine aux côtés, de la RPC à l’ONU, a notamment été lancée dès 1992. Cette tentative s’est soldée par un échec.

Depuis l’élection de Ma Ying-jeou en 2008, les relations entre les deux pays se sont améliorées. Le président taïwanais est parvenu à signer un accord-cadre de coopération avec Pékin en 2010. C’est une étape indispensable pour adoucir les relations entre ces deux États. Cependant, la méfiance sur le plan diplomatique est intacte comme le prouve le refus de la Chine d’accepter Taïwan officiellement nommé la République de Chine dans la nouvelle Banque asiatique d’investissement.

Marc-Antoine Barberis

L’art du « dress code » en politique

En 2012, la robe, blanche à fleurs bleues, de la Ministre Cécile Duflot avait provoqué une « polémique » au sein de l’Assemblée Nationale. Lors de la séance des Questions au gouvernement, la Ministre est huée par les députés UMP (maintenant les Républicains). Une nouvelle preuve du sexisme de certains élus  mais aussi d’un « dress code » encore flou pour les femmes en politique.

Un sexisme omniprésent

«  Mesdames et messieurs les députés, mais surtout messieurs visiblement… », telle est la phrase que Claude Bartolone prononce lors de ces huées, tendant tant bien que mal de calmer les hommes politiques. Ces remarques d’un machisme absolu ne sont malheureusement pas si rare. Un député UMP avait osé déclarer la même année que Rachida Dati ne pouvait être présidente du parti car il n’était pas « sûr que Vuitton ou Dior ait sa place à ce niveau là ». En clair, une féminité affirmée (et un goût pour la mode) empêchent d’être compétente à un poste à responsabilités, selon certains députés. Ainsi le sexisme est encore bien présent au sein de l’une des plus hautes sphères de notre pays.

Récemment on entendait parler de la Ministre de l’Éducation, Najat Vallaud Belkacem et de ses dessous. Un journaliste du Point l’avait réduite à son « soutif » et « rouge à lèvres », tout ça dans un article des plus sexiste. Qui se soucie des dessous de la Ministre? 

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Cécile Duflot au micro de l’Assemblée en Juillet 2012 à Paris. AFP PHOTO BERTRAND GUAY

Le dress code: un concept flou mais rigide

Tout cela pose la question du « dress code » en politique. Les hommes ont un avantage non négligeable, la cravate, le costume, une paire de chaussures noires et le tour est joué. Aucune réflexion sur le manque d’originalité ou l’uniformisation de leur allure stricte. Cela s’explique par la liberté vestimentaire quasi nulle dans toutes les instances de l’État. Comme le souligne un conseiller concernant le « dress code » en politique « Il n’y a aucun règle écrite, mais chacun est bien conscient que nous ne travaillons pas n’importe où». En clair le tailleur est de rigueur pour la gente féminine. Cécile Duflot avait, une fois de plus, mis à mal cet acquis quelque peu flou car jamais codifié clairement. Elle était venue en jean à l’Elysée en 2012 ce qui avait provoqué une série de remarques désobligeantes. Il est donc impossible de déroger à cette tradition. Depuis 1972, les femmes ont le droit de venir en pantalon à l’Assemblée. Michèle Alliot Marie a eu le culot, à l’époque, de venir en pantalon et de refuser de changer de tenue. Il faut se battre pour avoir les mêmes droits, même au sein de l’hémicycle.

Concernant une venue du public le problème est le même. Sur le site de l’Assemblée Nationale on ne trouve qu’une seule indication: « En application de l’article 8 de l’Instruction générale du Bureau, le public admis en séance doit porter une tenue correcte (pour les hommes : veste ou blouson à manches longues, pantalon long) ». Rien de plus.

Fait amusant, les codes officieux concernant les costumes, dont nous n’avons pas connaissance: « A Bercy, tout le monde est en gris. Alors qu’à l’Intérieur, c’est costume noir obligatoire», explique un collaborateur des ministères. Mais rien n’empêche de jouer avec la couleur des cravates ou des chemisiers, seuls petits plaisirs vestimentaires autorisés.

Cécile Duflot ne reportera plus sa robe bleue à l’Assemblée, elle le regrette à présent expliquant que sa « discrétion » n’empêche en rien le machisme, et ne fait que donner raison à ses détracteurs.

KOBI Loubna

La Russie à la conquête du Nord

 

Selon une étude réalisée en 2008, par l’Institut de géophysique américaine (USGS) l’Arctique renfermerait 13% des ressources mondiales non découvertes de pétrole et 30% de celle de gaz naturel essentiellement en Russie et en Alaska.

La Russie a soumis le 4 août 2015 aux Nations unies une nouvelle demande sur l’appropriation de 1,2 millions de kilomètres carrés en Arctique. La demande de Moscou comprend une partie de la dorsale de Lomonossov qui renferme d’importantes réserves d’hydrocarbures.

  • Une exploitation des ressources à deux vitesses

Aujourd’hui, les entreprises pétrolières ont découvert une soixantaine de gisement de gaz et de pétrole en Arctique. 43 se situent en Russie, 11 au Canada, 6 en Alaska et 1 en Norvège. Depuis 2013, la Russie a débuté l’exploitation de ses ressources. La plateforme pétrolière de Prirazlomnove dans le Sud-Est de la Mer de Barents a extrait en 2014 environ 2,2 millions de barils pour l’entreprise russe Gazprom.

Les ressources de l’arctique sont peu exploité car l’investissement à un coût qui dépend de plusieurs facteurs (cours mondiale du baril, l’accès géographique, les technologie lié à l’exploration et à l’exploitation). Malgré les nombreuses compétences des compagnies russes dans le forage en condition extrême, elle reste dépendante des technologies des compagnies occidentales. Rosneft a signé plusieurs partenariats avec Exxon Mobil, ENI, BP, Statoil pour du forage en Arctique. A cause de la crise ukrainienne, ces partenariats n’ont pas avancé et l’exploitation arctique reste minime pour la Russie.

  • Comment protéger ces ressources ?

Moscou à deux possibilités, la voie diplomatique ou militaire. En 2010, la Russie et la Norvège sont parvenues à s’accorder sur un différend frontalier en Mer de Barents et un accord énergétique a été conclu. Tandis que le Canada ne parvient pas à s’accorder sur les différends qui l’opposent à la Russie notamment la dorsale de Lomonossov.

La Russie entend dominer son voisin canadien par sa puissance militaire. En effet, elle possède 26 bateaux briseur de glace alors que le Canada ou les Etats-Unis n’en possèdent que cinq à eux deux.

Par ailleurs, la Russie a restauré des pistes d’avion et des ports d’époque soviétiques. C’est le seul Etat à faire de l’Arctique une priorité. Le 16 mars dernier, l’armée russe a démontré sa puissance à ses voisins en effectuant des manœuvres militaires de grande ampleur. D’après Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense, 38 000 soldats, 11 avions, 40 navires de surface et 15 sous-marins de guerre ont été mobilisé.

La Russie semble bien armée pour faire valoir ses droits sur les hydrocarbures et transport maritimes dans la région. Elle aurait tout intérêt à coopérer avec ses voisins pour mutualiser les moyens et réduire les coûts d’exploitation d’hydrocarbure. Ce type de partenariat permettrait de faire redescendre les tensions régionales qui y règnent.

Marc-Antoine Barberis

La mondialisation du conflit avec Daech

l’occupation des territoires de la Syrie et d’Irak, les derniers attentats de Paris en novembre 2015, les menaces contre les différents pays du monde et la transformation du terrorisme en une guerre opérationnelle nécessitent un mouvement urgent contre une menace qui est devenue mondiale.

 

Carte imaginée par Daech pour ses territoires de futur, http://jcpa-lecape.org/wp-content/uploads/2014/09/isismap2.jpg 

Selon Pierre-Jean Luizard, Daech utilise une arme stratégique, c’est « l’internationalisation du conflit ».

L’EI a choisi de contrôler les territoires voisins de la Syrie, l’Arabie Saoudite et la Jordanie et impliquer l’Occident à travers la politique de pire et par atteindre aux droits des minorités et des droits de l’homme, et ça pour ne pas se contenter du territoire confessionnel sunnite contrôlé en Irak. Ces actes doivent être accompagnés par des attentats dans les pays en paix, à coté des propagandes de l’histoire des occupations occidentales pour présenter les musulmans comme les victimes historiques de l’Occident. Ce projet permet de dépasser les territoires régionaux et présenter l’EI comme un combattant des droits des musulmans contre l’Occident athée et occupant. Ce but a été atteint par la coalition militaire dirigée par les Etats-Unis contre l’EI.

Aussi, les derniers attentats de Paris en novembre 2015 montrent bien le désir des djihadistes de restituer le califat et imposer la charia islamique. La France a été visée, ce n’est pas seulement à cause de ses engagements militaire, mais aussi parce qu’elle incarne la notion de laïcité qui est hostile aux terroristes et fait allusion, selon eux, aux « jours sombres des musulmans », comme Atatürk quand il a aboli le califat, Nasser et les guerres contre les frères musulmans, Hafez Al-Assad et la répression des frères musulmans aussi, Saddam Hussein et d’autres. Dans leur carte, on voit clairement leur agenda et leur désir d’imposer la charia sur l’Europe et les différents territoires que les musulmans occupaient avant, d’où vient les menaces des différents pays du Moyen-Orient et d’Europe. C’est une pensée très grave qui montre leur projet de l’avènement d’un califat mondial.

Invitation des « croisées » au combat :

Daech diffuse de temps en temps des filmes et des vidéos traduits sur ses deux cellules de communication, Al-Fourqan, canal officiel, et Al Hayat lié au cyber djihad, pour recruter les gens (les moudjahidines, ceux qui font le Djihad) et inviter les gens occidentaux à rejoindre leurs frères au djihad. Par ces filmes sur la méthode hollywoodienne Daech cherche à impliquer l’occident dans les combats. Comme a dit le Jihadi John avec la tête coupé de Peter Kassig :  « nous voilà en train d’enterrer le premier croisé américain à Dabiq. Et nous attendons avec impatience l’arrivée de vos autres soldats pour qu’ils soient égorgés et enterrés ici même ».

Pierre-Jean Luizard commente sur la vidéo : « Dans ce film, le masque tombe et le double discours est révélé : ce que cherche l’État Islamique, ce n’est pas à obtenir la fin des interventions militaires occidentales, mais au contraire à les provoquer. Cette fois-ci Jihadi John, comme il a été surnommé, invite presque l’armée américaine et prévient qu’elle trouvera à Dabiq sa fin ». Dabiq est une ville située au nord de la Syrie. Selon l’Islam c’est là où va dérouler la dernière guerre apocalyptique entre les forces du bien (les musulmans) et les forces de mal (les mécréants) le Jour de Jugement.

De plus en plus, on parle des membres clandestins de Daech dans les différents pays arabes et européens, ce qui ne laisse pas beaucoup de temps pour agir et faire face contre cette menace internationale. le grand nombre des combattants étrangers de différentes nationalités facilitent leur transport et leur infiltration dans les différents pays visés ; par exemple, le nombre des combattants français avec Daech est estimé entre 1200 et 1300, selon général Castres.

Les jours qui viennent semblent un peu sombres pour l’instant, avec un « État » qui devient de plus en plus fort sans une intervention envisagée au sol par les pays occidentaux qui ont choisi les frappes d’aviation qui, apparemment et par des déclarations des leaders occidentaux, n’arrivent pas à éradiquer ce danger représenté par des diables en forme humaine. Les simples frappes d’aviation de semblent pas être suffisantes, mêmes si les russes ont bien compris que même avec ces frappes intensives, ce n’est pas suffisant, par déclaration de Poutine lui-même. Alors, il est clair que sans une intervention au sol d’une armée au moins équivalente, il est difficile de combattre ces terroristes bien organisés et bien formés, qui ont menacé plusieurs pays dans le monde. Les leçons de l’histoire nous approuvent que la barbarie va être battu par la démocratie et la lutte des peuples pendant des siècles pour avoir sa liberté.