Les négociations avec la Turquie, l’espérance d’une diminution du nombre d’arrivées de migrants en Europe.

Le 15 octobre 2015, la commission européenne et la Turquie se sont réunies afin de négocier les termes d’un plan d’action conjoint sur la question de la crise migratoire que subit depuis quelques mois l’Europe du fait de l’expansion de Daech au Moyen-Orient.

3 milliards d’euros de débloqués

La crise liée aux migrants en Europe revêt aujourd’hui une dimension beaucoup plus inquiétante que quelques mois plus tôt. L’arrivée massive de migrants de cultures et de langues différentes a eu pour effet de perturber d’une part la gestion des frontières et d’autre part de faire se lever des nationalismes sur base ethnique et identitaire.               En effet, certains évènements des jours ou semaines passées illustrent cela. La Hongrie, de par sa position stratégique de porte d’entrée sur l’espace Schengen était le passage le plus emprunté par les migrants au début de la crise. Après la fermeture successive de ses frontières avec la Serbie puis la Croatie, l’itinéraire s’est déporté sur la Slovénie. Or avec l’arrivée de près de 8000 migrants en quelques jours, le pays se dit dépassé et promulgue une loi le 21 octobre élargissant les compétences de l’armée sur les questions frontalières.                                                                                                             Cependant, alors que la situation sur les limites géographiques des États de l’Union européenne devient incontrôlable, la politique interne de ces mêmes pays est bouleversée. La montée en puissance des partis d’extrême-droite ou nationalistes, contre l’Union européenne et l’espace Schengen autorisant une libre circulation des personnes notamment, est révélatrice de cette situation. En Allemagne par exemples, alors que le parti islamophobe Pegida rassemble toujours plus de membres lors de manifestations, des faits divers préoccupants apparaissent. Le 17 octobre, Henriette Reker, candidate à la mairie de Cologne et chargé de l’accueil des migrants dans la ville, est poignardée par un homme affilié à un mouvement d’extrême-droite.                                                              Ces dimensions externes et internes de la crise des migrants apparaissent au fur et à mesure dans tous les pays européens. Le facteur économique lié à l’accueil des migrants en Europe est aussi à prendre en compte. C’est donc sur tous ces objets que se sont appuyés les membres de l’Union européenne pour lancer des négociations avec les autorités turques. Une promesse d’aide de 3 milliards d’euros a été engagé par les européens afin d’aider les turques dans la gestion des 2 millions de migrants déjà présent sur leur territoire, et l’anticipation sur de futurs arrivées en masse. Le but de cette action pour l’Union européenne est de voir diminuer le flux migratoire à destination de l’Europe.

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Réunion du 15 octobre entre les autorités turques et celles de l’Union européenne © Union européenne, 2015

L’avancée de l’adhésion de la Turquie dans l’Union européenne

Étant donné que déjà 7 milliards d’euros ont été nécessaires jusqu’à présent pour gérer la situation en Turquie, et que cette somme n’a pas été versée par un État tiers mais bien par la Turquie elle-même, ce ne sont pas 3 milliards qui vont être décisifs dans les négociations avec la Turquie. Il y a alors un autre facteur qui a permis d’aboutir sur un accord avec le gouvernement d’Erdogan. En effet, la possibilité de la reprise des discussions concernant l’adhésion de la Turquie dans l’Union européenne a été soulevée. Étant donné que c’était Erdogan, entre autres, qui avait soutenu ce projet dès 2003 avec sa nomination en tant que premier ministre, et que la situation restait bloquée depuis plusieurs années, il semble logique, qu’au-delà de l’aspect financier lié à la crise des migrants, un avancement sur la procédure d’adhésion soit envisageable. La matérialisation de cette promesse s’incarnerait dans un premier temps par une ouverture limitée des visas concernant les turques souhaitant circuler dans l’espace Schengen pour les affaires ou les études.
Si cette potentielle adhésion avait été jusqu’à maintenant sujet à désaccords, la situation de crise aujourd’hui est unificatrice pour les pays de l’Union européenne, et les négociations avec la Turquie sont incontournables.

Mattéo Cian

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