Israël, une puissance énergétique en devenir

En janvier 2009, le ministre israélien de l’énergie et de l’eau, Silvan Shalom, annonçait l’indépendance énergétique en gaz de sa nation. Cette déclaration, qui s’accompagne d’une découverte d’autres gisements par ses voisins, annonce l’apparition de nouveaux acteurs en méditerranée orientale. Situé au cœur d’un affrontement régional complexe, l’État hébreu va-t-il parvenir à détendre ses relations avec ses voisins arabes pour une meilleure coopération ?

Gazprom et le gouvernement israélien ont passé un accord en 2013 pour la vente de Gaz Naturel Liquéfié (GNL) pendant 20 ans sur le gisement de Tamar. Ce contrat permet à la firme russe de maintenir sa position dominante en Europe. Toutefois, l’exploitation du Léviathan contenant de plus importantes réserves a été décernée à l’entreprise australienne Woodside et à l’américaine Noble Energy.

  • La distribution, un enjeu stratégique pour Israël

Après s’être émancipé du gaz égyptien, Tel-Aviv a décidé d’exporter 40% de son gaz aux pays limitrophes, l’Europe et l’Asie. Israël fournit déjà la Jordanie aux dépens de l’Egypte après les attaques survenues sur des pipelines du Sinaï. Le royaume hachémite souhaite rester discret quant à cet accord commercial avec l’État hébreu pour éviter les foudres des autres États arabes.

De son côté, l’Europe souhaite s’affranchir de sa dépendance au gaz russe, constituant 30% de ses importations. Pour concrétiser cette alliance, Israël se rapproche de la Grèce et de Chypre considérés par Tel-Aviv comme des têtes de pont vers l’Europe. Néanmoins, ces discussions ne pourront se poursuivre sans les Turcs qui occupent le nord de Chypre depuis 1974.

  • L’espace maritime, un foyer de tension

Avec le développement des plateformes offshores, les États veulent sécuriser leurs installations. Malgré le rapprochement entre Ankara et Tel-Aviv, la Turquie a acheté un porte-aéronef espagnol tandis qu’Israël développe sa marine en renouvelant ses sous-marins. La Turquie n’hésite pas à employer la « diplomatie du canonnier » pour stopper toute velléité d’exploitation Offshore (gisement d’Aphrodite) sans son accord.

Par ailleurs, Israël doit faire face à un contentieux maritime avec le Liban. Aucun accord n’a été signé sur la répartition des Zone Économique Exclusive (ZEE). L’état hébreu souhaite régler ce problème au plus vite et éviter toute confrontation directe qui serait dommageable aux exploitations.

À ce jour, aucun accord multilatéral n’a été conclu afin de définir un cadre régional d’exploitation de la manne gazière. Cette richesse peut être une opportunité pour Israël et ses voisins pour instaurer une paix durable en vu d’une coopération sur le volet énergétique. Cependant, cette indépendance énergétique ne doit pas modifier les orientations stratégiques (industries technologiques très pointues) de ce pays pour éviter une « maladie hollandaise ».

Marc-Antoine Barberis

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