Retour sur le discours de Vladimir Poutine à l’ONU

« Est ce que vous comprenez ce que vous avez fait ? », telle est la remarque du président russe Vladimir Poutine le 28 septembre 2015 à l’occasion des 70 ans de la création de l’ONU. Cette phrase à reçue un tonnerre d’applaudissement de la part des pays de ce que l’on appelait « le Tiers Monde » et exprime la position de la politique étrangère russe face à celle des autres puissances, notamment celle de la France et bien sûr celle des États-Unis.

 

De la multipolarité du monde

Ce discours est d’autant plus important qu’il exprime une vérité fondamentale que les États « occidentaux » se refusaient à admettre : ils n’ont plus la maitrise des affaires internationales. Depuis 2003 et la seconde Guerre du Golfe, le monde n’est plus celui de l’unique puissance américaine mais est un monde multipolaire particulièrement grâce aux actions chinoises et russes à l’ONU. Il explique cela par le fait que « le droit de veto a toujours été appliqué par tous les membres du Conseil de Sécurité. C’est normal. Au moment de la création de l’ONU, on ne comptait pas sur l’unanimité mais sur la recherche de compromis ». Il ajoute que la pensée unique est néfaste pour la sécurité mondiale comme l’Histoire l’avait déjà montré de nombreuses fois et que si cette pensée unique tendait à se développer cela provoquerait l’effondrement de l’ONU et du droit international. Il ajoute que « Il y aura moins de libertés, plus d’États indépendants mais des protectorats gérés de l’extérieur » et donc un retour à la situation de la SDN d’avant la seconde Guerre mondiale.

 

Le président russe lors de son discours devant l'Assemblée générale de l'ONU le 29 septembre 2015

Le président russe lors de son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU le 29 septembre 2015

La crise syrienne comme exemple

Afin d’appuyer ses dires, Vladimir Poutine va prendre pour exemple la situation syrienne et irakienne. Irak dont il reproche l’anéantissement des institutions par les États-Unis en 2003 et de fait l’apparition de zone de non-droits en Irak, en Syrie et en Libye (à cause de l’intervention française). Il demande la création d’une coalition contre l’État islamique mais en y intégrant le régime de Damas. Il dit que « …c’est une erreur de refuser de soutenir les autorités syriennes qui se battent : seuls Assad et les Kurdes se battent réellement contre le terrorisme ». On connaissait déjà la position russe vis-à-vis de Damas mais la nouveauté ici c’est la mention et la pseudo-reconnaissance du combat kurde et de fait une condamnation des agissements du gouvernement turc qui sous couvert d’actions anti-Daesh, entre à nouveau en conflit avec les Kurdes. Vladimir Poutine est clair sur les principes à adopter : « Respecter ce qui se fait dans le cadre de l’ONU et rejeter le reste. Nous devons aider la Libye, l’Irak et les autorités légitimes en Syrie. Nous devons créer une sécurité indivisible ». Tant que les pays comme les États-Unis ou des pays européens auront l’illusion qu’ils peuvent ne pas s’appliquer les règles qu’ils veulent faire appliquer aux autres, aucune sécurité internationale n’est possible: soit il y aura un cadre permettant une sécurité globale soit il y aura une multiplication de conflits locaux, avec toutes les conséquences que ces derniers impliquent.

Emanuel T.

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