Les patrimoines archéologiques : dommages collatéraux ou volontaires ?

Cela fait maintenant plusieurs mois que la cité antique de Palmyre est tombée aux mains de Daesh (également appelé l’Etat Islamique) et qu’elle est victime de destructions massives, depuis le 21 mai 2015. C’est donc tout un pan du patrimoine archéologique culturel de la Syrie qui disparaît peu à peu sous les attaques explosives des djihadistes. Jusqu’à présent, l’Etat Islamique est accusé d’avoir détruit, entres autres, le temple de Bel, l’arc de Triomphe, la statue du Lion d’Athéna, le temple de Baalshamin et encore beaucoup d’autres édifices qui étaient pourtant considérés comme des joyaux d’une valeur inestimable.

© Reuters

Le théâtre romain de Palmyre. © Reuters

Palmyre, cité stratégique.

Au-delà de l’intérêt culturel que représente la cité de Palmyre, elle est aussi un atout stratégique important pour l’Etat Islamique. En effet, par son emplacement en plein milieu du désert syrien, quiconque tient cette ville, tient une bonne partie du territoire, avec en plus l’accès aux ressources pétrolières (champs pétroliers et gaziers) dont dispose la région et donc par extension, l’accès à des ressources financières conséquentes.

Des destructions stratégiques.

Là est l’un des buts de Daesh : détruire les monuments et les joyaux de la Syrie afin de susciter l’indignation internationale. En s’en prenant à Palmyre, et en médiatisant leurs barbaries, ils cherchent à faire pression en effaçant ce qui relève de la mémoire collective du pays. L’EI a comme volonté de mettre en place un califat qui s’étende à la fois sur le territoire syrien et irakien. Mais au-delà de la simple volonté de marquer les esprits, l’organisation Daesh orchestre ces destructions au nom de leur foi. Nous avons déjà vu toutes les destructions qu’ils ont occasionnées à Mossoul dans la vidéo qu’ils ont publiée où ils détruisent bien des œuvres du Musée de Mossoul en février 2015, parce que toute sépulture ou sanctuaire étant considérés comme idolâtrie et les éloignant de leur Dieu Allah, il faut les supprimer. En effet, pour Charlie Winter, analyste à la Quilliam fondation basée à Londres (think tank britannique qui se concentre sur le « contre-extrémisme » et plus spécifiquement l’islamisme), ces destructions « ont une réelle signification dans la vision du monde des jihadistes car elles représentent le symbole de polythéisme. Il s’agit d’œuvres préislamiques et sont donc considérées par eux comme ne méritant pas d’exister ».

Image issue d'une vidéo diffusée par l'Etat islamique et montrant, vraisemblablement, la destruction du temple de Bêl à Palmyre en Syrie. - WELAYAT HOMS / AFP

Image issue d’une vidéo diffusée par l’Etat islamique et montrant, vraisemblablement, la destruction du temple de Bêl à Palmyre en Syrie. – WELAYAT HOMS / AFP

Cette vague de destruction n’a malheureusement pas lieue qu’en Syrie, ou en Irak, puisque cela s’étend également sur le continent africain : des destructions de nombreux tombeaux soufis, par exemple, au Mali, en Libye, ou en Somalie (2013), ou encore la tombe du prophète Jonas (juillet 2014).

Camille BONNET

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