Zones de contact au Kurdistan turc à la veille des élections législatives

-Photographie libre de droit - Source : http://voyage.gentside.com/

-Photographie libre de droit – Source : http://voyage.gentside.com/

A la veille des élections législatives turques, qui doivent se tenir le 1er novembre, des affrontements quotidiens continuent entre les forces de police et l’armée turque et les militants du Parti des Travailleurs Kurdes, le PKK. Trois semaines après l’attentat d’Ankara, le plus meurtrier de l’histoire du pays avec 102 morts et près de 500 blessés, ayant touché une manifestation kurde, la situation est on ne peut plus tendue, tandis que le président Erdogan cherche à maintenir sa majorité.

Le 11 octobre dernier, une manifestation du Parti démocratique des peuples, le HDP kurde, se tient devant la gare d’Ankara afin de protester contre les opérations de police lancées sur les forces du PKK, ayant causé la mort d’un grand nombre des leurs. Soudain, c’est le chaos, deux kamikazes font exploser leurs ceintures de bombes au milieu de la foule. Un double attentat à la bombe qui restera marqué d’une tache de sang dans l’histoire de la Turquie. Trois semaines après l’évènement, la justice turque a rendue hier son verdict en désignant officiellement l’Etat Islamique comme auteur de l’attentat, tout en menant une série d’interpellations des agents de l’EI présents sur le sol turc, à Konya et Diyarbakir. Ces arrestations sont couplées avec le lancement d’un site internet recensant les « ennemis de l’Etat », http://www.terorarananlar.pol.tr/, dans lequel on remarquera que seuls deux membres de DAECH sont recherchés parmi les plus dangereux, au milieu de dizaines de leaders de l’opposition kurde. Le président turc a déclaré hier que le pays lancerait dans les jours à venir des opérations militaires et des frappes aériennes sur les kurdes de Syrie qui prônent leur autonomie aux frontières du pays. En réalité, ces opérations ont déjà commencées depuis plusieurs semaines, avec des bombardements sur les rebelles du PKK en Syrie et dans le nord de l’Irak.

Ainsi, nombreux sont ceux qui accusent Erdogan de connivence entre les services de renseignements turcs et DAECH. Le même président qui avait été salué, par François Hollande et la plupart des chefs d’Etats européens, fin juillet, pour son « action énergique » contre l’EI. Frédéric Encel, géopolitologue spécialiste du Moyen-Orient, faisait remarquer au micro de RTL, le 11 octobre dernier, que tous les bombardements turcs ne visent pas les islamistes mais bien les kurdes, et tous les attentats islamistes touchent toujours des cibles kurdes et non l’Etat turc. Malgré l’importance du désordre sécuritaire des dernières semaines, les élections législatives sont maintenues. Dans de nombreuses villes, les forces kurdes sont aux prises avec les terroristes et les forces de sécurité d’Erdogan.

Diyarbakir, centre de tensions

Diyarbakir, ville à majorité kurde d’Anatolie de 1.5 million d’habitants, est l’un des pôles où se déroule les plus violents combats et oppositions entre membres de l’Etat islamique, partisans du PKK et policiers turques. Lundi 26 octobre, les forces spéciales de la police turque déplorent deux morts au cours d’une fusillade nourrie dans le cadre de l’interpellation de djihadistes dans un district de la ville. Neuf d’entre eux seront tués lors de l’accrochage.

Dans cette ville comme dans tout le Sud-Est du pays, depuis juillet, le quotidien des habitants est ponctué de coups de feu, d’arrestations et d’assassinats. Les tensions entre PKK et représentants de l’autorité turque tourne progressivement à une véritable guérilla. Cette tension ne fait qu’augmenter à mesure de l’approche du scrutin, le nombre de manifestations augmentant, avec son lot de répression policière et de leurs véhicules blindés. Deux maires-adjoints de quartiers de la ville, jugés trop proche des rebelles kurdes, avaient été arrêtés en juillet par la police pour « atteinte à l’unité nationale ». L’envoyée spéciale du Monde dans la ville, Marie Jégo, titrait le 28 octobre : A Diyarbakir, « la mort est devenue banale ». Elle y souligne les accrochages meurtriers de la mi-octobre entre les « forces spéciales turques et les jeunes du Mouvement de la jeunesse patriotique révolutionnaire (YDG-H), la guérilla urbaine du PKK. Trois personnes ont trouvé la mort, parmi lesquelles Helin Hasret Sen, une adolescente de 12 ans, tuée par balles alors qu’elle sortait de chez elle. ». Dans cette ville historique, la mosquée du XVIème siècle a été violemment touchée tandis que les arméniens ont dus fermer leur portail, encore hantés par les débats houleux de la commémoration, en avril, du centenaire du génocide arménien.

C’est cette ville qu’a choisi le premier ministre turc et président de l’AKP, Ahmet Davutoğlu, pour son dernier meeting avant le scrutin, hier. Dans cette zone dite sécurisée, le premier ministre a réuni une assemblée des membres locaux de son parti dans un discours se voulant apaiser les tensions avec la communauté kurde tout en mettant DAESH et le PKK, avant un lâcher de colombes se voulant gage de paix. Il a commis cependant un imper de taille qui n’est pas passé inaperçu auprès des habitants de la région : un groupe de chanteurs en tenues folkloriques kurdes ont chantés… en turc. Difficile de juger de l’impact pour le moment de cette intervention dans une des zones de tensions les plus fortes de ces dernières semaines. Cependant, les pronostics donnent gagnant dans la région le Parti démocratique des peuples (HDP), parti pro-kurde. Pour le reste du pays, le journal Les Echos relayait, hier, un sondage prédisant «  47,2% d’intentions de vote au parti au pouvoir (AKP) aux élections législatives de dimanche. Assez pour lui permettre de retrouver une majorité absolue au Parlement. »

Sur le front contre DAESH, en marge de la conférence de Vienne

Tandis que les bombardements de l’EI continuent depuis plusieurs mois sur Alep, où une poche kurde est au contact à la fois avec DAESH et les troupes régulières syriennes, de nombreuses parcelles  de la frontière turco-syrienne font l’objet de violent combat. Les unités de protection du peuple kurde (YPG), malgré leur harcèlement permanent par les avions turcs, continuent leur avancée depuis le mois de juin vers la ville de Rakka, la capitale syrienne de l’Etat Islamique, qui serait en passe d’être libérée. En représailles à l’article de deux journalistes turcs ayant annoncés la libération prochaine, ceux-ci ont été capturés par les islamistes dans la ville turque d’Urfa, qui accueille plusieurs milliers de réfugiés syriens et décapités, ce vendredi 30 octobre.

Un assassinat qui intervient en plein milieu du territoire turc alors que commencent ce week-end une conférence de paix en Syrie à Vienne, sous la houlette de l’OTAN et de John Kerry et réunissant pour la première fois sur la question les Etats-Unis, la Russie, les pays du Golfe et les principaux acteurs de la crise syrienne. Grande nouveauté à la table des négociations, l’Iran, représentée par son ministre des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, une arrivée très remarquée et commentée à l’international. Bien évidemment, le gouvernement de Bachar Al-Assad n’est pas convié, mais nul doute que le rôle de la Russie et de son représentant, Sergueï Lavrov sera primordial. La Turquie, participant à ces négociations, risque d’être quant à elle fortement influencée par les désordres intérieurs qui la secouent depuis quelques mois.

Devant l’implosion intérieure de la Turquie, sur fond de grave crise politique et de tensions avec les partisans kurdes du PKK et malgré les succès russes sur le terrain en Syrie, nul doute que la conférence de Vienne pourra difficilement trouver une solution à l’embrasement de la région. Que dire des troupes kurdes au contact contre DAESH tandis qu’elles sont harcelées par les turcs, dont la position est encore très ambigüe. Les résultats aux élections législatives du pays sont donc très attendus, prémices à la stabilisation du pouvoir d’Erdogan ou au début du chaos en Turquie.

Antoine CARENJOT

https://fr.linkedin.com/pub/antoinecarenjot/60/910/297

Publicités

Human, un film pour l’humanité

UN Photo/Evan Schneider

Yann Arthus-Bertrand, UN Photo/Evan Schneider

Un projet universel

Human est le dernier film de Yann Arthus-Bertrand, réalisateur du documentaire Home en 2009. L’idée est partie du constat du réalisateur que « Je suis un homme parmi 7 milliards d’autres. Depuis 40 ans, je photographie notre planète et la diversité humaine et j’ai le sentiment que l’humanité n’avance pas. On n’arrive toujours pas à vivre ensemble. Pourquoi? Ce n’est pas dans les statistiques, dans les analyses que j’ai cherché la réponse, mais dans l’homme. » Dans ce but, avec son équipe, durant deux ans, ils sont partis dans 60 pays et ont interviewé plus de 2020 personnes en leur posant des questions identiques quelque soit leur sexe, âge, culture, langue, religion. Des questions touchant l’homme dans son essence  et dont les réponses sont regroupées en thème dans la production finale : l’amour, le travail, les femmes, la pauvreté, la guerre, le pardon, l’homosexualité, la famille, la vie après la mort, le bonheur, l’éducation, le handicap, l’immigration, la corruption et le sens de la vie.

Un film à différents niveaux

Toutes les interviews sont recueillies sur fond noir, avec un gros plan sur le seul visage. Cela prévient de tout jugement ou biais culturel et donne toute sa puissance à l’émotion qui se dégage d’un visage et d’un regard.

Les témoignages d’une sincérité et d’une simplicité poignantes, qu’ils soient remplis d’amour, de joie, d’espérance ou alors de haine, de vengeance et d’amertume, constituent une véritable représentation de l’humanité qui pose le spectateur face à lui-même. En mettant en scène ce qui nous rend Humain, que ce soit au travers des petites anecdotes ou d’histoires incroyables, chacun se retrouve immergé dans ce qu’il a d’unique et ce qu’il a d’universel.

Yann Arthus-Bertrand voulait que ce soit un film à trois voix : celle des Hommes, celle de la Terre et celle de la musique. Pour cela les témoignages sont entrecoupés d’images aériennes de la Terre, mettant en image l’ambivalence de sa beauté sauvage et de sa surexploitation tout en posant la question de la place de l’Homme à sa surface. Ces vues sont accompagnées d’une musique d’Armand Amar qui est allé chercher dans les musiques traditionnelles de tous les continents pour sublimer les images et transcender l’émotion.

L’éthique du film

Afin de rendre la production la plus accessible possible, 11 films en ont été faits selon leur destination. Entre autres France 2 en a diffusé un, un autre a été diffusé du 12 au 22 septembre 2015 en salles à des conditions privilégiées et est désormais accessible gratuitement pour les mairies, ONG et associations et une version longue de 3 films d’environ 1h25 est accessible gratuitement sur YouTube et Google Play, en 6 langues.

Ecologiste convaincu et militant, Yann Arthus-Bertrand a fait que l’ensemble des 103 tournages aient été compensés carbone.

Sophie Patillon

Saint-Siège et Terre Sainte (2/2) : la reconnaissance de la Palestine par le Saint-Siège

Le Saint-Siège est dans une situation complexe face au conflit israélo-palestinien. En 2014, on comptait près de 150.000 catholiques en Israël (latins, gréco-catholiques, maronites et autres Églises rituelles catholiques confondus) et 23.000 en Palestine. Afin d’assurer la pérennité de ses fidèles dans la terre où le Christ vécut, et afin que les pèlerins puissent toujours se recueillir autant à Bethléem (Cisjordanie) qu’au Saint-Sépulcre (Israël), l’Église dut passer des accords avec les Israéliens et les Palestiniens. Tout récemment elle a reconnu l’État palestinien. Revenons sur ces événements.

Vers la reconnaissance…

Le Saint-Siège est depuis longtemps attentif au sort des Palestiniens. Lors du discours de Noël de 1972, Paul VI reconnaît déjà le “peuple” palestinien et ces légitimes aspirations. Symboliquement, Jean-Paul II nomme en 1987 un arabe palestinien à la tête du patriarcat latin de Jérusalem. Ce même patriarche, Michel Sabbah, saura réclamer avec insistance le bien du peuple palestinien. Peu à peu, une relation se crée entre Yasser Arafat et le Saint-Siège. C’est avec l’OLP qu’un accord fondamental est signé le 15 février 2000. Cet accord stipule que les deux parties soutiennent que Jérusalem doit être une ville de gestion internationale et stable et que les autorités s’engagent à protéger l’exercice de la liberté de culte dans le territoire qui leur est confié.

Sur la base de cet accord, les deux parties vont travailler durant quinze années pour établir un nouvel accord plus précis. On note quand même deux moments forts :

  1. La visite du pape François en Terre Sainte et plus précisément le discours du 24 mai 2014 à Bethléem où il évoque “droit de deux États à exister et à jouir de la paix et de la sécurité dans des frontières internationalement reconnues”. À cet effet, le pape s’adresse publiquement et directement à Mahmoud Abbas pour parler du prochain accord.
  2. La prière commune pour la paix de Shimon Peres (en fin de présidence), Mahmoud Abbas, le Patriarche Bartolomeos et du pape François dans les jardins du Vatican le 8 juin 2014, malgré son absence de fruits visibles, témoigne du sérieux que le Saint-Siège attache à la question palestinienne.

L’accord en question

L’accord bilatéral du Saint-Siège et de l’État palestinien est donc signé le 26 juin 2014 par Mgr Gallagher, secrétaire pour les rapports avec les États et Riyad Al-Maliki, ministre palestinien des Affaires étrangères. Bien que le sujet de l’accord soit avant tout la vie l’Église en Palestine, il est aussi de facto la reconnaissance officiel de l’État Palestinien par le Saint-Siège. Le Vatican n’est certes que le 136e État à reconnaître la Palestine mais cela n’empêche pas à Israël de rappeler son opposition à cet accord. Le jour-même, le ministre israélien des Affaires étrangères fait publier sur internet ses regrets vis-à-vis de cet accord. Il regrette la reconnaissance de la Palestine comme un État, mais aussi ce qui est exprimé comme allant à l’encontre des prétendus droits du peuple juif sur le pays d’Israël et sur Jérusalem. Le ministre affirme que cette démarche ralentie les négociations directes entre Israël et les autorités palestiniennes en vue d’un accord de paix.

OSSROM58908_Articolo

DR | Signature de l’accord bilatéral par Riyad El-Maliki et Mgr Gallagher le 26 juin 2014.

Parallèlement à l’ONU

L’État de Palestine et le Saint-Siège partagent depuis quelques années le même statut à l’Assemblée Générale des Nations Unis. Ils sont les deux seuls États non-membres ayant le statut d’observateurs permanents. Le Saint-Siège l’est depuis 1964, suite à la visite de Paul VI au palais de verre, tandis que la Palestine ne l’est que depuis le 29 novembre 2012. À ce titre, ils peuvent participer pleinement au débat général, mais ne peuvent pas voter les résolutions.
La récente et symbolique affaire des drapeaux témoigne du niveau de reconnaissance internationale dont jouit la Palestine. Bien que les deux États non-membres aient eu le droit de hisser leurs drapeaux dès le 11 septembre 2015, et que les deux l’aient fait fin septembre, l’attitude du Saint-Siège dans cette affaire fut révélatrice de sa diplomatie. En effet, ce sont les Palestiniens qui demandèrent la résolution autorisant aux États non-membres de hisser leur drapeau. Cette résolution fut co-parrainé par 17 pays arabes, le Vénézuela, le Sénégal mais pas par le Saint-Siège. Le Saint-Siège a simplement dit qu’il ne s’opposait pas au projet mais qu’il s’en tenait à la tradition de ne hisser que les drapeaux des États membres, mais était prêt à accepter toute décision de l’ONU sur le sujet. Il faut noter que l’enjeu d’être reconnu État est secondaire pour le Saint-Siège. Ça notoriété est indépendante de l’existence ou non de l’État du Vatican. L’État du Vatican pourrait disparaître, le Saint-Siège resterait un sujet primaire de droit international. Son indécision sur la question du drapeau trouve ici un facteur d’explication. L’enjeu symbolique est tout autre pour la Palestine qui, elle, aspire à siéger parmi les nations. Le Saint-Siège tente de soutenir cette aspiration sans faire trop de remous diplomatiques afin de protéger ses fidèles dispersés de part et d’autre des frontières.

LOBIT Marc

Saint-Siège et Terre Sainte (1/2) : la reconnaissance d’Israël par le Saint-Siège

Octobre 2015 fut encore le cadre de nombreuses violences entre Israéliens et Palestiniens. Les autorités locales de l’Église catholique expriment leur vive inquiétude face à la montée de la tension (cf. 1 & 2). Il semblerait que la jeunesse palestinienne ne soit pas convaincu par l’utilité de rechercher la solution dite “des deux États” (cf. le journal La Croix, 19/10/2015, p. 2). Or c’est cette solution que l’Église Catholique soutient. Profitons en pour revenir sur l’histoire de la reconnaissance de ces deux États par le Saint-Siège, afin de comprendre ce que soutient l’Église. Commençons par le cas d’Israël, reconnu par le Saint-Siège en 1993.

L’ANTIQUE ANTISÉMITISME CATHOLIQUE FACE AU PROJET SIONISTE

Le regard que l’Église catholique porte sur les juifs a énormément évolué au cours du XXe siècle. L’affaire Dreyfus est un bon témoin de la méfiance des catholiques envers les juifs à la veille de ce siècle. On peut aussi rappeler que La Croix s’était autoproclamé “le journal le plus anti-juif de France” en 1890. Si le peuple catholique était largement antisémite, quelques intellectuels catholiques (tel Léon Bloy dans Le Salut par les juifs) et quelques figures du haut clergé commençaient petit à petit à s’ouvrir au judaïsme. Si bien qu’en 1904, Theodor Herzl, fondateur du Sionisme, ose exposer son projet au pape lors d’une audience. Et Pie X de lui répondre :

Nous ne pourrons pas empêcher les Juifs d’aller à Jérusalem, mais nous ne pouvons en aucun cas soutenir cela. […] Les Juifs n’ont pas reconnu notre Seigneur, c’est pourquoi nous ne pouvons pas reconnaître le peuple juif. (Herzl T., Journal. 1895-1904, Calmann-Lévy, Paris, 1990, p. 373-377)

UN REFUS THÉOLOGIQUE DE LA RECONNAISSANCE MALGRÉ LA FIN DE L’ANTISÉMITISME INSTITUTIONNEL

Le Saint-Siège ne reconnut donc pas l’État d’Israël avant les années 90s alors que les pays occidentaux et l’URSS le reconnurent suite à la déclaration d’indépendance du 14 mai 1948. En effet, le Vatican souhaitait garder de bonnes relations avec les pays arabes. Il faut aussi rappeler qu’en 1949, sur les 736 000 réfugiés palestiniens à travers ces pays, on compte 150 000 chrétiens. Ainsi la Terre Sainte se vide peu à peu de sa présence chrétienne bimillénaire à cause de la politique d’Israël. Le Saint-Siège se méfie surtout du statut que peut avoir la terre dans une certaine théologie juive qui pourrait tout justifier. Du côté religieux, l’Église a acquis un regard plus bienveillant pour les juifs. La déclaration Nostra Ætate du concile Vatican II (1962-1965) et le fait que le Oremus et pro perfidis judaeis soit enlevé de la liturgie du Vendredi Saint, mettent fin plusieurs siècles d’antisémitisme traditionnelle.

LA RECONNAISSANCE DE L’ÉTAT D’ISRAËL POUR LA SÉCURITÉ DES JUIFS ET CELLE DE L’ÉGLISE EN TERRE SAINTE

Jean-Paul II qui a vu l’extermination des juifs en Pologne, exprimera clairement en 1980 que “le besoin anxieux de sécurité [des juifs] a donné vie à l’État d’Israël”. Sans encore reconnaître l’État, il comprend ses motivations, tout en réussissant à garder de bonnes relations avec les pays arabes grâce à ses positions durant les guerres du Golfe. C’est le besoin de stabiliser le statut des catholiques en Terre sainte qui va définitivement pousser le Saint-Siège à le reconnaître, d’autant plus que la grande majorité du territoire et surtout Jérusalem étaient passées sous le contrôle israélien en 1967. L’accord fondamental est signé en 1993 et marque la reconnaissance de l’État et l’installation d’un nonce apostolique. Cet accord a aussi une portée théologique. Dans son texte même, il met en évidence “la nature unique du rapport entre l’Église catholique et le peuple juif et du processus historique de conciliation et de la croissante compréhension réciproque et amitié entre catholiques et juifs.”

GI_140526_g50ob_pape-peres_sn635

DR

ET AUJOURD’HUI…

Bien entendu, la reconnaissance ne signifie pas l’approbation complète de la politique étatique. Des désaccords restent : le sort des palestiniens est dénoncé par Mgr Sabbah, les papes insistent sur le fait que Jérusalem doit être un corpus separatum de gestion internationale et stable, l’Église s’insurge contre les courants juifs faisant de la terre d’Israël un idéal presque messianique… Le fait que les écoles chrétiennes luttent actuellement pour garder leurs subventions est révélateur des enjeux concrets de l’accord de 1993 entre Israël et le Saint-Siège.

(suite de l’article : La reconnaissance de la Palestine)

LOBIT Marc

Quand l’Unicef se connecte

La faim dans le monde touche plus de 795 millions de personnes soit 1 personne sur 9. Sur ces chiffres plus de 3,1millions d’enfants meurent de malnutrition par an.  Le PAM (Programme Alimentaire Mondial) estime à 3,2 milliards de dollars par an le prix pour nourrir  les 66 millions d’enfants touchés par la faim. A Contrario, l’obésité n’a jamais été aussi importante. L’OMS estime que depuis 1980, le nombre de personnes obèses a doublé. Si l’on regarde avec attention les chiffres de 2014, on peut alors voir que plus de 1,9 milliard d’adultes ont été en surpoids. On estime d’ailleurs à plus d’un tiers le nombre de personnes obèses. Ce fléau concerne à l’heure actuelle environ 42 Millions d’enfants de moins de 5 ans. C’est pourquoi, l’UNICEF, épaulé de partenaires a lancé un programme pour contrer ces taux alarmants.

Un constat alarmant

Si l’Unicef Kid Power, est une idée qui peut faire sourire, à la base, elle est née d’un triste constat. Dans le monde des pays développés plus d’un enfant sur quatre ne pratique pas assez d’activité, alors que af3ba4ae-0682-4278-b9ed-9429802b005e-largedans les pays sous développés, ce quart d’enfants est sous alimenté. Ce pourcentage pour être plus précis représente plus de  50 millions d’enfants  dans le monde. Sur ce constat, il est important d’ajouter que 16 millions d’entre eux souffrent de la version la plus mortelle de sous nutrition. Cette technologie que l’Unicef veut et essaie de populariser a pour but de préserver les populations en les aidant à travers des programmes de préventions et de suivies plus personnalisants.

Le programme « Wearables For Good« 

muac-bright_jpg_820x520_crop_upscale_q85

Bracelet MUAC

Le programme Wearables For Good est un programme novateur. En effet, l’unicef allié avec ARM et Frog (qui sont deux entreprises basées sur la technologie) ont décidé d’agir pour un monde meilleur. Le but de la manoeuvre étant d’allier technologie, design et prévention. Ce programme est destiné à l’amélioration des techniques de suivies des jeunes enfants aussi bien dans les pays développés que dans les pays en cours de développement. Cette technologie s’appuye sur la T4D (Technology for Development). Déjà plusieurs technologies comme le « MUAC » (Mid-Upper Arm Circumference), ont vu le jour. Muac est un bracelet servant à mesurer  le tour de bras des bébés. Ce concept a servi à mettre en place des diagnostics et donc des prises en charge plus efficaces. Ces technologies sont des avantages non négligeables. En effet, de part leur connectivité, elle peuvent savoir et connaître l’état du porteur dans un court laps de temps, voir directement.

Un concours exigeant. 

L’Unicef et ses partenaires pour contrer ce constat ont organisé un évènement.Ce dernier a pris le nom de Wearables For Good challenge. Toutes personnes intéressées et avec un objet ou un concept à proposer étaient invitées à participer. Malgré tout, un cahier des charges a été fixé par l’Unicef dans la charte de ce concours. Ces objets doivent notamment être: « résistants aux chocs et aux intempéries, avoir une capacité de charge suffisamment grande pour supporter de longue période de fonctionnement et être intuitifs. Ils devront aussi pouvoir s’adapter aux différents environnements et aux différentes communautés. » Ce concours prend parti pour la diffusion de ces technologies dans les pays en sous développement.

L’UNICEF Kid Power

Dans les pays développés, ce programme tourne autour d’Kid Power band smallerun tracker ( d’un bracelet numérique) d’activité et de son application mobile. Le but est d’exhorter les enfants à bouger et atteindre des objectifs à travers différentes missions proposées. Ces applications sont doubles. Premièrement, elles servent à promouvoir l’activité physique, deuxièmement, elles servent à apprendre de nouvelles cultures. L’achat de ces trackers servira à payer de la nourriture dans les pays où la faim est la plus importante. Ce bracelet Kid Power Band est l’extension numérique de l’initiative de collecte de dons ‘trick-or-treat program » lancée en 1950. Déjà de nombreux soutiens se font voir, comme Georges Lucas ou Walt Disney qui ont proposé des bracelets personnalisables Star Wars et Disney. Le design du bracelet a notamment été créé par l’équipe de la société de design Ammunition. Cette dernière est notamment celle qui a créé le design de la marque Beat. Target, un des partenaires de ce programme a promis un don de 10 dollars à l’Unicef pour chaque bracelet acheté entre le 13 Octobre 2015 et 31 Décembre 2016.

Julien Durandeau

Le TAFTA: danger ou opportunité?

Dans les Landes, il n’est pas rare de croiser, au détour d’une route de campagne, un panneau anti-TAFTA où l’on voit inscrit « Commune hors Tafta ». La lutte contre ce traité s’accélère au fur et à mesure que les négociations se multiplient sans réel aboutissement. Les communes qui refusent le traité se déclarent « hors TAFTA » et elles se multiplient. Les Landes sont loin d’être une exception. Pourquoi le TAFTA fait tant peur?

Une volonté d’harmonisation du marché 

Le « Trans-Atlantic Free Trade Agreement », en français l’accord commercial trans-atlantique, aussi nommé TTIP est un projet d’accord commerciale entre l’Europe et les Etats-Unis. Ce qui implique, de manière implicite l’Union Européenne, et l’ALENA. Les négociation ont commencé en 2013. L’objectif est de libéraliser le commerce trans-atlantique en réduisant, par exemple, les droits de douane, et les coûts qu’entrainent la circulation commerciale entre les deux entités politiques. On peut prendre l’exemple simple des voitures. Aux Etats-Unis les phares sont ambrés, en Europe ils sont blancs pour la plus part. Cette particularité oblige les constructeurs a changer leurs phares. Le TAFTA permettraient une harmonisation. Autre exemple, plus emblématique de la lutte anti-TAFTA les OGM, les organismes génétiquement modifiés. Les États-Unis acceptent facilement ce type d’aliment, les Européens en ont peur. Que faire si le TAFTA passe?

http://www.sudradio.fr/Actualite/Economie/TAFTA-reprise-des-negociations-sur-le-traite-transatlantique

Protestation contre le TAFTA en octobre 2014 à Narbonne
AFP PHOTO / RAYMOND ROIGS

Une forte opposition compréhensible malgré des avantages

Si l’opposition grandit c’est à cause de plusieurs facteurs divers. Les OGM, comme exposé plus haut, et le poulet au chlore qui effraie le consommateur Européen. Il arriverait sur nos étalages à un prix défiant toutes concurrences. Mais aussi la superpuissance américaine, qu’elle soit commerciale, économique, industrielle ou culturelle fait peur aux pays d’Europe. Chaque État ayant sa préoccupation. La culture française se retrouverait envahie de culture américaine qui peut plus facilement s’exporter. L’exemption culturelle, dont nous sommes fiers, serait littéralement « cernée » par la puissance américaine, le cinéma français aurait bien du mal à sortir du lot. Réduire les multiples frais entraineraient une meilleure distribution de produit américain sur le sol européen. Néanmoins l’inverse est tout aussi vrai.

Cependant les économistes qui se penchent sur la question affirment que ce traité, sur le long terme, augmentera la croissance des deux entités. Les entreprises pourront échanger plus rapidement, et économiseront énormément sur les frais de douane. Le marché ne sera que plus grand et donc plus prolifère. On parle de plus de 800 millions de consommateurs de pays riches et industrialisés. On parle aussi de plus de création d’emploi, près de 400 000 selon les économistes. Il n’y a pas que des mauvaises choses dans cet accord.

On sait que 46% des Allemands sont défavorables à ce projet, et l’opposition grandit dans tous les pays Européens. C’est un débat sans fin. L’accès aux négociations est un des reproches principaux de la population européenne. Nous ne sommes au courant de rien alors que ce traité va orienter la politique économique de l’Europe durant les prochaines années. S’il est ratifié.

KOBI Loubna

Venezuela, una economía al borde del abismo

Fuente: FMI

Fuente: FMI

Caída vertiginosa del bolívar y del PIB

El gobierno de Nicolás Maduro oculta a la población venezolana las estadísticas a cuento a la economía, y hace meses que datos básicos han dejado de ser publicados -como el Índice de Precios al Consumidor cuya ultima publicación es de febrero del 2015. El Fondo Monetario Internacional (FMI) publicó al principio de octubre un informe, describiendo una economía que se descompone, una inflación desbocada y una actividad que se hunde a un ritmo comparable al de países en guerra. También describe una crisis que elevará el desempleo a niveles nunca vistos en el país en décadas.

La caída del PIB prevista para este año 2015 es del 10%, según los cálculos del FMI, y augura otro descenso del 6% en 2016.

Desde 2013, año que llegó al poder Nicolás Maduro, el bolívar venezolano ha perdido casi todo su valor: ahora al tipo de cambio oficial, un dólar vale 6,3 bolívares, contra unos 800 bolívares en el mercado negro. Eso representa menos de una centésima parte de su valor declarado.

Inflación descontrolada y escasez

El Gobierno de Maduro estableció controles de precios para bajar la inflación. No funcionaron, pero ha logrado provocar un desabastecimiento generalizado de productos de primera necesidad, colas enormes en los supermercados –Venezuela tiene el triste récord de contar con las colas más largas en el mundo luego la caída del comunismo-, y un mercado negro que se desarrolla a cada vez más. Esto ultimo se debe a que la reventa o contrabando de productos es más lucrativa. Se desarrolla también el trueque para poder acceder a los productos básicos de la canasta familiar.

Para este año, el FMI prevé una inflación de 158,1%, y que subiría al 204,1% en 2016. Con esta inflación, los precios se habrán multiplicado casi por ocho en solamente dos años.

Consecuencias

El desempleo subió dramáticamente, a niveles nunca antes vistos en décadas. El FMI calculó que la tasa de paro pasará del 8% en 2014, al 14% en 2015 y llegará a 18,1% en 2016. Prevé que el paro va a seguir subiendo hasta alcanzar al 28% en 2020.

El nivel de tasa de paro es siempre relacionado al nivel de delincuencia y inseguridad. Eso se verifica en Venezuela. La inseguridad física de los venezolanos se está convirtiendo en la preocupación dominante del pueblo, después del desabastecimiento alimentario. El pueblo se siente indefenso ante las asaltos, secuestros, robos y asesinatos. De hecho, Caracas se halla en el ranking de la ciudades las más peligrosas del mundo con asesinatos cada vez más frecuentes: de acuerdo con cálculos de la organización no gubernamental Observatorio Venezolano de Violencia, hubo 82 homicidios por cada 100.000 habitantes en 2014.

Durante las elecciones parlamentarias del 6 de diciembre, el día de la elección de Hugo Chávez en 1998, los venezolanos se manifestarán en las urnas par elegir 167 escaños de la Asamblea Nacional. Tal vez nuevas medidas serán tomadas después de las elecciones par mejorar una situación que se encuentra ya al limite del abismo.

Sophie Patillon