L’Asie du Sud-Est et la problématique de l’immigration

La question de l’immigration est un point central du débat politique français. Les polémiques s’enchainent, les arguments avancés par certains mouvements politiques sont parfois populistes et leur raisonnement est très souvent fallacieux. On donne l’impression que seul l’occident doit faire face à cette problématique. L’Asie du Sud-Est est également concernée par cet enjeu.

Cette région fait face à une crise des migrations. Les migrants se retrouvent bloqués en pleine mer car aucun pays n’est disposé à les accueillir. Le 19 mai 2015, par le biais d’un communiqué, plusieurs hauts dignitaires de l’ONU ont demandé aux responsables des États de cette région, en particulier ceux d’Indonésie, de Malaisie et de Thaïlande, de trouver des solutions afin de veiller à la sécurité des migrants et des réfugiés. Ces derniers vivent dans des conditions extrêmement précaires et leur vie sont clairement mis en péril. Zeid Ra’ad Al Hussein, haut-commissaire des Droit de l’Homme à l’ONU a également critiqué le renvoi à la mer des bateaux de migrants par les gouvernements cités précédemment. Des « boat-people » se sont ainsi retrouvés en pleine mer ne sachant pas où aller et abandonnés à leur sort.

photo AFP : bateau transportant des migrants rohingyas près des côtes taïlandaises

photo AFP : bateau transportant des migrants Rohingyas près des côtes thaïlandaises

Les populations concernées sont des personnes fuyant le Myanmar (ex: Birmanie) et le Bangladesh. L’an passé, les Nations Unis ont estimé à 53 000, le nombre d’individus s’étant retrouvés dans cette situation. Il s’agit principalement des populations Rohingya majoritairement originaires de l’Etat de Rakline au Myanmar (une communauté est également installée au Bangladesh en clandestinité). Cette communauté musulmane minoritaire, qui compte un peu moins de deux millions de personnes, est considérée comme apatride dans son propre pays depuis 1982 et une loi de préférence raciale. Ces derniers fuient les persécutions orchestrées par le gouvernement de Naypyidaw. L’ONG Human Right Watch a dénoncé les violences faites à cette population, accusant notamment les autorités locales de perpétrer de multiples exactions (stérilisation forcée, esclavage, destruction de villages, viols, refus de soins, installations dans des camps de rétentions…). L’autre population concernée sont les bengalis qui eux quittent leur contré pour des raisons économiques.

Les États tentent de répondre à ce phénomène migratoire.

Les États concernés par ces arrivées massives ont annoncé qu’ils allaient se réunir afin de discuter de ce phénomène et de prendre des mesures nécessaires à l’accueil des migrants notamment celles concernant les prises en charges médicales et nutritives. De plus, la question des réseaux de trafiquants d’êtres humains et des passeurs a également été discutée. En effet, ces derniers sont accusés, entre autre, d’abandonner les navires en pleines mer face au déploiement sécuritaire orchestré par les pays d’accueil. Cela dit, les autorités locales se retrouvent parfois impliquées dans ce phénomène de trafic notamment la marine comme a pu le démontrer un reportage de l’agence Reuter. Pour résumé cette situation, les boat-people sont interceptés, les individus sont alors placés dans des camps et doivent attendre que des parents ou des proches payent des rançons afin d’être libéré.

Ainsi, le 29 mai dernier, une conférence régionale s’est tenue à Bangkok. Cette dernière a réunis 17 délégations venues tenter de trouver des solutions à ce sujet. Thanasak Patimaprakorn, chef de la diplomatie thaïlandaise, a appelé à résoudre de manière catégorique les causes de cette crise tout en soulignant qu’il était urgent de régler le problème des réseaux de trafics d’humains. La semaine précédente, la Malaisie et l’Indonésie ont officiellement annoncé qu’ils arrêtaient de refouler les bateaux de migrants. Ils ont déclaré être prêts à aider 7000 migrants clandestins. Par le biais d’un communiqué, les ministres des affaires étrangères des deux pays ont annoncé être disposés à offrir « un refuge provisoire » aux migrants à condition « que leur relocalisation ou leur rapatriement par la communauté internationale soient effectif dans l’année ».

Comme dans d’autres régions du monde les pays doivent travailler de concert afin de tenter de trouver des solutions à ces exodes massifs de populations. En effet, outre les raisons économiques, celles liées au climat, aux conflits et aux persécutions ne doivent pas être négligées. Les causes profondes de ces mouvements de populations doivent être mieux comprises et étudiées afin de trouver les meilleures solutions pour régler ce problème.

Thierry MARSAIS

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