Les expositions universelles : quels enjeux pour le pays organisateur ?

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Alors que s’est ouvert le vendredi 1er mai 2015 l’exposition universelle de 2015 à Milan en Italie, on peut s’interroger sur les enjeux qu’apporte pour le pays organisateur la tenue d’une telle manifestation.

 

Tout d’abord, il apparaît important de rappeler ce qu’est une exposition universelle. Ainsi il s’agit d’un évènement régi par le Bureau International des Expositions dans un but précis défini par la convention de Paris de 1928. Cet objectif est celui d’un « enseignement pour le public faisant l’inventaire des moyens dont dispose l’homme pour satisfaire les besoins d’une civilisation et faisant ressortir dans une ou plusieurs branches de l’activité humaine les progrès réalisés ou les perspectives d’avenir ». La tenue de ces expositions n’est pas soumise à un calendrier précis, en général il y a une exposition tous les quatre ans en moyenne. Cependant une exposition universelle dure, en général, six mois. L’organisation de la première exposition de ce type s’est tenue à Londres en 1851 qui était alors la capitale de la première puissance industrielle du monde et administrait un vaste empire.

Ainsi à l’image du Royaume-Uni en 1851, le pays organisateur de cet évènement tente d’établir ou de rehausser son prestige international. Durant les six mois de l’exposition, le pays hôte se situe en effet sous le feu des projecteurs et attire les regards du monde entier, ou du moins des pays participants (par exemple à Milan l’exposition universelle réunit environ 140 pays). Le second avantage pour un pays organisateur d’une exposition universelle est d’ordre économique. Pour reprendre l’exemple de Milan, les autorités prévoient une affluence de 20 millions de personnes durant les six mois de l’évènement. En organisant une exposition universelle, le pays organisateur possède une occasion en or pour promouvoir le tourisme sur son territoire. Bien que la majorité des touristes visitant les expositions universelles soient des touristes nationaux, une part non négligeable vient tout de même de l’ensemble de la planète. Aussi, pour l’organisation de celle de Milan, le gouvernement italien table sur des retombées économiques de l’ordre de 10 milliards d’euros. Enfin les conséquences de l’organisation d’une exposition universelle pour un pays peuvent être culturelles. Il ne faut pas oublier que de nombreuses œuvres sont mises en place pour cet évènement afin de mettre en avant le pays hôte et promouvoir sa culture. Des œuvres présentées à l’occasion d’une exposition universelle servent aujourd’hui de vitrine ou de symbole pour le pays. A ce titre, le meilleur exemple qui puisse être cité est celui de la Tour Eiffel construite pour l’exposition organisée à Paris en 1889, mais il y a aussi l’Atomium de Bruxelles en 1958 ou bien la Biosphère à Montréal en 1967.

En organisant une exposition universelle un pays peut donc se mettre en avant sur la scène internationale et peut en tirer des conséquences positives. Il s’agit d’un des moyens possible pour un Etat, avec l’organisation de compétitions sportives internationales, d’être le centre du monde pendant une période donnée. Cependant pour que l’organisation d’une exposition universelle soit non seulement réussie mais également complète, il faut une réappropriation des aménagements après l’évènement par la population. Si la population ne s’approprie pas le site, il s’agit d’un échec pour l’Etat comme ce qui a pu se passer à Séville en 1992 où l’espace de la Cartuja est aujourd’hui délaissé. A contrario, le Parque das Naçoes et le quartier de l’Oriente à Lisbonne, où des aménagements ont été mis en place pour l’exposition universelle de 1998, témoignent d’une transformation réussie.

Un nouveau phénomène voit le jour à Milan, il s’agit de la contestation par la population de la tenue de cette exposition universelle. Les opposants considèrent l’événement comme un gaspillage d’argent public et dénoncent le recours selon eux abusif à des travailleurs précaires et à des bénévoles. Ainsi, le lancement de cette exposition universelle a mis en difficulté l’Etat italien qui espère, dans six mois, tout de même tirer quelques bénéfices de l’organisation d’une telle manifestation.

Nicolas MORISSET

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