A New Wave of Boat People: Dangerous Immigration

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After the Vietnam war, starting in the 1970s through the 1990s, a wave of desperate immigrants from Vietnam and surrounding countries referred to as « boat people » made their attempts to become refugees in another country by piling on small boats not fit for sea travel in mass numbers in an attempt to be rescued in waters outside of their country’s territory.  This practice is extremely dangerous and those who risk the journey most likely know that they are most likely to find death than they are to find salvation.

Though the wave of boat people immigration from Asia began to taper off in the 1990s, we are seeing a new wave of boat people today, this time coming from Africa and travelling the Mediterranean Sea.  As spring brings warmer weather to the Mediterranean, more people are making the journey and Italy is seeing a spike in these boats tempting their fate.  Even with the better weather, this practice is still extremely dangerous and there is no guarantee of safe passage.  In 2015 alone, already an estimated 1,700 have perished trying to make the crossing.

Why take the risk?

An increase in violent conflicts in Africa, the Middle East and South East Asia have pushed people away from their homelands in search of a better life in a more affluent Europe.  Many of the refugees have come from Libya which is experiencing a period of lawlessness which allows smugglers to operate freely on the coasts and put people-filled boats out to sea.  These people are most often times not Libyan by birth, but have migrated from Sub-Saharan Africa or Western Africa to Libya in search of a better life, not for a way to Europe, but as times got tougher, they began to look for another option and a new life on another continent.  Of those migrating by way of the Mediterranean Sea, 80% are coming from the Libyan coasts.

There has been a swell in population in the Western regions of Africa, but a decrease in available farmland which limits the economic security for the people living there.  Migration is spurred on because people can not make the money they need to survive.  However, not all migration is voluntary.  There has been a shocking discovery that some women aboard these boats are actually being trafficked for sex work in Europe and are making the voyage against their will.  Some women who do make the journey voluntarily are so desperate for the better life that they will risk the perilous journey while pregnant in order to give birth on European soil.

Whose Responsibility?

The big question left to answer facing all of these problems is who will take responsibility for these deplaced people?  In April of this year at the EU Summit in Brussels, it was stated that the EU would only take 5,000 migrants as refugees.  This means that there will be a probable repatriation of many of the migrants coming to European soil.  5,000 is not when placed next to the estimated 150,000 who survived their journey made it to Italy in 2014.  Already this year, and estimated 36,000 have reached Italy, Greece and Malta.  If the EU will not accept the migrants into their countries, it must find away to reverse the flow of immigrants into the territory by addressing the « push » factors that make these people feel that they have no other option than to leave their own countries.  Fabrice Leggeri, the head of Frontex, the EU border control agency, stated that he will make cooperation with countries such as Libya a priority in order to reduce these push factors and to limit the number of people dying at sea.  The EU needs to understand that this problem will not simply stop on its own.  The EU needs to send support, but in capacity building and in monetary aid to these countries as well as work to cooperate in order to change a broken system where people are willing to risk their lives in order to search for a better life.

 

Annika GODEFROY

Il y a 37 ans, la Légion sautait sur Kolwézi

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Des légionnaires grimpant dans un C-130 avant le parachutage (2e REP
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Le 19 mai 1978, soit 37 ans jour pour jour, la Légion Étrangère sautait sur la ville de Kolwézi, dans le cadre de l’Opération Bonite, pour délivrer et extraire des otages européens tenus par des rebelles katangais. Revenons sur cette opération célèbre du 2ème régiment étranger parachutiste.

La situation

Avant tout, un point sur le contexte. Cette opération militaire fut décidée pour protéger les ressortissants européens pris dans le mouvement de rébellion du Front National de Libération du Congo. Le Katanga, aussi appelé Shaba, province du sud de l’actuelle République Démocratique du Congo, s’était déclaré indépendant du Congo belge en 1960, avant d’être réintégré au Zaïre trois ans après. Dans cette zone instable, qui a traversé une crise de 1960 à 1965, les troubles ne se sont pas apaisés facilement. Le 11 mai 1968, une révolte larvée éclate contre le président Joseph-Désiré Mobutu, qui dirige le pays à ce moment. Les rebelles, venant d’Angola, entrent à Kolwézi et prennent le contrôle de la ville, qui abrite environ 3000 européens. D’après différentes estimations, environ 170 européens auraient été tués par les rebelles. Le président fait alors appel à la France et la Belgique pour maîtriser la situation. En effet, les rebelles sont soutenus et  bien armés par des forces l’Union Soviétique qui, semble-t-il, convoite les ressources en terres rares de cette zone. A l’époque, le régime soviétique achetait autant de cobalt que possible. Pour éviter que la situation ne dégénère, des forces européennes intervinrent.

L’intervention occidentale

La réaction occidentale ne se fit pas attendre longtemps. Le 16 mai est déclenché le dispositif « Guépard », qui met en alerte des régiments pour préparer une intervention. Le 8e RPIMa est en alerte, mais le 2e REP est désigné pour intervenir. Les autorités belges et françaises organisent une réunion pour décider une intervention commune. La réunion échoue, les deux pays ayant une approche différente de la situation. Les belges veulent adopter une approche moins directe que les français, basée plus sur le renseignement pour ensuite déclencher un déploiement terrestre et de parachutistes plus massif, à l’instar de l’opération Dragon Rouge, à Stanleyville en 1964. Cependant, des informations fuitent et atteignent les rebelles, ce qui compromet l’effet de surprise recherché. Paris décide alors d’attaquer et envoie ses légionnaires parachutistes vers Kinshasa dans la journée du 17, sans prévenir les belges, retardant ainsi leur déploiement. Ils ne partiront de Belgique que le 18, alors que les français sont déjà sur place et se préparent au parachutage dans la nuit du 18 au 19 mai. Les belges prennent un jour de retard par rapport aux actions françaises. Le gouvernement français continue de court-circuiter leur allié belge, en l’obligeant à contourner l’Afrique par l’Ouest et le Sud avant de pouvoir se déployer sur zone. L’intervention franco-belge se fait sur un climat de rivalité, les français accusant les belges de vouloir faire chuter le président en place, et les belges reprochant aux français de rejeter toute coopération.

L’Opération Bonite

Le 19 mai, à 14h30, les 405 légionnaires, soit trois compagnies et le PC, sautent sur l’ancien aérodrome de la ville. Dès le largage d’assaut, six légionnaires sont blessés par des tirs d’armes légères, et un autre est tué et mutilé en pleine rue alors qu’il était isolé du reste de son unité. Dès lors commencent des combats de rue intenses. Grâce à des actions débordantes rapides, les légionnaires stoppent et éliminent les rebelles et sont en mesure de libérer les otages. A la tombée de la nuit, vers 18h, plusieurs quartiers de la ville sont aux mains de la Légion. Durant la nuit, des groupes restants de rebelles tentent d’entrer en ville mais sont repoussés par le dispositif des militaires. De nouveaux combats ont lieu dans la nuit du 19 au 20, et 250 parachutistes supplémentaires arrivèrent en renfort vers 6h30, sautant sur l’est de la ville et prenant ainsi les rebelles à revers. Les forces belges arrivent enfin, le 20, accusant leur jour de retard, et font un poser d’assaut de 600 hommes. Ils sont arrêtés par les légionnaires, mais forcent le passage et entrent à Kolwézi. Dans l’après-midi du 20, mes forces européennes continuent leur action. Les légionnaires français prennent d’assaut la mine de Metal Shaba et la libèrent, chassant 200 rebelles et perdant un homme dans l’opération. L’efficacité de l’action leur permet de reprendre le centre-ville dans la foulée. Les belges envoient des convois dans la brousse pour récupérer les ressortissants isolés, et sécurisent la vieille et la nouvelle ville, découvrant les massacres perpétrés. Les belges resteront un mois, jusqu’au 28 juin, dans la région du Shaba, pour assurer le retour à la normale, la protection de certaines personnalités (notamment des industriels européens nécessaires à la survie d’entreprises dans la zone) les fonctions humanitaires initialement prévues de ravitaillement de nourriture, et participeront, avec la relève des troupes africaines (Sénégal, Togo, Gabon) sous commandement marocain, au maintien de la paix.

L’après : quels résultats ?

La force française a permis, en deux jours d’opérations, de libérer environ 2800 otages, de prendre la totalité de la ville et de la garder sous contrôle, jusqu’à la relève et leur départ, le 21 mai. Les ressortissants et rescapés sont évacués en même temps, mais il reste de nombreux blessés, qui sont traités par la force belge qui a amené des moyens médicaux conséquents.

On estime que durant cet événement environ 700 civils furent tués, 170 européens, 250 rebelles, 5 légionnaires, 1 para-commando belge et 1 para-commando marocain. Des témoignages rapportant des exactions de militaires sur les autochtones ont aussi été reportées.

Malgré cela, cette opération est un véritable succès militaire pour la France, malgré que les massacres n’aient pas pu être empêchés. Avec un contingent relativement réduit ( environ 650 hommes) et une opération bien préparée, et ce malgré les difficultés politiques et logistiques (problème d’acheminement du matériel, équipement de parachutage  américain mal adapté aux besoins de l’opération, l’armement français accusant son âge face aux nouveautés de l’époque…), le résultat est très satisfaisant : pertes réduites (5 tués et 6 disparus), les rebelles mis en déroute et éliminés, leur matériel détruit et la ville reprise. Cette opération rondement menée a prouvé l’efficacité des troupes légères aéroportées déployées dans un contexte difficile, et inscrit une page d’histoire glorieuse au crédit de la Légion Etrangère et du 2e REP.

A la mémoire de tous ceux qui sont tombés à Kolwézi.

Flavien Gouabault

Opération Sangaris: fin de mission pour le GTIA Korrigan

Source: Etat-Major des Armées Droits: Ministère de la Défense Tous Droits Réservés

Sources: Etat-Major des Armées
Droits: Ministère de la Défense
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Le 18 février 2015, le groupement tactique interarmes Korrigan, armé par le 3ème Régiment d’Infanterie de Marine (3ème RIMa), le 1er Régiment de spahis (1er RS), et le 1er Régiment de tirailleurs (1er RTir) ,  a été relevé par le 7ème Bataillon des chasseurs alpins (7ème BCA), avec des éléments du 4ème Régiment de chasseurs (4ème RC), du 2ème Régiment étranger de génie (2ème REG) et d’un sous-groupement aéro-mobile du 1er Régiment d’hélicoptères de combat (1er RHC), formant le GTIA Vercors, dans le cadre de l’opération Sangaris.

Pour rappel, l’opération Sangaris, déclenchée depuis décembre 2013, sous mandat des Nations-Unies, vise à ramener la stabilité et éviter les affrontements entre le FPRC (milice musulmane) et les anti-Balakas (milice chrétienne), aux côtés de la force de l’ONU, la MINUSCA, que la France accompagne dans sa montée en puissance dans la zone. Après quatre mois de mission dans le centre et l’est du pays, avec pour objectifs la stabilisation de la région et l’accompagnement de la mission de l’ONU, la MINUSCA, les hommes du colonel Hervé Pierre sont relevés par les alpins du colonel Lionel Catar.

Félicités par le général Eric Bellot des Minières, le commandant de l’opération Sangaris, les marsouins et les spahis ont rempli leur mission et accompli les objectifs qui leur étaient fixés, souvent à haut risque. Au cours de leur temps de mission, les soldats du GTIA Korrigan ont mené huit actions de grande envergure couronnées de succès, dans les villes de Bria, N’Délé, Dékoa, Grimari, Sibut et Bambari, déployant des moyens conséquents, en plus des habituelles patrouilles et négociations avec les milices pour les désarmer. L’ensemble des actions menées sur le territoire centrafricain a permis de réinstaurer un niveau de sécurité suffisant pour assurer le retour à la stabilité politique et administrative en province, puis la reprise de l’activité et de l’économie, progressivement, dans le but de stabiliser la zone et ramener la situation à la normale.

Par exemple, à Bambari, les forces françaises du GTIA ont empêché le FPRC ( le Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique, le nouveau nom de la Séléka depuis juillet 2014.) de s’installer en ville, puis ils ont libéré la Cour d’appel, peu de temps avant la relève des troupes. le 16 février, dans cette même ville, des Casques bleus ont été pris sous le feu des miliciens, et les soldats du GTIA Korrigan sont intervenus pour les désengager et rétablir l’ordre. Ces actions ont été menées en parallèle de l’accompagnement des troupes de l’ONU. A Grimari, les troupes françaises ont contribué au désarmement des milices, permettant à l’Etat de réimplanter son autorité. Les actions menées dans le couloir central face aux anti-Balaka ont permis le retour des échanges et déplacements.

Les actions de la force internationale à l’Est du pays ont rendu possible le retour au calme. La force du GTIA Korrigan ont participé à une opération de la MIUSCA, le 10 février, à Bria pour reprendre la ville et restaurer l’autorité de l’Etat. Après de rudes combats en milieu urbain, donc rapprochés, au cours desquels des bâtiments administratifs occupés par le FPRC ont été libérés, la ville a accueilli des consultations populaires, les 20 et 21 février, réunissant plus de 300 personnes. Les avancées sécuritaires notables permettent un redémarrage politique dans la zone, en témoigne l’arrivée d’une équipe administrative (préfet, sous-préfet, maire et collecteur d’impôts) à Bria. Les consultations populaires ont aussi démarré à Bambari, et elles sont toujours en cours aujourd’hui.

Les 150 soldats de la 3ème compagnie de combat du 3ème RIMa intégrés au GTIA Korrigan rentrent donc en métropole, dans leur caserne de Vannes. Mais avant cela, ils vont passer quelques jours en « sas de décompression » à Dakar, pour évacuer la tension accumulée au cours des quatre mois de mission. Ils pourront ensuite profiter de quelques semaines de repos. Les alpins du 7ème BCA du colonel Catar les remplacent via le GTIA Vercors, faisant partie des 2000 soldats français déployés accompagnant les 8500 hommes de la MINUSCA.

Flavien Gouabault

Analyse : L’État Islamique et la destruction du patrimoine culturel en Irak et en Syrie

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Le 21 mai 2015, après avoir déjà détruit de nombreuses œuvres culturelles[1], des jihadistes de l’Etat Islamique (EI) se sont emparés de la cité antique de Palmyre, en Syrie.

De l’autodafé à la destruction du patrimoine mondial

Tout a commencé en février 2014. Alors, les jihadistes ont réalisé un autodafé détruisant plusieurs milliers de livres et de manuscrits anciens, en Irak. Plus tard, en juin 2014, la statue d’Abou Tamman, poète musulman du IXème siècle, sera détruite à Mossoul ; en Juillet 2014 c’est le tombeau du prophète Jonas qui va être supprimé.

Mais en ce début d’année 2015, les destructions se sont multipliées. En février, c’est le musée du Mossoul, second musée le plus important d’Irak, qui a été pris pour cible par les jihadistes. Une nouvelle étape est franchie par les extrémistes, qui ont publié une vidéo de propagande de leur destruction. En mars ensuite, l’EI s’en est d’abord pris à la cité antique de Nimroud, datant du XIIIème siècle avant JC; avant de détruire à coup de fusils et de pioches, la cité d’Hatra, vieille de plus de 2000 ans, classée patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Dans une nouvelle vidéo de propagande on peut voir un jihadistes expliquer : « L’Etat Islamique nous a envoyé pour détruire ces idoles, parce qu’elles sont vénérées à la place de Allah »[2].

L’EI « va tout faire exploser » à Palmyre

Le 21 mai 2015, l’EI s’est finalement emparé du Nord-est de l’Antique cité de Palmyre, classée patrimoine mondial de l’UNESCO. Le Dr. Maamoun Abdelkrim, directeur des musés syrien a livré à la presse être « terrorisé », disant que si l’EI s’emparait de toute la cité, le groupe allait « tout faire exploser ». Palmyre, située dans la province d’Homs a en réalité une double importance stratégique pour l’EI: d’abord de par sa situation géographique, car elle est situé à la limite de la province irakienne contrôlée par les sunnites ; ensuite elle a une importance symbolique: le jeudi 14 mai la Directrice Générale de l’UNESCO ayant lancé un appel à la protection du site, la prise et destruction de Palmyre servirait, de facto, la propagande de l’EI.

Depuis la prise de Palmyre le drapeau noir du groupe EI flotte sur le toit de la citadelle mamelouk du XIIIème siècle et les extrémistes ont pénétré dans le musée de la cité. Mais si la prison de Tadmor, symbole de répression du régime syrien, a été détruite; le responsable des jihadistes de Palmyre a assuré qu’ils ne s’en prendraient pas aux ruines antiques. L’inquiétude reste cependant présente.

De vrais « crimes de guerre »

« Crime de guerre »: c’est ainsi que l’UNESCO a qualifié les agissements des jihadistes. En détruisant le patrimoine culturel classé par l’UNESCO, l’EI illustre à nouveau son non-respect du droit de la guerre Pour rappel, depuis la Convention de La Haye de 1954, il est interdit de cibler les œuvres culturelles et à valeur historique en cas de conflit armé.

Bien sur ce n’est pas la première fois que l’Histoire voit se proférer de tels actes iconoclastes. On peut rappeler les actes de destruction réalises par les nazis contre l’art qualifié par Adolf Hitler d’ « art dégénéré » -le cubisme et le surréalisme; ainsi que contre les œuvres juives. Aussi ce même genre de destruction a eu lieu au moment de la chute du mur de Berlin avec la destruction de statues représentant Lénine ou Staline: symboles de l’idéologie communiste. Tout comme ces précédents historiques, les agissements de ces extrémistes démontrent une volonté de nettoyage culturel. Les jihadistes illustrant la volonté de faire table rase d’un passé en effaçant l’histoire et le patrimoine de la région.

Mais ces destructions masqueraient aussi un important trafic d’œuvres d’arts. Selon The Guardian, en juin 2014 ce trafic aurait déjà pu rapporter plus de 25 millions d’euros au groupe EI et constituerait une de ses sources de financement les plus importantes.

Romina REBOIS


 

[1] Les dates des destructions d’œuvres utilisées dans cet article proviennent de l’article suivant : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/videos-hatra-nimroud-mossoul-le-patrimoine-irakien-detruit-par-daech_1659506.html

[2] Les vidéos sont toujours en ligne sur le site d’hébergement de vidéos Youtube

Le premier sous-marin du programme Barracuda de la Marine nationale devrait être mis en service en 2017

Image de synthèse du SNA Barracuda

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La Marine nationale française a lancé un vaste programme de construction de nouveaux sous-marin nucléaire d’attaque (SNA), baptisé Barracuda. Ces six SNA remplaceront progressivement ceux de la classe Rubis, actuellement en service.

Les sous-marin nucléaires d’attaque au cœur de la défense maritime

Les SNA sont des sous-marin à propulsion nucléaire, tout comme les SNLE1. Seulement, contrairement à ces derniers qui ont pour unique mission la dissuasion nucléaire, les SNA sont destinés à des missions de protection et de projection de puissance. Le premier a avoir été mis en service fut le USS Nautilus en 1955. L’avantage des sous-marin nucléaires par rapport aux sous-marin classiques fonctionnant aux moteurs diesel, réside dans leur grande autonomie, qui est de 70 jours environ actuellement. Un sous-marin classique doit quant à lui fréquemment remonter à la surface pour prendre de l’air et réalimenter les moteurs en oxygène. Cela le rend beaucoup moins autonome et surtout plus vulnérable.

Ces sous-marins sont avant tout des chasseurs, ils sont polyvalents dans leurs missions. Ils peuvent faire des actions de lutte anti sous-marine (détection, pistage voire destruction), de lutte anti-navire (mission de protection ou mission offensive), d’actions contre la terre (missiles de croisière), de renseignement (électronique et prises de vues infrarouge) et même de minage. Pour se faire, les SNA disposent d’un armement conséquent, leur permettant d’assurer les missions qui leurs dévoués. Ils possèdent des torpilles (torpilles lourdes types F-17 pour les SNA de classe Rubis et torpilles lourdes types F-21 qui devraient équiper les futurs SNA de classe Suffren), des missiles anti-navires (SM-39, Exocet), des missiles de croisière (MdCN pour les SNA du programme Barracuda) et des mines. [1]

Le programme Barracuda, un projet français

Ce projet vise à remplacer progressivement les six SNA de classe Rubis qui sont entrés en service dans la Marine nationale française entre 1983 et 1993. Ils avaient eux-mêmes remplacés les sous-marins à propulsion classique en 2001. Les SNA font partis de l’Escadrille des sous-marins d’attaque (ESNA) qui dépend de la Force océanique stratégique. Le programme de remplacement des six SNA actuellement en service à débuté à la fin de l’année 2006. La premier sous-marin de la classe Suffren devrait entrer en service en 2017. La sortie du sixième SNA n’est prévue que pour 2028, à cause principalement des restrictions budgétaires touchant l’entreprise DCNS.

DCNS

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L’essentiel de la maîtrise d’œuvre des sous-marins est ainsi assurée par DCNS. La chaufferie nucléaire, quant à elle, revient à Areva. Certains programmes de sous-équipement ou d’armement sont également distincts. C’est le cas du missile de croisière naval, de la torpille F21 ou encore des Dry deck shelter (permettant à des nageurs de combat de s’immerger en mer en conservant leur furtivité).

Développé de concert par la Marine nationale, la Direction générale de l’armement (DGA) et le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), les SNA de nouvelle génération disposeront donc d’atouts indiscutables pour mener à bien ses missions. Disposant des dernières avancées technologiques en place sur les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de type Le Triomphant, ils seront plus discrets grâce à un revêtement spécial, disposeront de plages de vitesses plus élevées, de capacités d’écoutes et de surveillance augmentées, d’une autonomie supérieure, d’une sécurité renforcée grâce à la redondance des matériels, d’une nouvelle capacité d’attaque avec les MdCN ainsi qu’une possibilité de mise en œuvre de nageurs de combat pour des opérations spéciales. [2]

1: Sous-marin nucléaire lanceur d’engins

Liens :

[1] : « Sous-marin nucléaire d’attaque Barracuda » du Site de la Marine nationale.

[2] : « Programme Barracuda : Mer en vue pour le Suffren » du site Cols bleus de la Marine Nationale.

Maxime JEANNETEAU

Le Salon du Bourget : l’événement des industriels français de l’aéronautique et de l’espace

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La 51e édition du Salon du Bourget aura lieu, comme en 2013, au Parc des expositions du Bourget, du 15 au 21 juin 2015. Il réunira en son sein l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux de l’aéronautique et de l’espace. L’objectif, permettre aux entreprises de développer leur image d’excellence, et ce dans le but de développer les exportations à l’international.

  • Le Salon du Bourget : la plus grande exposition d’aéronautique au monde

Le Salon International de l’Aéronautique et de l’Espace (SIAE), plus connu sous le nom de Salon du Bourget, ouvrira ses portes dans un mois exactement. Il s’agit du plus grand salon mondial d’aéronautique, une référence que les industriels de la troisième dimension ne peuvent rater. Cet événement est organisé par le Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (GIFAS). Les industriels seront donc au cœur de ce rendez-vous de première importance pour la filière exportation. Quelques chiffres clés datant du dernier Salon du Bourget de 2013 permettent de prendre la mesure de l’événement.

Environ 139.000 professionnels sont venus au salon pendant les quatre premiers jours qui leurs étaient exclusivement réservés. Sur les trois derniers jours, réservés au grand public, ce sont pas moins de 176.000 visiteurs, passionnés, connaisseurs ou même néophytes de l’aéronautique et de l’espace, qui sont venus admirer les plus beaux matériels exposés. En effet 150 aéronefs étaient présents sur les quelques 192.000 m² d’expositions dédiés aux appareils. A cela s’ajoutait 130.000 m² d’expositions commerciales où les 285 délégations officielles et 3.100 journalistes ont pu venir observer les matériels présentés par les 2.215 exposants venus de 44 pays.

  • Un événement unique pour les industriels de l’aéronautique français

Le Salon du Bourget accueille divers types d’entreprises, des PME (Petites et moyennes entreprises) mais également de grands groupes internationaux. Même si 54% des sociétés présentes en 2013 provenaient d’entreprises étrangères, il n’en demeure pas moins que les sociétés françaises restent largement représentées, dans un salon qui, naturellement, se tourne de plus en plus vers l’international. Un large éventail de matériaux et de domaines sont mis à l’honneur, des aéronefs, des satellites, des télécommunications, des propulseurs, de l’armement aéroporté, des systèmes d’aide au pilotage, à la navigation, des équipements et logiciels de production, des matériaux composites, etc.

Cet événement permet de faire découvrir la technicité et l’imagination dont font preuve les industriels de l’air et de l’espace, depuis plus de 100 ans pour les uns et 50 ans pour les autres. Si cela est certain, l’objectif majeur du salon reste toutefois la promotion des exportations en aéronautique, civil et militaire. Pour se faire, un service de rendez-vous d’affaires déjà préalablement programmé et ciblé existe, ce sont les B2B Meetings. Ils sont mis à la disposition des sociétés exposantes, de quoi développer le prospect export de manière significative et efficace. Dans la même lignée, le programme Élite permet aux exposants qui en ont envie et qui peuvent y mettre le prix, de disposer de services privilégiés, parking avec voiturier, conciergerie, etc.

Ce sont ainsi pas moins de 150 milliards de commandes annoncées qui ont pu être faites sur les quelques jours de l’édition du Salon du Bourget 2013. Les entreprises françaises y étaient à l’honneur et le seront également pour cette année 2015. Pour ne citer que les entreprises françaises les plus connues qui y seront, Dassault, Thales, Renault, Airbus, etc, mettront en avant le savoir-faire français en la matière. Cette 51e édition s’annonce donc au moins autant palpitante que les précédentes. D’autant plus que le Rafale, qui y est exposé comme à chaque fois, y sera cette année particulièrement mis à l’honneur compte tenu des derniers contrats export obtenus.

Maxime JEANNETEAU

Les expositions universelles : quels enjeux pour le pays organisateur ?

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Alors que s’est ouvert le vendredi 1er mai 2015 l’exposition universelle de 2015 à Milan en Italie, on peut s’interroger sur les enjeux qu’apporte pour le pays organisateur la tenue d’une telle manifestation.

 

Tout d’abord, il apparaît important de rappeler ce qu’est une exposition universelle. Ainsi il s’agit d’un évènement régi par le Bureau International des Expositions dans un but précis défini par la convention de Paris de 1928. Cet objectif est celui d’un « enseignement pour le public faisant l’inventaire des moyens dont dispose l’homme pour satisfaire les besoins d’une civilisation et faisant ressortir dans une ou plusieurs branches de l’activité humaine les progrès réalisés ou les perspectives d’avenir ». La tenue de ces expositions n’est pas soumise à un calendrier précis, en général il y a une exposition tous les quatre ans en moyenne. Cependant une exposition universelle dure, en général, six mois. L’organisation de la première exposition de ce type s’est tenue à Londres en 1851 qui était alors la capitale de la première puissance industrielle du monde et administrait un vaste empire.

Ainsi à l’image du Royaume-Uni en 1851, le pays organisateur de cet évènement tente d’établir ou de rehausser son prestige international. Durant les six mois de l’exposition, le pays hôte se situe en effet sous le feu des projecteurs et attire les regards du monde entier, ou du moins des pays participants (par exemple à Milan l’exposition universelle réunit environ 140 pays). Le second avantage pour un pays organisateur d’une exposition universelle est d’ordre économique. Pour reprendre l’exemple de Milan, les autorités prévoient une affluence de 20 millions de personnes durant les six mois de l’évènement. En organisant une exposition universelle, le pays organisateur possède une occasion en or pour promouvoir le tourisme sur son territoire. Bien que la majorité des touristes visitant les expositions universelles soient des touristes nationaux, une part non négligeable vient tout de même de l’ensemble de la planète. Aussi, pour l’organisation de celle de Milan, le gouvernement italien table sur des retombées économiques de l’ordre de 10 milliards d’euros. Enfin les conséquences de l’organisation d’une exposition universelle pour un pays peuvent être culturelles. Il ne faut pas oublier que de nombreuses œuvres sont mises en place pour cet évènement afin de mettre en avant le pays hôte et promouvoir sa culture. Des œuvres présentées à l’occasion d’une exposition universelle servent aujourd’hui de vitrine ou de symbole pour le pays. A ce titre, le meilleur exemple qui puisse être cité est celui de la Tour Eiffel construite pour l’exposition organisée à Paris en 1889, mais il y a aussi l’Atomium de Bruxelles en 1958 ou bien la Biosphère à Montréal en 1967.

En organisant une exposition universelle un pays peut donc se mettre en avant sur la scène internationale et peut en tirer des conséquences positives. Il s’agit d’un des moyens possible pour un Etat, avec l’organisation de compétitions sportives internationales, d’être le centre du monde pendant une période donnée. Cependant pour que l’organisation d’une exposition universelle soit non seulement réussie mais également complète, il faut une réappropriation des aménagements après l’évènement par la population. Si la population ne s’approprie pas le site, il s’agit d’un échec pour l’Etat comme ce qui a pu se passer à Séville en 1992 où l’espace de la Cartuja est aujourd’hui délaissé. A contrario, le Parque das Naçoes et le quartier de l’Oriente à Lisbonne, où des aménagements ont été mis en place pour l’exposition universelle de 1998, témoignent d’une transformation réussie.

Un nouveau phénomène voit le jour à Milan, il s’agit de la contestation par la population de la tenue de cette exposition universelle. Les opposants considèrent l’événement comme un gaspillage d’argent public et dénoncent le recours selon eux abusif à des travailleurs précaires et à des bénévoles. Ainsi, le lancement de cette exposition universelle a mis en difficulté l’Etat italien qui espère, dans six mois, tout de même tirer quelques bénéfices de l’organisation d’une telle manifestation.

Nicolas MORISSET