La folie de l’aide internationale mal utilisée: le cas de Haiti

(c) DR

Le 12 janvier 2010, Haïti a été touchée par un tremblement de terre magnitude 7 qui a causé environ 200.000 morts, 300.000 blessés et 1.500.000 déplacés. Ce tremblement de terre n’était pas le premier désastre à toucher l’île mais c’était le plus destructeur pour l’économie, le paysage, et l’avenir du pays.

Toute de suite après la catastrophe, la communauté internationale a apporté $13.34 milliards en aide humanitaire pour la reconstruction d’Haïti, mais en juillet 2014, 4 ans et demi après le désastre, Haïti n’a toujours pas reçu la totalité de l’engagement et il y a toujours 123 camps qui comprennent 200.000 personnes déplacées…la question est POURQUOI?

Le réponse n’est pas simple, mais quand on regarde les chiffres, on voit que la plupart de l’argent n’était pas vraiment versé à Haïti, mais il était utilisé principalement (94% de l’aide humanitaire) pour le financement des entités militaires ou civiles des pays qui ont contribué l’aide humanitaire, des agences de l’ONU, pour les ONG ou pour les contributeurs privés sur place.

Il y a un besoin pour plus de transparence concernant l’utilisation des dons de l’aide.  Surtout que s’engager à donner de l’aide n’est pas assez, par exemple, la Croix Rouge des Etats-Unis a récolté $255 millions de donations privées suite à l’événement, mais seulement $106 millions étaient versé au projet d’aide pour Haïti!

L’argent reçu toute de suite après la catastrophe a été dépensé pour le secours d’urgence à court-terme qui était important au début, mais n’est pas assez pour aider le pays à sortir de leur problème.  Le pays a besoin de se reconstruire pour s’en sortir de la crise économique que le tremblement de terre a aggravé en 2010 et non pas de la distribution de l’eau en continu. Aujourd’hui les haïtiens ont besoin de plus d’un pansement quand la plupart des haïtiens vivent sur moins de $2 par jour.

En plus, personne ne voulait donner l’argent directement au gouvernement haïtien à cause d’un manque de confiance, et actuellement, il n’y a pas un système d’organisation d’aide et des projets de reconstruction donc plusieurs ONG ou autres organisations ont essayé de faire la même chose, et au final, les projets restent largement inachevés.

Le Programme de développement de l’ONU estime que le tremblement de terre a rasé plus de 200.000 bâtiments à Port-au-Prince, créant 10 millions de mètres cubes de débris.  Personne ne veut débarrasser du débris, tout le monde veut construire un bâtiment avec leur nom écrit dessus.  Un an après la catastrophe, seulement 5% du débris a été dégagé.

Les dons altruistes n’existent pas dans le monde d’aide humanitaire. En donnant l’argent, on veut souvent recevoir quelque chose en retour.  À la place de chercher de financer la production de l’eau à Haïti, la communauté internationale a préféré d’envoyer de bouteilles d’eau vers Haïti car cela aidera leur propres économies en même temps.

Si on veut vraiment que l’Haïti sort de leur crise, il faut aider à enlever tous les débris qui étouffent Port-au-Prince.  C’est seulement après la débarrasse qu’on peut commencer les projets de reconstruction que tous les gouvernements et ONG soutiennent.  Il faut pas donner pour un récompense, il faut donner pour aider.

Annika GODEFROY

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Pour aller plus loin: CUNNINGHAM, Oliver, « The Humanitarian Aid Regime in the Republic of NGOs », University of Denver.

Documentaire: PECK, Raoul, « Assistance Mortelle », 2012.

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