La Bolivie autorise le travail infantile dès 10 ans

Evo Morales, président de la Bolivie - (c)DR

Evo Morales, président de la Bolivie – (c)DR

 

Le 17 juillet 2014, en Bolivie, un nouveau Code des enfants et adolescents a été promulgué, permettant ainsi aux jeunes de travailler de façon encadrée dès l’âge de 10 ans. Retour sur cette décision qui va à l’encontre de la normativité internationale.

 

 

Un syndicat d’enfants travailleurs à la rencontre du président Morales

Selon des estimations de l’UNICEF on trouverait en Bolivie 850 000 enfants travailleurs sur une population de 10 millions d’habitants, ils font ainsi partie du paysage bolivien. Ces enfants travailleurs ont d’ailleurs leur propre syndicat : l’UNATSBO, à l’origine de l’abaissement de l’âge légal du travail, le syndicat ayant pu rencontrer les membres du gouvernement depuis décembre 2013 afin d’appuyer ce changement législatif. C’est ainsi qu’a été promulgué le nouveau Code des enfants et adolescents, pendant l’été 2014.

En Bolivie cet abaissement de l’âge légal du travail infantile –accessible dès 10 ans à son propre compte et dès 12 ans avec un patron- n’a pas provoqué beaucoup de débats, tant le travail infantile est un fait social auquel on est habitué. Le président Evo Morales a déjà témoigné,  ayant lui-même travaillé dans sa jeunesse comme gardien de troupeau de lama, entre autres, le président bolivien disant voir le travail comme moyen de développer, chez les enfants une certaine « conscience sociale ».

La Bolivie à contre-courant

Bien que cette mesure ait avant tout été prise pour éviter l’exploitation des enfants et bien que certaines conditions soient prises dans la législation bolivienne – le travail ne doit pas nuire à l’éducation de l’enfant ou le mettre en danger –, cette décision inquiète sur le plan international toutes les organisations défendant une perspective abolitionniste.

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) a formulée ses inquiétudes dans les mois ayant suivi le changement de législation en Bolivie et a mis en place une  Commission d’experts pour l’application des conventions et recommandations (CEARC). L’UNICEF a aussi de côté exprimé sa « préoccupation ». Il faut rappeler ici la place qu’a prise la lutte contre le travail des enfants au niveau international avec la Convention sur les droits de l’enfant ratifiée par les membres des Nations Unies –dont la Bolivie- et avec la création de l’International Programme for Eliminating Child Labour ou IPEC –organe de l’OIT. Le réel problème que soulève législation bolivienne est celui de l’accès à l’éducation pour tous les enfants. Maraiana Rosana Vega de l’UNICEF Bolivie conclut : «La situation bolivienne est préoccupante. Il existe souvent un raisonnement automatique qui dit : pauvreté = justification du travail infantile. C’est loin d’être si simple. Il y a des cas où les parents justifient le travail infantile car eux ont travaillé quand ils étaient enfants. Et d’autres cas où, à l’inverse, comme eux ont travaillé, ils ne veulent pas que leurs enfants travaillent. C’est une question de connaissance, de comprendre que, au-delà de l’apport économique de l’enfant qui peut être de 3 ou 4 euros par jour, cela enlève beaucoup plus au futur de cet enfant et donc, bien sûr, au futur de sa famille.» 

 

Romina REBOIS

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