Le Louvre Abu Dhabi, naissance du premier musée universel.

(c) DR

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Le Louvre Abu Dhabi devrait ouvrir ses portes en 2015, projet novateur et ambitieux il se veut être un musée unique et universel.

Si depuis le milieu du XXe siècle, la région du Golfe Persique constitue le grand centre pétrolier du monde, les États ont conscience que leur production va décliner d’ici 10 ou 20 ans. Certains d’entre eux ont donc engagé une diversification de leurs économies depuis le début des années 2000. On assiste à une évolution dans les choix d’investissement, qui désormais se font sur place : aluminium, finance, transports, tourisme, centres commerciaux ou encore projets gigantesques en terme d’infrastructures. C’est dans ce contexte qu’est né le projet de construction d’un Louvre à Abu Dhabi.

Selon le site officiel du Louvre, ce dernier serait « créé par un accord intergouvernemental signé le 6 mars 2007 entre la France et les Émirats Arabes Unis, et sera un musée singulier et original, liant le dynamisme d’Abu Dhabi et les valeurs d’excellence incarnées par le nom du Louvre. »

  • 2007 : signature d’un accord intergouvernemental entre les Emirats arabes unis et la France.

  • 2010 : début du chantier

  • 2013 : présentation à Abu Dhabi

  • Printemps 2014 : présentation au Louvre de la collection nationale acquise par les EAU

  • Fin 2015 : ouverture prévue sur l’île Saadiyat

Ce Louvre c’est un budget de 83 millions d’euros. Huffington Post parle d’une « véritable prouesse technique ». Il va s’agir d’un vaste dôme de 180 mètres de diamètre, imaginé par l’architecte Jean Nouvel (Musée du quai Branly, Institut du Monde Arabe). L’un des plus grands projets culturels français dans le monde. Son originalité serait une « rencontre entre les arts du monde entier ».

Intérêts :

Pour les Emirats Arabes Unis,

→ se doter d’un établissement muséal de niveau international, qui fait d’Abu Dhabi une grande nation culturelle

→ fait d’elle un lieu central du dialogue entre les civilisations et les cultures, notamment occidentales, moyen-orientales et asiatiques.

→ établit une relation culturelle privilégiée avec la France et lui permet de bénéficier de son expérience et de son patrimoine plurimillénaire.

Pour la France, il s’agit de se créer une véritable vitrine. L’accord souligne l’excellence de son expertise et de son savoir-faire muséographique. Elle a compris que pour de nouveaux publics, il fallait de nouvelles mises en valeur. Par ailleurs, n’oublions pas l’importance des enjeux financiers et donc celle d’un meilleur développement des projets muséaux.

Limites :

Le projet a forcément créé le débat, ne pouvant nier la dimension stratégique de cette région, et donc une certaine ambiguïté de la position française ici renforcée. Par ailleurs il s’agit là d’une opération pour laquelle une institution du service public au service d’une institution privée. En effet, étant donné le régime politique des EAU, la collection constituée est privée et appartient à l’Emir d’Abu Dhabi, le Cheick Khalifa. Selon le droit français, les conservateurs des musées français travaillent pour le patrimoine national. Les risques de conflit d’intérêts sont donc très élevés compte tenu du fait que le budget d’acquisition du Louvre Abu Dhabi est énorme.

Afin de conclure cette analyse, nous pouvons admettre que l’exemple du Louvre Abu Dhabi est significatif du phénomène de mondialisation culturelle présent dans le Golfe Persique. Ce dernier a été pendant des siècles un lieu d’échanges entre Europe, Moyen-Orient et Océan Indien. Son ouverture n’est pas nouvelle. Son excellence Mubarak Hamad Al Muhairi, directeur général de l’Autorité du Tourisme et de la Culture d’Abu Dhabi le rappelle en parlant d’un « message exprimant le désir du gouvernement et des autorités locales de créer des opportunités d’ouverture et d’échange avec le reste du monde ». Ce projet permet aux EAU de mettre à jour leur influence par la démonstration de leurs ressources (budget hors norme, choix d’une architecture spectaculaire etc.). En choisissant le Louvre, ils choisissent une marque, un symbole qui leur fait se réapproprier la culture. Ce n’est pas seulement un musée, mais la promesse et la démonstration pour les EAU d’une volonté d’ouverture à l’échelle planétaire. L’Art au service des désirs d’un Etat. Nous sommes en pleine globalisation culturelle « partage planétaire et inédit des matériaux constitutifs des savoirs-faire sociaux grâce à la technologie. »

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