La politique spatiale des Etats-Unis, le tournant des années 1990.

La politique américaine est focalisée sur trois points, qui souligne l’influence de l’esprit de conquête et de la doctrine Monroe: le territoire (la “zone sanctuaire”), la capacité de projection de force pour défendre les intérêts nationaux, ainsi que toutes les politiques de sécurité nationale. L’une des ultimes priorités des Etats-Unis est sans nul doute la préservation du leadership américain.

Nous savons que c’est avec ce caractère que les Etats-Unis ont confronté leur idéologie à celle de l’URSS durant la guerre froide qui a marqué le XXème siècle. Cette dernière a pris forme dans toutes les différentes techniques de propagande et de compétition allant jusqu’à la compétition technologique dans le domaine de la conquête spatiale. C’est dans ce contexte qu’a été créée le 29 juillet  la NASA (National Aeronautics and Space Administration), qui est l’agence gouvernementale qui administre et réalise les projets relevant de l’astronautique civile (jusque-là pris en charge par les différentes branches des forces armées des Etats-Unis). Nous sommes un an après le choc créé par la première mise en orbite du satellite russe Spoutnik 1 alors que les responsables et l’opinion publique américain étaient encore persuadés de leur supériorité technique.

Elle est aujourd’hui dotée d’un budget de 17,8 milliards de dollars (2012) et emploie directement environ 18 500 personnes ainsi qu’un grand nombre de sous-traitants répartis entre 10 centres spatiaux situés principalement dans les États du Texas, de Californie, et de Floride, de l’Alabama, de Virginie et de Washington.

Rappelons que la politique spatiale d’un Etat est le domaine de la politique publique qui concerne à la fois le développement, la part des fonds publics alloués au spatial et la définition de l’organisation chargée de sa définition et de sa mise en oeuvre. L’espace constitue donc un enjeu politique et économique très important et un bouleversement dans les relations internationales comme la chute de l’URSS, ou une crise économique, a automatiquement de lourdes retombées sur l’avenir de ce domaine.

Les enjeux de la politique spatiale sous la guerre froide

Ce sont des avancées allemandes dans le domaine des fusées qui ont permis au vol spatial de prendre son essor à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dès le début, une forte concurrence entre les États-Unis et l’URSS était plus que palpable, pour des motifs de prestige national liés à la guerre froide. Cette compétition a connu son apogée lors de l’envoi des premiers hommes sur la Lune.

Les programmes spatiaux sont donc nés dans la seconde moitié des années 1950 en URSS et aux États-Unis de leur confrontation politico-militaire mutuelle. Rappelons qu’à cette époque l’équilibre stratégique reposait à la fois sur la performance des vecteurs nucléaires et sur la surveillance du potentiel adverse.

Le tournant des années 90

La course à l’espace perd de son intensité après 1969 et l’évènement Apollo 11. Les Etats-Unis confirment leur savoir faire technologique (et leurs moyens financiers) avec d’autres missions Apollo vers la Lune : l’URSS a définitivement « perdu la course ».

Le période qui suit sonne une sorte de « réconciliation » des Etats-Unis avec l’URSS et permet de faire évoluer considérablement les échanges (scientifiques, notamment) entre les pays. Mais ce tournant c’est avant tout un grand pays qui comprend l’impact toujours stratégique des décisions qu’il aura a prendre en matière de politique spatiale, dans un contexte global marqué par la fin de la confrontation Est-Ouest. Les années 1990 signent aussi une aggravation de la crise économique et une généralisation des mesures de dérégulation ou de contrôle des dépenses budgétaires, le modèle fondateur de la « politique spatiale » allait trouver ses limites.

Aujourd’hui

Pour beaucoup, le gouvernement américain ne considérerait pas la conquête spatiale comme une de ses priorités. Ce dernier s’appuie sur la tendance à la baisse des sommes allouées au programme spatial américain. Pour 2012, c’était environ 0,6% du budget américain qui était prévu pour ce programme, alors que, dans les années 1960, le financement était situé entre 2% et 4%.  Le désir du gouvernement américain d’envoyer de nouveau des Américains sur la Lune en 2020 est considéré comme réalisable advenant une augmentation des sommes allouées. Toutefois, étant donné la tendance, plusieurs projets doivent déjà être reportés. 
Barack Obama a proposé une solution à cette baisse de financement du programme spatial : privatiser la quasi-totalité des vols spatiaux. Le pari est que la concurrence entre les entreprises offrant le service de vol spatial entraînera une baisse des coûts pour le transport des personnes et du matériel. Le gouvernement américain pourrait alors maintenir ses objectifs liés à la conquête spatiale, sans avoir à augmenter considérablement ses dépenses. 

La conquête spatiale a donc été pendant longtemps l’affaire, principalement, des deux grandes puissances de l’époque: les États-Unis et l’Union soviétique. De nos jours, le nombre d’États ayant un programme spatial est nettement supérieur. Tout comme durant la Guerre froide, la la concurrence spatiale subsiste et les capacités technologiques d’un État reste un indicateur de puissance. 

Cependant comprenons également qu’à la fin du XXème siècle, seulement cinquante ans après les débuts de la conquête de l’espace, le paysage a déjà beaucoup changé : les luttes idéologiques ont fait place à la collaboration internationale. Et les enjeux ont également évolué : plusieurs entreprises tentent aujourd’hui de développer des vols spatiaux privés, le tourisme spatial intéresse également les entreprises à travers le partenariat avec des agences spatiales, mais également par le développement de leur propre flotte de véhicules spatiaux.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s