Le forum de Dakar doit décider de l’avenir sécuritaire en Afrique

(c) DR

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Un événement de grande importance s’est tenu le 15 et 16 décembre dans la capitale sénégalaise. Pas moins de 300 participants d’une quarantaine de pays se sont donnés rendez-vous, pour participer à la toute première édition du « Forum international de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique ». Jean-Yves le Drian, ministre de la Défense, était présent pour cet événement organisé conjointement par le Sénégal et la France.

Organisation d’un événement international en coopération bilatérale France-Sénégal

L’objectif de ce forum est de s’inscrire dans le « temps long », c’est le message passé par les représentants des États sur place. La pérennité est le maître mot de ce projet ambitieux, qui souhaite développer une certaine culture de la notion de paix et de sécurité en Afrique. Le forum a commencé par un échange restreint entre le premier ministre sénégalais Dionne, le commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, Smaïl Chergui et le ministre de la Défense français, Jean-Yves le Drian.

Ce sommet, couvert par plus de 300 représentants majeurs, a été décidé à l’occasion du Sommet de l’Élysée de décembre 2013. Cette volonté de promouvoir l’échange sur les sujets de défense et de sécurité s’inscrit dans la continuité de nombreux événements organisés à l’international et ayant une renommée mondiale. L’on peut citer dans ce cadre là, le Shangri-la qui se tient à Singapour, la conférence de Munich qui se tient en Allemagne ou encore Manama au Bahreïn.

Le forum de Dakar soulève des questions vis-à-vis de l’évolution du terrorisme

L’événement a permis le débat autour de la montée du jihadisme en Afrique. Des discussions ont eu lieu quant à la manière d’appréhender les actes de radicalisation et a fortiori, les actes de terrorisme. Un rapport de l’Union africaine a ainsi dévoilé que seize groupes environ seraient qualifiés de terroristes et potentiellement actifs, à savoir les groupes Al-Shebab et Boko Haram pour ne citer que les plus connus. Il est à noter que les groupes terroristes sont par nature prêts voire formés à l’écoute des populations pouvant être marginalisées ou en détresse. Ils arrivent ainsi à comprendre les besoins des personnes et ce, indépendamment de la zone dans laquelle il se trouve, que ce soit dans le golfe de Guinée ou le golfe d’Aden. D’autres terroristes appelés salafistes jihadistes, peuvent recourir à la taqiya et ainsi se dissimuler, physiquement et idéologiquement dans une masse de population.

Ces terroristes, se saisissant des besoins réels des gens apportent une crédibilité à leur action qui peut alors leur valoir d’être suivis et appuyés. L’autre point fondamental et qui complexifie la lutte contre le terrorisme est son changement de mode opératoire. On assiste ainsi à un basculement des actes terroristes d’une stratégie du faible au fort, à une stratégie visant à contrôler des zones très étendues dans l’idée de conquête et d’hégémonie. Jean-Yves le Drian a ainsi insisté sur l’attention qui doit être tournée vers le sud de la Libye  et sur la menace que représente Boko Haram sur l’évolution du terrorisme dans la zone sahélo-saharienne.

La coordination entre États doit devenir l’axe majeur de la politique de défense

Tous les intervenants de ce forum sont en accord sur un principe, le continent africain ne pourra pas tout le temps s’en remettre à la communauté internationale pour assurer sa sécurité. Conscients que les menaces sont protéiformes et que les budgets des aides militaires internationales et de l’ONU ne sont pas extensibles, les acteurs africains cherchent des solutions. Dans ce cadre a été crée en 2013 la Capacité africaine de réaction immédiate aux crises (CARIC), ayant pour objectif de précéder le déploiement des forces de l’Union africaine. Même si en réalité, ce dispositif n’est pas encore opérationnel, le concept a au moins le mérite d’avoir été crée.

Les menaces sont diverses et éparses. On dénote sur le continent africain des pandémies, des actes de piraterie maritime (golfe de Guinée et golfe d’Aden), des actes terroristes, des États faillis. Toutes ces menaces sont sources de destabilisation pour les États adjacents. La France est déjà très implantée dans les processus de sécurité en Afrique, tout comme d’autres États de l’Union européenne, l’ONU ou encore les États-unis. Ce forum de Dakar a permis, si ce n’est une mobilisation contrainte des États africains, au moins une prise de conscience. Une prise de conscience que la communauté internationale est présente depuis de nombreuses années sur ce continent.

D’autres régions du monde ont également besoin des levées de fonds internationaux, mais n’en disposent pas nécessairement, ou trop peu. Quelques chiffres permettent d’illustrer cela. Sur les effectifs globaux des contingents de l’ONU, soit 125.000 sodats, 110.000 sont présents sur le sol africain. Plus de la moitié des opérations de maintien de la paix sont également présentes sur ce territoire. D’un point de vue financier, 5 des 7 milliards du budget annuel de l’ONU est alloué au territoire africain. Ces chiffres représentent un réel besoin mais l’Afrique est-il le seul continent qui ait besoin d’aide ? L’afflux de ces fonds financiers et humains n’entraîne t-il pas un phénomène de dépendance, opposé au principe de développement national ? Le forum de Dakar semble vouloir répondre à ces questions et c’est là le début d’un processus de réflexion sur la paix et la sécurité qui débute en Afrique.

Maxime JEANNETEAU

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