2014: que retenir géopolitiquement?

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L’année 2014 touche à son terme, une année riche en évènements géopolitiques, qui se révèle avoir un bilan « guère réjouissant » pour Pascal Boniface, directeur de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS). Que faut-il donc retenir de cette année écoulée ?

La crise en Ukraine

Commencée en 2013, la crise ukrainienne a pris une nouvelle tournure avec une annexion pure et simple de la Crimée par la Russie. Une annexion qualifiée de « changement territorial illégal » par une grande majorité de l’Occident. Cette crise est l’un des révélateurs profonds du fait que la Russie et l’Occident n’ont pas réussi à normaliser leurs relations depuis la chute de l’URSS. Cette crise ukrainienne ne pourra être résolue que si les deux forces évoquées se voient en partenaire, sur un pied d’égalité, et non plus en vainqueur-vaincu de la guerre froide. La pacification des relations russo-occidentales est aussi primordiale. Tant que Moscou utilisera la force, aucune avancée ne pourra se faire.

Le conflit israélo-palestinien

Cet été, le conflit israélo-palestinien s’est à nouveau enflammé, avec l’attaque de Gaza par l’armée israélienne, et les tirs de roquettes palestiniens, touchant pour la première fois les villes de Jérusalem et de Tel-Aviv. Un retour à l’affrontement armé qui signe l’échec de la tentative de médiation de John Kerry, lancée en juillet 2013. Si Israël l’a emporté sur le plan militaire, sa renommée internationale a subi un sérieux revers. Au point que de plusieurs pays, dont la France, ont fait le choix de reconnaitre l’État Palestinien. Mais tant que les États-Unis ne bougeront pas, Israël ne modifiera pas sa politique.

Les îles Senkaku

Peu évoquées dans la grande presse, ces îles asiatiques ont été au cœur d’un nouveau bras de fer entre la Chine et le Japon, qui a pu faire croire à un regain de tension. Mais une rencontre entre les dirigeants des deux pays aurait donné des signes de rapprochements favorables. Cependant, l’évolution politique du Japon pourrait tendre à nouveau les relations du Japon avec les autres puissances de la région. En effet, sous l’impulsion du premier ministre Shinzo Abe, le Japon envisage de réviser sa constitution et principalement l’article 9, voté à la sortie de la seconde guerre mondiale. Il stipule que le Japon « renonce à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ou à la menace, ou à l’usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux», en faisant donc un État pacifique par essence. Si une telle réforme aboutissait, les relations entre le Japon, et la Chine, ou la Corée du Sud pourraient s’en trouver modifiées de nouveau.

L’essor de l’État Islamique (EI)

Surement l’évènement le plus marquant de l’année. Pour beaucoup de spécialistes, c’est aussi le résultat de la deuxième guerre du Golfe de 2003. Mais pour Pascal Boniface, cet essor est à relativiser : « il fait peser une menace sur les populations de la région mais n’en représente pas une aussi importante pour les pays occidentaux ». Ces derniers se sont pourtant portés à la tête d’une coalition internationale contre l’EI, États-Unis en tête. Même si les occidentaux refusent pour le moment d’envoyer des troupes au sol.

L’attaque cybernétique du film « The Interview qui tue»

L’attaque cybernétique, imputée à la Corée du Nord, a bien sa place dans ce bilan. C’est en effet l’un des évènements les plus criants d’une guerre culturelle qui peut se livrer dans le monde. Ce film est devenu un symbole de la liberté d’expression pour une partie des États-Unis, Washington promettant même une riposte. De son côté, Pyongyang a qualifié le film « d’acte terroriste ». Même la Russie y est allée de son commentaire affirmant « comprendre la colère de la Corée du Nord », et qualifiant le film d’agressif envers le régime nord-coréen. La tentative du régime de Pyongyang, et les diverses réactions qu’elle a entrainée, montrent bien qu’il n’y a pas une vision universelle de ce qu’est la culture, et que les puissances opposées sont prêtes à se livrer une guerre technologique sur ce point.

 

Les évènements à retenir dans cette année 2014 touchent donc l’intégralité du globe. Occident, monde musulman, Asie, et monde russe ont tous été impliqué dans diverses tensions, pas forcément armées ou directes. Peu de ces évènements ont été positifs, ou laissent présager une sortie de crise rapide.

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Changement dans la diplomatie chinoise : qu’est-ce que cela implique ?

Source: REUTERS  Greg Baker/Pool  Tous Droits Réservés

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Greg Baker/Pool
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La Chine opère un virage dans ses priorités géopolitiques, impliquant un risque de tensions avec le reste du monde développé.

(L’article original ici : http://thediplomat.com/2014/12/chinas-big-diplomacy-shift/ )

Le gouvernement chinois a pris la décision de mettre en priorité l’accent sur ses relations avec ses voisins directs plutôt qu’avec les Etats-Unis et les autres grandes puissances, à l’avenir. Cette information, confirmée par la Central Work Conference on Foreign Relations, indique un changement majeur dans la diplomatie chinoise. La décision reflète la volonté de Pékin de revitaliser le pays, ce qu’elle estime plus facile à réaliser avec les puissances émergentes plutôt qu’avec les nations occidentales. Cette décision est susceptible d’entraîner des tensions avec les grandes puissances.

Un cadre général des affaires étrangères

A la Central Work Conference, Xi Jinping a opéré une transformation du le cadre général des affaires étrangères traditionnel de son pays. Ce cadre général est une liste, simple mais stricte, de catégories de pays, classés par ordre d’importance et fournissant un schéma d’orientation de la politique étrangère et de la diplomatie chinoises. Cet ordre de priorité a cependant peu changé depuis la création du parti et des orientations données par Mao Zedong.

Il existe 5 catégories : les grandes puissances (Etats-Unis, Europe, Japon et Russie), la périphérie (tous les pays limitrophes de la Chine), les pays en voie de développement (tous les pays à faible PIB, y compris la Chine), les organisations multinationales (ONU, ASEAN, …), et la diplomatie publique. C’est un système simple et largement utilisé, malgré les quelques incohérences qu’il implique, comme la redondance de certains pays dans plusieurs catégories.

Revalorisation de la périphérie, recul des grandes puissances.

En septembre 2013, le changement a été amorcé. La Chine reconnaît que cette zone limitrophe est vitale pour son avenir, et y projette des objectifs à long-terme économiques et géopolitiques. La Chine réalise plus de chiffre avec ses voisins asiatiques qu’avec les Etats-Unis et l’Europe réunis, avec 1.4 milliard de dollars en 2013, selon un responsable des affaires étrangères chinois. L’importance est aussi géostratégique, car pour devenir la puissance globale dont elle rêve, la Chine doit sécuriser les zones Est et Sud, souvent en proie à différentes tensions et revendications par d’autres acteurs. Il devient donc clair pour la Chine de revoir ses priorités.

Mais la revalorisation de la périphérie passe par le retrait dans les relations avec les puissances occidentales. L’écart technologique et économique se réduisant entre l’Ouest et la Chine, les premiers stagnants suite à la crise économique, la Chine n’a plus à se reposer sur le système industriel occidental. Les marchés émergeants en Asie seront probablement de taille à concurrencer les marchés occidentaux, et les capacités et connaissances technologiques de la Chine ont rattrapé en partie leur retard sur l’Ouest, malgré une capacité d’innovation encore faible. L’armée ne cesse de se moderniser, en particulier sur mer, lui donnant du poids dans ses revendications territoriales. La Chine veut aussi coopérer plus avant avec les « puissances majeures en développement », les leaders de demain (elle-même, Russie, Inde, Brésil, Mexique, Afrique du Sud et Indonésie.)

L’importance grandissante des alliés et partenaires américains.

Ces décisions peuvent paraître étonnantes, au vu des récentes avancées sino-américaines sur le réchauffement climatique et la coopération militaire. La coopération avec les Etats-Unis reste forte et porteuse pour la Chine, mais les analystes chinois prévoient que cette zone périphérique prendra le pas sur l’occident dans les années qui viennent, en termes d’importance économique, géographique et politique.

Ignorant ouvertement les critiques européennes et sanctionnant leur accueil du Dalaï Lama, s’opposant aux Etats-Unis sur la Mer de Chine et rejetant leurs demandes de changement dans leur comportement, notamment en ce qui concerne la cyber-guerre et les revendications territoriales, la Chine gagne en puissance et en confiance. La Chine va poursuivre l’affirmation de sa domination sur la région, et réclamer des réformes à l’échelle globale pour représenter plus justement le changement en cours dans la distribution des puissances. Dans cette situation de rivalité et de défiance croissantes, la Chine, comme les Etats-Unis, pourraient bien durcir leurs positions et prendre des mesures plus strictes pour sécuriser leurs intérêts respectifs dans cette zone.

Pour éviter une telle escalade, les Etats-Unis, malgré leur puissance et leur présence dans la zone, doivent chercher à coopérer avec leurs alliés asiatiques pour conduire la Chine à suivre, et non à défier, les principes de l’ordre international, à s’intégrer et non à tout renverser. Ceci suppose nombre de négociations et compromis.

Les pays en développement gagnent en force, alors que les puissances actuelles stagnent, voire déclinent. Les dirigeants chinois en sont conscients, veulent en profiter, et les conséquences sur la géopolitique mondiale pourraient être importantes. Les puissances occidentales doivent prendre dès maintenant cette donnée en compte, pour maintenir la paix et la stabilité.

Flavien Gouabault

La France autorise désormais le recours à des entreprises privées de protection des navires

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Les décrets d’application, parus le 28 novembre 2014, viennent mettre, comme l’indique leur nom, en application, la loi sur la protection privée des navires, votée le 1er juillet 2014. Ils décrivent l’organisation, la logistique, les droits et les devoirs auxquels les entreprises privées de sécurité vont désormais devoir se soumettre.

La privatisation de la sécurité, un enjeu dans la lutte contre la piraterie maritime

La question de la privatisation de la sécurité existe depuis fort longtemps. Dans le cas de la piraterie moderne, on connait principalement les régions des Caraïbes, du sud-est Asiatique avec le détroit de Malacca et la mer de Chine méridionale; mais encore et surtout les zones maritimes du golfe de Guinée et du golfe d’Aden, là où les actes de piraterie sont bien présents. L’opération Atalante, opération conjointe à de nombreux pays de l’Union européenne, a permis d’enrayer une partie de cette activité illégale au large de la Somalie. Seulement, cette mesure prise depuis novembre 2008 ne suffit pas. Malgré la diminution des actes de piraterie au large de la corne de l’Afrique, on peut observer dans le golfe de Guinée et notamment au large du Nigeria, une recrudescence des actes de piraterie maritime. Les deux phénomènes ne sont pas liés pour autant et il n’est pas question ici de dire que la piraterie aurait augmentée dans une région du globe par opposition à sa diminution dans une autre zone. Ce n’est pas le propos.

La question est de savoir comment les armateurs peuvent se prémunir de tels agissements, car le débat est bien là, pour assurer la sécurité de leurs personnels, de leur équipement et de leurs marchandises. Onze pays de l’Union européenne ont trouvé la solution, le recours à des sociétés privées pour assurer la forte demande de protection de la part des armateurs. En France, le recours à des privés dans les domaines de la Défense et de la Sécurité ont toujours été sujets à polémiques. L’État français a ainsi autorisé à des équipes de protection embarquées (EPE), d’embarquer à bord des navires battant pavillon français pour assurer leur sécurité. Ces EPE ne sont autres que des fusiliers marins, au nombre d’environ 150 personnels, qui tentent d’assurer la totalité des besoins des armateurs. La sécurité ne peut être assurée pour tous, d’où la recherche de solutions externes.

La loi française du 1er juillet 2014 sur la protection privée des navires

Face aux risques majeurs pour certains armateurs traversant des zones sujettes à la piraterie maritime de se voir kidnapper, pris en otages contre rançon, ces derniers ont menacé le gouvernement français de « dépavillonner » leurs navires. Cette action aurait eu pour conséquence de voir des navires français perdre leur « nationalité » pour avoir le droit de se munir de personnels étrangers armés à bord, pour assurer leur sécurité. Cette situation, perçue comme inacceptable par le commandement militaire français, a donc fait l’objet d’un projet de loi. Le gouvernement français a ainsi autorisé, au travers de sa loi du 1er juillet 2014, à ce que les armateurs français puissent recourir à des gardes armés. Il convient de distinguer les différents organes privés de sécurité pour ne pas se tromper dans nos propos. Il existe actuellement des sociétés militaires privées (SMP), des sociétés de sécurité privées (SSP), des entreprises de services de sécurité et de défense (ESSD), des équipes de protection embarquées (EPE). La loi en question ne porte sur aucun de ces termes mais sur les entreprises privées de protection des navires (EPPN).

Ces entreprises privées de protection des navires sont soumises à des règles et des contrôles stricts, directement sous le commandement de l’État. Tout ce qui est relatif au fonctionnement et au contrôle de ces EPPN est ainsi contenu dans les décrets d’application, sortis le 28 novembre 2014. Ces entreprises recevront de l’État leur permission d’exercice de leurs fonctions et le contrôle nécessaire qui leur incombent a posteriori. Ainsi, les armateurs ne pourront avoir recours à ces sociétés que lorsqu’ils traverseront des zones dites à risques en rapport à la piraterie maritime. Il s’agit là du golfe de Guinée et du golfe d’Aden. Ce sont les deux seules zones prévues pour le moment, pour l’application de ces EPPN. Cependant, ces zones étant définies, non pas dans un décret, mais dans un arrêté du Premier Ministre, la modification des zones au gré de l’évolution du phénomène de piraterie maritime sera plus aisé. Autre élément important à prendre en compte, lorsque des armateurs feront appel à ces sociétés privées, ils seront dans l’obligation d’embaucher au minimum trois personnels pour assurer la sécurité. Indirectement, les décrets d’application prévoient ainsi que l’armateur doit avoir un réel besoin de protection et non pas employer des personnels de sécurité pour uniquement diminuer leurs assurances. Les gardes armés à bord ne pourront enfin avoir recours à la force armée que dans les cas de légitime défense, ce qui distingue de fait les EPPN de certaines sociétés peu soucieuses du droit commun et qui ont empêché pendant trop longtemps le débat sur la privatisation de la sécurité en France.

Maxime JEANNETEAU

La technologie laser entre en vigueur dans les forces armées américaines

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Le Laser Weapon System (LaWS) est une arme à effet dirigée développée par la marine des États-unis. Cette arme, développée par Kratos Defense & Security est testée depuis 2012 sur le navire de guerre américain, USS Ponce.

La mise sur le marché de l’armement d’une arme non conventionnelle

Depuis plusieurs mois, de nombreux médias témoignent de l’utilisation d’un canon laser, employé par les forces armées américaines, et plus précisément l’US Navy. Ce laser serait passé dernièrement, d’un statut expérimental à celui d’arme opérationnelle, capable de détruire des cibles volantes et flottantes. Le laser en question, le LaWS pour Laser Weapon System, a été installé sur l’USS Ponce, navire de guerre américain qui a été déployé en opération dans le golfe Persique. Sa puissance est pour le moment limitée, elle est seulement de 30 kW à l’heure actuelle. Cette technologie semble particulièrement adaptée pour défendre le navire contre des cibles de petite taille, comme les moteurs de vedettes rapides, des petits drones ou encore les charges explosives d’obus, tout cela dans une portée inférieure à 2 km.

Le Laser Weapon System, en phase avec l’évolution de la doctrine d’emploi des forces

L’US Navy va mettre au point un laser plus puissant de 100 à 150 kW, qui devrait être capable à partir de 2017 d’abattre un missile rapide lancé contre un navire. Dernièrement, une vidéo de l’Office des recherches navales (ONR) de l’US Navy a dévoilé les possibilités d’action de ce laser, comme détruire un petit drone en vol en grillant l’électronique de son système embarqué ou encore détruire la charge explosive d’une roquette qui était posée sur une vedette rapide. Les avantages de ce type d’armement sont nombreux : précision du laser permettant une destruction de l’objectif sans dommage collatéral, diminution significative du coût d’un tir par rapport aux missiles air-sol de moyenne portée (AASM) par exemple, utilisés sur l’avion de chasse Rafale, dont le prix unitaire est de 164.000 euros ou encore du missile SCALP revenant à 850.000 euros l’unité. Le prix de revient du laser est de 32 millions d’euros, ce qui est investissement important, mais le retour sur investissement semble, quant à lui, plus qu’attractif. Le dernier avantage et non des moindres est l’amélioration de la sécurité à bord des navires due à la diminution des munitions dans les soutes.

Le manque d’expériences opérationnelles du LaWS soulève des questions techniques

Des inconvénients viennent cependant à contre-courant de cet armement novateur. La question de la réelle efficacité du laser lorsque les conditions météorologiques ne sont pas réunies se pose, en cas de pluie, de brouillard. Un autre problème, celui de la désignation effective de la cible et de ses conséquences si la cible primaire n’est pas touchée. Cependant, l’heure n’est pas à ces considérations techniques mais plus à la mobilisation pour s’interroger de la pertinence, notamment financière que cette arme pourrait procurer à la défense française. Monsieur le Député Philippe Vitel, il y a quelques semaines, avait déjà évoqué ce type d’arme dans le cadre de la présentation d’un rapport sur la cyberdéfense de l’OTAN. Le laser LaWS, quoi qu’il en soit, est une arme en devenir de l’institution militaire française. Des améliorations doivent voir le jour afin de s’assurer de la pertinence de cette arme mais elle fait déjà preuve d’opérabilité. Parmi les nombreuses thématiques que cette nouvelle technologie peut ainsi mettre en avant, on peut imaginer qu’un armement de ce type puisse prochainement équiper, par exemple, nos centrales nucléaires pour se prémunir de tout survol de drones et renforcer ainsi notre sécurité intérieure.

Maxime JEANNETEAU

Il y a un an en Argentine : des scènes de pillages généralisées

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En décembre 2013 en Argentine les manifestations policières ont engendrées de nombreux pillages dans plusieurs villes du pays.

Cordoba, 4 décembre 2013

La première manifestation à eu lieu dans la seconde ville du pays à Cordoba qui se situe au centre du pays. Dans cette ville industrielle en développement , les policiers sont en grève afin de demander une revalorisation salariale. De fait, de nombreux pilleurs ont en profité pour venir piller les magasins de la ville à la veille de Noël.

Cette grève des policiers à Cordoba a été le fer de lance d’une grève des policiers qui a touché au total 20 des 24 provinces de l’Argentine. Dans chaque province des pillages ont eu lieu engendrant des scènes de guérillas urbaines, de pillages, des heurts entre pilleurs et commerçants. Les conséquences de ces affrontements sont tristes : on compte au moins 13 morts bien que d’après le journal Perfil des chiffres exacts non jamais été publiés.

La grève des policiers

Les policiers argentins demandent une augmentation de salaire jugeant que leur salaire actuel est insuffisant comparé aux risques de leur métier. Ces derniers gagnent l’environ de 400 euros par mois alors que le pays subit une inflation impressionnante. En janvier 2014, Le Figaro annonçait une inflation de 28,38% rien que pour l’année 2013. Ceci est à mettre en relation avec les chiffres que propose le gouvernement argentin par l’intermédiaire de l’INDEC (Instituto Nacional de Estadistica y Censos) ou l’inflation pour l’année 2013 aurait été de 10.9%.

Cependant la police est en question dans le pays, en effet les policiers sont accusés de trafics, de corruption. Si la première manifestation a eu lieu à Cordoba, ce n’est pas un hasard puisqu’en septembre 2013 le chef de la brigade anti-drogue de la ville avait été arrêté avec 5 de ses lieutenants pour corruption et trafic en bande organisée. Une rumeur persistante avait soufflée en Argentine à la suite de ces pillages affirmant que la police avait organisée ces pillages elle-même. Quel est le meilleur moyen pour la police de voir ses demandes aboutir à la vue des conséquences qu’ont entraîné cette grève ?

Un an après le gouvernement prend des précautions

Afin de ne pas revivre les mêmes scènes de violences urbaines, « Cristina », la présidente et son gouvernement, réfléchissent à des mesures. Une des solutions envisagées serait de distribuer des rations de nourritures aux habitants de quartiers défavorisés. Les syndicats veulent davantage et propose un « bon de Noël » de 3000 pesos (environ 280 euros).

Pourtant l’année 2014 ne délogera pas aux tendances des années précédentes puisque l’inflation reste importante provoquant une baisse du pouvoir d’achat qui touche directement la population.

Nicolas MORISSET

Vendre ses rafales, où en est la France?

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Depuis plusieurs semaines, la presse française évoque le report français de la livraison de deux porte-hélicoptères de type Mistral à la Russie. Mais la mise en avant de ce dossier ne peut que rendre encore plus flagrant le silence quasi complet sur celui de la vente des avions rafales. Où en est donc ce dossier ?

De nombreux refus

Si pour beaucoup, l’avion de fabrication française est le meilleur du monde, il n’empêche que jusqu’à maintenant, plusieurs pays ont fini par abandonner l’idée de l’acquérir. On pourrait même parler d’une collection : Brésil, Corée du Sud, Maroc, Pays-Bas, Singapour, Suisse. Tous ont refusé, préférant des avions de chasse de fabrication américaine ou suédoise. D’autres pays ont un temps marqué un intérêt comme la Grande-Bretagne, l’Arabie Saoudite, la Libye, l’Égypte, et la Grèce. Un intérêt qui prend fin à chaque fois soit par un contexte local compliqué (crise économique ou interne), ou par le choix de l’Eurofighter, le cousin du rafale, développé par la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie, et l’Espagne.

 

L’inde : un possible déclic ?

Début décembre, Jean-Yves LE DRIAN, ministre français de la défense, s’est rendu en Inde et s’est entretenu avec son homologue indien. S’en est suivi une annonce d’un accord imminent des négociations sur 126 avions et un montant de 12 milliards de dollars, soit approximativement 10 milliards d’euros. L’investissement du ministre dans le dossier pourrait donc prochainement payer. Si l’Inde venait à se doter de Rafales, le marché aéronautique français pourrait bien se redresser. En effet, les Émirats Arabes unis pourraient bien emboiter le pas à l’Inde, et avec eux, le Qatar et le Koweït. D’autres marchés pourraient aussi s’ouvrir notamment en Asie, avec la Malaisie, l’Indonésie. Mais aussi en Europe avec la Pologne et la Belgique, et au Maghreb avec un nouvel intérêt Égyptien, lors de la visite de Mr. LE DRIAN, à la mi-septembre 2014.

 

La France pourrait donc enfin réussir à exporter l’avion franco-français, et commencer à rentabiliser l’investissement consenti. Mais le réalisme est de rigueur : il ne faut pas oublier les nombreuses déclarations optimistes qui ne débouchèrent finalement que sur un rejet du Rafale.

François VOUTIER

Nouveaux décapitations des otages américaines poussent Obama à réfléchir sur la politique des otages des États-Unis

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(c) NBC News

Les États-Unis, comme la France a longtemps eu pour politique de ne pas négocier avec les terroristes dans l’événement d’une prise d’otage pas un groupe étranger.  Cette politique existe dans le but de ne pas inciter les terroristes à utiliser la prise d’otage comme moyen de financement.  La position de la France depuis 25 ans et moins rigide que celle des États-Unis dans ce regard, et on a pu voir la France avoir contact avec les groupes pour voir le statut de l’otage.  Quelques autres pays européens ont payé les millions de dollars pour libérer leurs citoyens otages.  Avec les continuelles décapitations des otages américains par l’Etat Islamique (appelé ISIS par les américains), le président Obama est poussé de réfléchir sur sa politique des otages.

Beaucoup des familles des victimes américains ont accusé le gouvernement américain de ne pas avoir assez fait pour sauver et protéger les otages.  Même qu’Obama a déclaré qu’il va réexaminer la politique, le secrétaire de presse de la Maison Blanche, Josh Earnest a confirmé que ce nouveau examen de la politique ne comprendra pas la paiement des rançons.

Le porte-parole de la département de l’Etat américaine, Jeff Rathke dit qu’actuellement il y a toujours un petit nombre des américains pris en otage par l’Etat islamique.  Le public américain voit l’inaction de l’Etat de plus en plus comme un refus de la part du gouvernement américain de sauver les vies de ses citoyens.  Cette pensée a mis beaucoup de pression sur le président maintenant que plus en plus des américains sont mort aux mains de l’Etat islamique.

Cela fait presque un mois depuis Obama a déclaré qu’il réexaminera la politique, et depuis le peuple des Etats-Unis n’ont rien entendu.  Le public américain demande quelque chose d’impossible de leur président qui est dans une position précaire; s’il commence à négocier avec l’Etat islamique il risque en fait une augmentation dans la prise d’otage pour financement et s’il ne change pas sa politique, le public américain auront du mal le suivre.  Je suis convaincu que cette promesse du président de réexaminer la politique des Etats-Unis sur la question des négociations avec terroristes n’est plus qu’un moyen de calmé le public américain et c’est exactement pour cette raison là qu’on n’a rien entendu depuis sur ce sujet très inquiétante.  Le président Obama ne va pas changer la politique des Etat-Unis par rapport de sa position sur les négociations pour la vie des otages américains.